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Schefferville, un carrefour multilingue en pleine taïga

Le fer du Labrador.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau.

Radio-Canada

Isolée au beau milieu de la taïga québécoise, Schefferville n'est pas une municipalité comme les autres. La cohabitation de quatre langues marque le paysage linguistique de la ville, à cheval entre le Québec et le Labrador.

Un texte de Louis Garneau

Les Innus de Matimekush - Lac-John s'expriment plus facilement en français, les Naskapis de Kawawachikamach s'expriment davantage en anglais.

À 18 ans, Keiston Uapan utilise les quatre langues du Nord-Est québécois : le français, l'anglais, l'innu et le naskapi.

J'ai appris l'innu ici à l'école, au primaire et après ça ils nous laissent le pratiquer durant toute notre vie. Le naskapi, je l'ai appris par moi-même juste en l'écoutant.

Kieston Uapan McKenzie
Keiston Uapan McKenzie est un jeune innu de ScheffervilleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Keiston Uapan McKenzie, un jeune innu de Schefferville.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle Plamondon

Son cas n'est pas rare. Plus de 80 % de la population de Schefferville est bilingue et plus de 20 %, trilingue.

Malgré cela, les malentendus sont monnaie courante : « Je travaillais avec du monde et puis ils ne comprenaient pas - Qu'est-ce qui se passe? - Ah, je comprends pas ce qu'il me dit et il ne me comprend pas. - C'est quoi que tu veux lui dire? Moi je vais lui dire... Et puis à un moment donné, on se comprenait et on a fait la job ».

Une affiche multilingue sur le site minier de Tata Steel à ScheffervilleAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Affiche multilingue sur le site minier de Tata Steel, à Schefferville.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle Plamondon

Pour Tata Steel, le principal employeur, le défi de gérer quatre langues et quatre cultures se retrouve au centre des préoccupations en ressources humaines.

Les superviseurs sur le terrain assurent les opérations en plusieurs langues, pour gérer les 700 employés de la mine et assurer leur sécurité.

Je le dis en français et en anglais pour que tout le monde comprenne, et ensuite je le dis en montagnais pour que les gars aussi comprennent.

Frédéric Cluney, superviseur de station, Tata Steel

Comme la compagnie Tata Steel est enregistrée en Inde, elle emploie plusieurs travailleurs qui parlent l'hindi. Parmi les travailleurs qui passent à Schefferville, on retrouve des professeurs maghrébins, des ouvriers cris et même des Inuits.

Armand MacKenzie est vice-président affaires intergouvernementales et affaires publiques de Tata SteelAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Armand MacKenzie, vice-président affaires intergouvernementales et affaires publiques de Tata Steel.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle Plamondon

C'est une force chez nous, d'avoir cette diversité culturelle, parce que ça enrichit l'expérience de tous les travailleurs, et c'est ce qui est intéressant ici.

Armand MacKenzie, vice-président, affaires intergouvernementales et relations publiques, Tata Steel

Tous amènent leurs expressions qui tombent dans l'oreille des résidents comme Keiston Uapan McKenzie. « Dans certaines communautés, ils commencent à perdre leur langue, mais icitte, on devrait être bon pour garder notre langue. »

« Ma culture, c'est l'innu. Je garde mon standard innu, je suis innu, et je m'adapte bien avec les "français" et les "anglais" pareil », assure Frédéric Cluney.

Avec les informations de Jean Louis Bordeleau

 

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