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L'UMQ et Montréal n'appliqueront pas la loi sur la neutralité religieuse

Le président de l'Union des municipalités du Québec, Bernard Sévigny, devant un lutrin pendant un discours
Le président de l'Unions des municipalités du Québec (UMQ), Bernard Sévigny, lors de son élection à l'UMQ, en mai 2016 Photo: La Presse canadienne / Jacques Boissinot
La Presse canadienne

L'Union des municipalités du Québec (UMQ) croit que la loi 62 sur la neutralité religieuse, adoptée cette semaine à l'Assemblée nationale, est inapplicable aux services municipaux.

L'UMQ estime que, « compte tenu de la nature et de la grande diversité des services municipaux, la mise en œuvre de cette loi créera de nombreux malaises et problèmes au lieu de favoriser le vivre ensemble ».

Le président de l'UMQ, Bernard Sévigny, explique qu'il faut plutôt trouver des solutions pour une meilleure intégration des immigrants, une meilleure gestion de la diversité et une plus grande inclusion.

Il rappelle que les municipalités offrent de nombreux services publics liés à la personne, notamment les loisirs, les activités culturelles et sportives. Il soutient que les employés municipaux seront placés dans une position « intenable » pour faire appliquer la loi 62.

À Montréal, le maire Denis Coderre a indiqué au premier ministre Philippe Couillard qu'il n'appliquera pas la loi 62 dans sa ville. M. Coderre a déclaré à La Presse qu'il avait discuté avec M. Couillard vendredi matin, et qu'il lui avait fait part de ses réticences.

Pendant ce temps, le gouvernement fédéral envisage la possibilité de contester cette loi québécoise. Le premier ministre Justin Trudeau a affirmé vendredi que son gouvernement allait « prendre ses responsabilités », étudier « attentivement » la loi et « défendre les Canadiens ».

L’Alberta et l’Ontario dénoncent aussi la loi québécoise

En plus du premier ministre Trudeau, la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, a elle aussi dénoncé la loi sur la neutralité religieuse en affirmant que l’interdiction n’a aucun sens et présente des « signes d’islamophobie ».

« L'adoption de ce projet de loi est un triste moment pour le Canada. Je crois que c’est dommageable pour les femmes qui sont déjà marginalisées, ce qui est très regrettable », a-t-elle ajouté vendredi.

De son côté, le procureur général de l’Ontario, Yasir Naqvi, considère que la loi 62 est contraire à la Charte des droits et libertés. Le gouvernement ontarien devrait même contester la loi en cour.

Société