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La gymnaste américaine McKayla Maroney dit #moiaussi

McKayla Maroney

Photo : AFP/Getty Images / THOMAS COEX

Radio-Canada

McKayla Maroney, double médaillée olympique et membre de l'équipe américaine médaillée d'or aux Jeux de Londres, dénonce l'ancien médecin de l'équipe, Larry Nassar, en l'accusant d'agression sexuelle à son endroit.

C’est sur son compte Twitter que Maroney, aujourd’hui âgée de 21 ans, y est allée, mercredi matin, d’une sortie montrant du doigt Nassar.

Dans la foulée du vaste mouvement populaire #metoo (#moiaussi) qui a déjà touché des milliers de victimes avouées sur les médias sociaux, Maroney a décrit en détail la nature des gestes posés sur elle dès l’âge de 13 ans.

Selon son récit, Nassar prétextait des traitements médicaux « nécessaires » qu’il pratiquait sur ses patientes depuis plus de 30 ans. La situation a perduré jusqu’à ce Maroney quitte son sport de façon définitive.

« Il semble que peu importe le moment ou le lieu, dès que cet homme en avait l’occasion, il me "traitait" », a indiqué Maroney dans sa publication.

« Cela s’est produit à Londres avant notre conquête de l’or, et c’est arrivé avant ma médaille d’argent à la table de saut », a-t-elle ajouté.

 

Elle a cru mourir

Elle raconte qu’elle avait 15 ans quand elle a vécu son expérience la plus traumatisante.

Nassar lui aurait alors administré des somnifères avant l’embarquement sur un vol commercial vers Tokyo. À son réveil, elle était seule avec lui dans une chambre d’hôtel. Nassar était en train de lui administrer un autre « traitement ».

« J’ai cru que j’allais mourir ce soir-là », écrit-elle

Nassar fait déjà face à 22 accusations d’agressions sexuelles liées à d’autres victimes. Il encourt une peine de prison à vie s’il est reconnu coupable.

Au moins 125 femmes ont déjà entamé des procédures judiciaires contre Nassar. Leurs avocats ont accepté d’aller en médiation, une démarche qui pourrait mener à une entente à l'amiable.

USA Gymnastics admire le courage de McKayla Maroney

La Fédération américaine de gymnastique a réagi par la voie d'un communiqué envoyé mercredi matin.

« Comme plusieurs, nous sommes dégoûtés et outrés par les agissements de Larry Nassar. »

« Nous [USA Gymnastics, NDLR] travaillons à instaurer un environnement sain et sécuritaire pour les athlètes. »

Pour la Fédération, le courage de ceux et celles qui brisent le silence est admirable.

Vulnérabilité en bas âge

L'athlète olympique Nansy Damianova, qui a défendu les couleurs canadiennes aux Jeux de Pékin, en 2008, montre du doigt les rencontres entre les gymnastes et leurs entraîneurs ou leurs médecins.

C'est juste vraiment triste parce que c'est un sport où les athlètes sont tellement jeunes que c'est un peu facile de manipuler les pensées. C'est un sport où le développement se fait quand on est jeunes et jusqu'à l'adolescence [...] Le problème c'est exactement ça, les jeunes ne savent pas nécessairement si quelque chose est correct ou pas.

L'athlète olympique Nansy Damianova

« Je crois que quelque chose qui pourrait être envisagé, c'est de ne jamais laisser l'athlète seul avec le coach ou qui que ce soit dans un bureau. S'il y a un meeting, que la porte soit ouverte. Jamais les athlètes ne doivent être seuls avec un adulte, un physiothérapeute », a expliqué la Montréalaise, née en France.

Ce type de protocole a été employé par Gymnastique Canada et par l'Université de l'Utah, l'institution qui a accueilli Damianova dans son programme de gymnastique de 2011 à 2014.

« Lorsque je me retrouvais dans un meeting, je n'étais jamais seule avec un entraîneur. Soit les autres instructeurs étaient présents, soit la porte était ouverte. Ce n'est pas quelque chose qui pouvait arriver [dans cette situation] », a-t-elle confié.

Le message de McKayla Maroney [en anglais] :

 

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