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L'épopée « humour-ristorique » du Wild West Show

Un groupe de comédiens sont debout souriants sur scène, déguisés en cheval de carton, le costume tenant à l'aide de bretelles rouges.
Dix comédiens font partie de la distribution du Wild West Show de Gabriel Dumont. Photo: Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume
Radio-Canada

Présenté jeudi soir en première mondiale au Centre national des Arts (CNA) à Ottawa, Le Wild West Show de Gabriel Dumont est une production ambitieuse qui relève le pari de réunir les forces du théâtre francophone de l'Ouest, de l'Ontario et du Québec.

Une critique de Martin Vanasse en collaboration avec Stéphanie Rhéaume

Projet d’envergure mis en scène par Mani Soleymanlou, le spectacle regroupe un collectif d’une dizaine d’auteurs et autant de comédiens sur scène, dans une collaboration de plusieurs institutions théâtrales, dont le CNA, le Théâtre d’Aujourd’hui et le Cercle Molière.

Le Wild West Show de Gabriel Dumont est une sorte de cours d’histoire métisse 101 en accéléré, complètement déjanté, une leçon sur l’acide où l’humour se met au service de l’histoire. Un propos qui demeure contemporain avec ses nombreux clins d’œil, ses mises en abyme et autres anachronismes volontaires.

Une autre histoire du Canada

Le comédien Charles Bender incarne le personnage de Gabriel Dumont. Il arbore des habits de cowboy et tient un fusil en mains en lâchant un cri.Le Wild West Show de Gabriel Dumont, présenté en première mondiale au Centre national des Arts à Ottawa. Photo : Radio-Canada / Stéphanie Rhéaume

Le défi était de taille. Les auteurs principaux, Jean-Marc Dalpé et Alexis Martin, souhaitaient raconter un pan négligé de l’histoire canadienne, une proposition irrévérencieuse dans le contexte des célébrations entourant le 150e anniversaire de la Confédération.

On suit les pérégrinations de Gabriel Dumont et Louis Riel, leaders de la résistance métisse dans l’Ouest canadien de 1870 à 1885.

Affiche d'un spectacle de Buffalo BillAffiche d'un spectacle de Buffalo Bill Photo : Library of Congress - LC-USZC6-57

En utilisant la formule du Wild West Show de Buffalo Bill, qui présentait des spectacles à grand déploiement aux États-Unis à la fin du 19e siècle, on fait résonner l’histoire sur scène en utilisant le français, l’anglais, mais aussi des langues autochtones, dont l’algonquin et le cri.

Sur une scène blanche dépouillée, qui évoque aussi un chapiteau, on trouve des caisses de transport sur roulettes d’où on sortira les costumes et les accessoires.

Côté jardin, une multi-instrumentiste ponctue le spectacle d’une efficace trame musicale. Au fond, un écran sert à identifier les chapitres de l’histoire et à projeter les décors.

Dans une succession de tableaux, on raconte, on revisite et on remet en question l’histoire canadienne.

Les comédiens Alexis Martin et Jean-Marc Dalpé sont sur scène vêtus d'habits rouges de sergents d'armes et de chapeaux. Entre les deux, la comédienne métisse Krystle Pederson porte un chapeau de cowboy et regarde au loin.Une scène tirée de la pièce « Le Wild West Show de Gabriel Dumont » Photo : Jonathan Lorange

Jean-Marc Dalpé et Alexis Martin font office de maîtres de cérémonie. Comme deux clowns de cirque, ils font le lien entre les scènes avec beaucoup d’humour.

Chacune de leurs présences relance le rythme du spectacle d’une durée de 2 h 30, avec entracte, qui comporte toutefois quelques longueurs. La première partie gagnerait en effet à être resserrée.

Clins d’oeil amusants à la culture populaire

De nombreux référents à la culture populaire font sourire.

Les spectateurs ont notamment droit à une Soirée du hockey avec René Lecavalier (Alexis Martin) et Don Cherry (Jean-Marc Dalpé), qui commentent un affrontement sur le champ de bataille, un quiz télévisé qui oppose les idées de Louis Riel et de Gabriel Dumont ou encore un clin d’œil à Batman, avec le symbole de la nation métisse projeté dans le ciel.

La comédienne Dominique Pétin, habillée d'un pantalon et d'un t-shirt noir, avec un veston rouge. Sa main droite posée sur la hanche, elle tient un cigare dans sa main gauche. En arrière-plan, une projection d'un grand salon de style victorien.La comédienne Dominique Pétin dans une scène où elle incarne le premier ministre John A. Macdonald Photo : Jonathan Lorange

Il y a aussi d’autres trouvailles parfois plus subtiles, comme la comédienne Dominique Pétin, d’origine wendate, qui interprète le premier ministre canadien John A. Macdonald. Elle semble y trouver un réel plaisir et même une douce revanche.

Les auteurs Alexis Martin et Jean-Marc Dalpé souhaitaient raconter et rappeler cette portion oubliée de l’histoire aux jeunes générations. Mission accomplie! À l’école, on aurait tous voulu un cours d’histoire comme celui-là.

Spectacle inclassable s’il en est un, tentons quand même ceci : une épopée « circassienne-rodéo-humoristico-historique ».

Ottawa-Gatineau

Théâtre