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Malgré l'arrivée d'Airbus, la cote de crédit de Bombardier ne monte pas

Le président du conseil d'administration de Bombardier, Pierre Beaudoin (gauche), le PDG de Airbus, Thomas Enders, le directeur général de Bombardier, Alain Bellemare, et le directeur exécutif d'Airbus, Fabrice Bregier.
Malgré l'appui d'Airbus, Bombardier a encore des problèmes à régler, disent des experts. Photo: Reuters / Regis Duvignau
La Presse canadienne

Bien qu'elles voient d'un bon oeil la prise de contrôle de la C Series de Bombardier par Airbus, les grandes agences de notation ne sont pas allées jusqu'à relever la cote de crédit de l'avionneur québécois.

Il est encore trop tôt pour prendre une décision, mais les agences Standard & Poors, Fitch Ratings et DBRS estiment déjà, dans des rapports distincts, que le constructeur d'avions et de trains continue de faire face à d'importants défis.

« Même si les répercussions de l'annonce sont favorables à long terme, cet événement n'est pas considéré comme suffisamment important pour avoir un impact [immédiat] sur la cote de crédit », écrit notamment l'agence canadienne DBRS.

Une amélioration de la cote de crédit donnerait un coup de pouce à Bombardier, qui pourrait voir ses coûts d'emprunt fléchir.

Sans dépenser un seul sou, le géant européen Airbus détiendra 50,1 % de la société en commandite C Series. La part de Bombardier fléchira à 31 %, alors que celle de l'État québécois, qui a injecté 1 milliard de dollars américains en 2015, recule à 19 %. La transaction, dont la clôture est prévue au milieu de 2018, doit obtenir le feu vert des autorités réglementaires dans quelques pays, dont le Canada.

Selon Aniki Saha-Yannopoulos, de Standard & Poor's, la transaction facilitera l'accès au marché américain pour la C Series grâce à une nouvelle ligne d'assemblage aux installations d'Airbus en Alabama.

Cela permettra d'apaiser les craintes découlant de la plainte déposée par Boeing au printemps, qui a incité le département américain du Commerce à imposer des tarifs préliminaires d'environ 300 % sur la C Series.

Autres débours à venir

Mais si Bombardier pourra profiter de la force de frappe d'Airbus au chapitre des ventes et de la capacité de production, l'avionneur québécois n'a probablement pas fini d'injecter des fonds dans sa famille d'avions commerciaux.

DBRS rappelle que l'entente prévoit que l'entreprise s'engage à injecter jusqu'à 700 millions de dollars américains au besoin dans les trois années qui suivront la transaction.

« En cédant le contrôle du programme, Bombardier limite sa possibilité de profiter d'une augmentation des liquidités à long terme, ajoute Mme Saha-Yannopoulos. De plus, nous croyons que l'entreprise deviendra de plus en plus dépendante des autres programmes (CRJ et Q400) de son secteur aéronautique ainsi que de sa division transport afin de rembourser sa lourde dette. »

En date du 30 juin dernier, la dette ajustée de la multinationale était d'environ 9,2 milliards de dollars américains, d'après son rapport trimestriel.

Une usine de Bombardier à Crespin, dans le nord de la France Une usine de Bombardier à Crespin, dans le nord de la France Photo : Reuters / Benoit Tessier

Se remettre sur les rails

Par ailleurs, en plus des nombreux dossiers à régler dans son secteur aéronautique, Bombardier doit surmonter d'autres obstacles dans sa division ferroviaire, souligne l'agence Fitch, en expliquant pourquoi elle n'a pas modifié la cote de crédit de la multinationale.

Dans le secteur ferroviaire, l'agence de notation fait référence à l'alliance annoncée en septembre entre la société allemande Siemens et sa rivale française Alstom, qui devrait donner naissance à un géant générant des revenus de 18 milliards de dollars américains.

Ce mariage pourrait nuire à Bombardier Transport, qui aurait tenu des discussions avec Siemens plus tôt cette année à propos d'un regroupement, au moment où le secteur ferroviaire se consolide afin de rivaliser avec CRRC, un constructeur chinois soutenu par l'État qui accroît ses parts de marché mondiales.

Le partenariat annoncé en début de semaine entre Bombardier et Airbus devrait une fois de plus se retrouver au coeur de l'actualité vendredi. Les dirigeants des deux entreprises, Alain Bellemare et Tom Enders, doivent discuter de la transaction dans le cadre d'un événement organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

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