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#MoiAussi : le nombre d'appels à l'aide a doublé en Ontario

#moiaussi
Le mot-clic #moiaussi Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Les témoignages sur le harcèlement sexuel se font de plus en plus nombreux avec le mouvement #MeToo #MoiAussi sur les médias sociaux. Le nombre d'appels aux centres d'aide aux femmes victimes de harcèlement et de violence sexuelle a aussi augmenté dans la province. Ce qui n'est pas sans poser de nouveaux défis aux organisations, qui doivent composer avec un manque de ressources.

Un texte de Camille Feireisen

Prendre conscience que l'on n'est pas seule dans sa détresse, chercher du soutien et demander « quelle est la prochaine étape après la prise de parole? » Voilà quelques points positifs liés au succès du mot-clic #MoiAussi que relève Deepa Mattoo, directrice juridique à la Barbra Schlifer Commemorative Clinic, qui vient en aide aux femmes.

Le nombre d'appels a augmenté depuis que la campagne #MoiAussi a enflammé la toile, selon elle. « Il y a plus de conversations à ce sujet, certaines demandent des renseignements quant aux ressources existantes, d'autres se questionnent sur les façons de surmonter leurs traumatismes », explique-t-elle.

Pourtant, il y a trois ans le scandale Gomeshi avait déjà permis de libérer la parole avec des campagnes comme « It's not okay, We believe survivors », rappelle Mme Mattoo.

Cela va plus loin avec la campagne #MeToo. Les femmes disent maintenant d'une seule voix que cela les concerne toutes.

Deepa Mattoo, directrice juridique, Barbra Schlifer Commemorative Clinic
Deepa Mattoo en entrevue, elle a les cheveux attachés et porte un chandail noirDeepa Mattoo explique que plus de femmes appellent au centre où elle travaille afin de demander des conseils ainsi que des consultations. Photo : Radio-Canada

Selon Mme Mattoo, cette campagne va plus loin et génère de nouveaux possibles pour ces femmes. La lutte est longue, mais elle avance, observe-t-elle.

Elle affirme cependant que les organisations comme celle avec laquelle elle travaille manquent de moyens. « Nous avons besoin de plus de ressources », assure Mme Mattoo.

Elle regrette que les financements, notamment provinciaux, ne suivent pas. « Nous devons donner aux organisations les moyens d'aider ces femmes qui viennent chercher de l'aide. Oui, il y a des ressources qui existent, mais elles restent insuffisantes, nous avons besoin d'investissements sur le long terme », dit-elle.

Même son de cloche dans la région de Waterloo. Le nombre d'appels a doublé au Centre de soutien pour les personnes ayant subi une agression sexuelle.

Joan Tuchlinsky, directrice du programme d'éducation, indique qu'en 5 jours, le centre a reçu 22 appels de femmes demandant des consultations. « C'est le double de la demande habituelle », remarque-t-elle. Et les ressources manquent, au centre.

« Présentement, certaines femmes vont devoir attendre des mois avant que nous puissions leur offrir une consultation », regrette-t-elle.

Mme Tuchlinsky ajoute que cette campagne engendre parfois des réactions inverses chez certaines victimes.

« Les personnes qui parlent contre cette campagne ou qui estiment que de fausses allégations sont portées contre des hommes, tout en rappelant que certains d'entre eux subissent aussi de la violence, toutes ces remarques [sur Internet] peuvent avoir un impact négatif sur certaines personnes. »

Elle conseille à ces femmes cherchant du soutien de faire appel à leur entourage, mais espère aussi que le financement augmentera au cours des prochains mois afin de maintenir la cadence et de permettre d'avoir un réel impact, durable, dans la société.

Toronto

Société