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Adoption de la loi 62 : des manifestants attendent l'autobus à visage couvert

Des manifestants se sont masqués pour attendre l'autobus afin de protester contre la loi 62.

Des manifestants se sont masqués pour attendre l'autobus afin de protester contre la loi 62.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des manifestants ont dissimulé leur visage dans des masques chirurgicaux et des foulards dans une file d'attente à un arrêt d'autobus montréalais afin de dénoncer la loi 62, adoptée mercredi par l'Assemblée nationale. Elle oblige les musulmanes qui portent le niqab et la burqa à se découvrir le visage pour prendre l'autobus.

La loi 62, qui stipule que les services de l’État doivent être offerts à visage découvert, force désormais les médecins, les professeurs et les employés de garderie à travailler le visage découvert. Elle interdit également aux gens qui utilisent les services publics de se voiler le visage.

La manifestation s’est déroulée sur l’avenue du Parc, ce matin à l’heure de pointe, le long du circuit d’autobus numéro 80 de la Société de transport de Montréal (STM). Des chauffeurs d’autobus ont klaxonné pour démontrer leur appui à la manifestation.

Quelque 50 personnes se sont réunies à l’arrêt d’autobus situé à l’intersection de l’avenue du Parc et de la rue Saint-Viateur. Des manifestants ont également attendu l’autobus à d’autres arrêts le long du même circuit. Ils ne sont toutefois pas montés dans l’autobus.

Les manifestants soutiennent que la loi est une manœuvre politique ciblant et marginalisant les musulmanes qui portent le niqab et la burqa. « Je crois que ça arrive parce que les libéraux perdent des appuis de leur base au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ) et du Parti québécois (PQ), avance la manifestante Kathryn Jezer-Morton. « Ils veulent regagner ces appuis. »

« Nous estimons que cette interdiction limite leur accès aux services qui devraient constituer des droits fondamentaux pour tous les Québécois », poursuit-elle.

Les sociétés de transport de Montréal et Laval ont indiqué qu’elles n’avaient pas reçu de directives visant à appliquer la loi. Elles sont ainsi laissées à elles-mêmes et les chauffeurs d’autobus devront faire preuve de jugement, soutiennent des représentants syndicaux. « Les chauffeurs ne veulent pas de cette responsabilité », a déclaré un porte-parole du syndicat, Ronald Boisrond.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui se retrouve au milieu d’une campagne électorale, a critiqué publiquement la loi 62. Il accuse le gouvernement du Québec d’outrepasser ses champs de compétence et d’ignorer le caractère multiculturel de la métropole québécoise.

La candidate à la mairie, Valérie Plante, s’est également prononcée contre cette loi.

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