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Mairie de Montréal : confrontation animée entre Denis Coderre et Valérie Plante

Julie Marceau rend compte des échanges entre les principaux candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre et Valérie Plante, lors de leur premier véritable débat.
Radio-Canada

Tant en matière de gouvernance que de transports, les principaux candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre et Valérie Plante, ont mis l'accent sur les différences entre leurs visions de la métropole, jeudi soir, lors du premier véritable débat de la campagne municipale organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, au Centre Sheraton.

Un texte de Marc-Antoine Ménard et Jérôme Labbé

Mme Plante a reproché au maire sortant une centralisation des services et une gestion opaque, alors que M. Coderre a vanté certains des accomplissements de son administration.

Valérie Plante a estimé que l’administration Coderre avait eu une « approche idéologique » au cours des quatre dernières années qui avait créé une « pile de priorités ». Elle a reproché au maire sortant « cette façon dont on a de rassembler les problèmes à la ville-centre de telle sorte que le citoyen se sent loin de ses services ».

« Vous avez le choix entre être dogmatique et vous arranger pour que ça marche », a répliqué Denis Coderre, donnant l’exemple de la politique centralisée de déclenchement des opérations de déneigement. « On est capable de se parler, la preuve, c’est qu’on a des résultats », a-t-il dit.

Il ne faut pas que la ville-centre prenne des décisions comme si c’était le Plateau.

Denis Coderre, maire sortant de Montréal

« Votre ami Ferrandez [maire de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, NDLR], je ne le vois pas souvent à vos côtés, je me demande ce que vous faites avec », a-t-il lancé à Mme Plante.

M. Coderre a ajouté que la prise en charge de certains services par la ville-centre donnait plus de moyens aux arrondissements. « J’aimerais qu’on demande aux citoyens s’ils sont satisfaits. Quand on veut changer une poubelle, il faut demander à la ville-centre », a rétorqué la chef de Projet Montréal.

Sur le retour du baseball

Au sujet d’un éventuel retour d’une équipe de baseball professionnel à Montréal, avec la construction d’un nouveau stade, Valérie Plante a admis que « personnellement, ce n’est pas le premier choix d’investissement que je ferais », tout en promettant de nouveau de consulter les Montréalais sur un investissement d’argent public dans un tel projet. Elle a estimé que le maire sortant prenait les citoyens « pour des idiots » en refusant de dire si, de son côté, il consacrerait des fonds publics à un retour des Expos.

« Ce que je trouve exceptionnel, c’est que Montréal fait partie des grands et est pris au sérieux », a souligné Denis Coderre, rappelant que rien n'est joué dans ce dossier. Le maire sortant a donné l'exemple, déjà évoqué par le passé, de l'utilisation du programme d'immigrants investisseurs pour financer la construction d'un stade.

« Vous avez dit que vous étiez pour le retour des Expos, mais vous votez contre la politique de baseball », a-t-il reproché à Mme Plante. « Vous avez déjà un dessin de ce stade », a-t-elle répliqué.

Notre dossier sur les élections municipales 2017 au Québec 

Discussions mouvementées sur les transports

Valérie Plante a reproché à l’administration Coderre d’avoir coupé 25 millions de dollars dans le budget de développement de la Société de transport de Montréal (STM), en 2015. Elle a aussi rappelé sa propre promesse d’acquérir 300 autobus hybrides d’ici 2020.

« Vos 300 autobus, où c’est que vous allez les mettre? », a demandé le maire sortant, laissant entendre que la STM n’avait pas assez de garages pour tous les abriter.

M. Coderre a également critiqué le projet phare de Projet Montréal en matière de mobilité, soit la construction d’une nouvelle « ligne rose » reliant Montréal-Nord à Lachine en passant par le centre-ville, prédisant, comme il l'avait fait à Tout le monde en parle, que celle-ci ne coûterait pas les 6 milliards de dollars estimés par le parti, mais plutôt 10 milliards de dollars.

« Qui va payer? », a-t-il demandé à plusieurs reprises à Valérie Plante, ce à quoi la chef de Projet Montréal a répondu que des fonds d’infrastructure existaient à Ottawa et à Québec.

Est-ce que c’est parce que ce n’est pas vous l’initiateur que vous avez un problème [avec le projet de ligne rose]?

Valérie Plante, chef de Projet Montréal

Valérie Plante a également accusé le maire sortant d’avoir renié le projet de SRB électrique sur le boulevard Pie-IX, tandis que le principal intéressé a rejeté la faute sur l’administration précédente.

Quand l'actualité s'impose

Le débat s'est, en quelque sorte, terminé comme il avait commencé. Les deux candidats avaient souligné le courage des femmes et des hommes à l'origine d'allégations d'inconduite, voire d'agression sexuelle visant les producteurs Gilbert Rozon et Éric Salvail, dans leur discours d'ouverture. Le sujet a été ramené sur le tapis par Denis Coderre en fin de débat.

Alors que Valérie Plante déplorait le peu de résultats apportés par le responsable de la circulation nommé sous l'administration Coderre, Pierre Lacasse, le maire sortant a rappelé qu'une plainte pour harcèlement était à l'origine du congédiement de celui qui avait été surnommé « M. Fluidité ».

En point de presse, après le débat, Denis Coderre a reproché à Mme Plante d'avoir voulu faire de la politique avec cette affaire. La chef de Projet Montréal s'est défendue d'avoir voulu aller « dans cette direction », martelant que M. Lacasse n'avait « pas livré la marchandise ».

Les élections municipales ont lieu le dimanche 5 novembre prochain.

Par ailleurs, Projet Montréal a dévoilé jeudi sa plateforme électorale, un document de 34 pages transmis aux médias au moment même où le débat s’amorçait. On y apprend notamment que « Projet Montréal s’engage à réaliser son programme sans hausser les taxes au-delà de l’inflation » – une promesse équivalente à celle de Denis Coderre. Le parti de Valérie Plante a également envoyé pendant le débat un second communiqué dans lequel il s’engage à abolir les droits de mutation immobilière, ou « taxe de bienvenue », pour les familles avec enfant qui font l’acquisition d’une première propriété à Montréal. Le remboursement serait plafonné à 5000 $, « sans restriction liée au prix de la propriété », alors que le programme actuel se limite aux propriétés de 360 000 $ ou moins.

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