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  • Judith Jasmin, femme libre et pionnière

    Judith Jasmin et Jean Vilar discutent autour d'une table.

    La journaliste Judith Jasmin avec le comédien Jean Vilar, en 1958

    Photo : Radio-Canada / André Le Coz

    Radio-Canada

    Le 20 octobre 1972 disparaissait Judith Jasmin, un des piliers du journalisme québécois. Femme libre et indépendante, elle a parcouru le monde et rencontré les figures les plus marquantes de l'histoire politique et culturelle. Pour l'occasion, voici quelques moments de sa carrière à Radio-Canada.

    En devenant journaliste, Judith Jasmin entre dans un monde d’hommes. Formée par nul autre que René Lévesque, elle est la première femme correspondante à l’étranger pour Radio-Canada.

    Sur le terrain, elle s’intéresse aux démunis et traite des sujets avec empathie.

    Judith Jasmin en Haïti

    Les voyages occupent une place majeure dans son métier. En 1959, elle part en Haïti pour l’émission Premier plan.

    Le reportage d’une heure qu’elle produit, diffusé le 13 décembre 1959, demeure un grand moment de télévision. Elle assiste à des danses rituelles, discute du vaudou, rencontre de simples Haïtiens et des intellectuels.

    Premier plan, 13 décembre 1959

    Dans cet extrait, elle aborde un jeune homme dans la rue, à Port-au-Prince, et lui pose quelques questions sur sa vie en Haïti. « Est-ce que vous êtes heureux? », lui demande-t-elle. Le jeune Haïtien lui confie souhaiter partir pour l’étranger.

    Lorsque Judith Jasmin se rend en Haïti, le pays vit depuis deux ans sous le régime Duvalier. Élu en septembre 1957, François Duvalier instaure un régime de terreur dans lequel règne la répression policière et la censure.

    Judith Jasmin à Washington

    Correspondante auprès des Nations unies pour Radio-Canada au milieu des années 1960, Judith Jasmin travaille à New York, puis à Washington. Elle tente de rendre compte non seulement de ce qui se fait dans les sphères diplomatiques, mais aussi de ce qui se passe dans la rue.

    C’est à Washington qu’elle effectue un reportage, en 1968, sur le « Resurrection City », un projet initié par des militants des droits civiques. L’installation de ce village improvisé vise à mettre en lumière les problèmes de pauvreté aux États-Unis.

    Reportage du 27 mai 1968

    Dans cet extrait du 27 mai 1968, Judith Jasmin, les pieds dans la boue, raconte la situation des réfugiés. La pluie qui s’est abattue sur le camp laisse les habitants dans « la misère et la malchance ».

    En novembre 1969, des centaines de milliers de personnes convergent vers Washington pour protester contre le maintien de troupes américaines au Vietnam.

    Judith Jasmin relate les événements dans ces extraits d’un reportage produit pour le service de nouvelles de Radio-Canada. Au pied du Capitole, elle assiste au rassemblement des marcheurs.

    Reportage de novembre 1969

    C’est ici, dans l’un de ces 12 cercueils, que tous les manifestants qui viennent de parcourir plus de quatre milles à pied depuis le cimetière d’Arlington déposent tour à tour le nom des soldats tués au Vietnam, et ces cercueils seront portés ce soir devant la Maison-Blanche.

    Judith Jasmin, en 1969

    La marche du moratoire sur la guerre du Vietnam rassemble 500 000 personnes à Washington. Il s’agit de la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis, à cette époque.

    Une vie trop courte

    Judith Jasmin vient de recevoir le prix Olivar-Asselin lorsqu’elle rencontre le journaliste Wilfrid Lemoine dans le cadre de l’émission Format 60 diffusée le 8 mars 1972.

    Cette entrevue résume tout ce que fut la vie professionnelle de la journaliste : l’importance de l’objectivité chez le journaliste, la nudité du fait, mais aussi la bonne foi et la sincérité du métier qu’elle exerce avec passion.

    Format 60, 8 mars 1972

    Ce sera la dernière apparition de la journaliste à la télévision. Rongée par le cancer, elle s’éteint sept mois plus tard, à 56 ans.

    Il faudra attendre la fin des années 1970 pour que d’autres femmes soient nommées correspondantes à l’étranger, soit Myrto Gauthier à Londres en 1978, puis Madeleine Poulin à Paris l’année suivante.

    De nombreuses journalistes d’aujourd’hui se réclament de son héritage.

    Veuillez noter que certaines archives originales ont été remontées.

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