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ALENA : des propositions américaines « non conventionnelles et troublantes », dit la ministre Freeland

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland au terme de la quatrième  session de négociations du nouvel ALENA.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland au terme de la quatrième session de négociations du nouvel ALENA.

Photo : AFP/Getty Images / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Radio-Canada

La ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, accuse les États-Unis de vouloir intentionnellement miner l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) avec sa série de propositions qu'elle juge « non conventionnelles » et « troublantes ».

« Nous avons vu une série de propositions non conventionnelles dans des domaines critiques des négociations qui rendent notre travail beaucoup, beaucoup plus difficile », a dit la ministre Freeland lors d’un point de presse en compagnie des représentants américain et mexicain, au terme de la quatrième séance de pourparlers de l’ALENA, mardi à Washington.

Mme Freeland a rappelé que l’ALENA a contribué à la création d’emplois et d’autres possibilités pour le Canada, les États-Unis et le Mexique au cours des 23 dernières années, qui ont profité aux familles de la classe moyenne.

Dans les séances trois et quatre des négociations, nous avons vu des propositions qui nous feraient reculer sur 23 ans de prévisibilité, d’ouverture et de collaboration sous l’ALENA. Dans certains cas, ces propositions sont en contradiction avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. C’est troublant.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères

La ministre Freeland a donné en exemple l’industrie de l’automobile.

Elle soutient que la proposition américaine, en ce qui a trait aux composantes fabriquées aux États-Unis, aurait comme résultat d’affaiblir la productivité nord-américaine et de compromettre des milliers d’emplois dans les trois pays.

La ministre Freeland a aussi prévenu les autres pays qu’ils ne pourront pas parvenir à un accord modernisé avec le principe du « gagnant emporte tout. »

Le représentant commercial américain, Robert Lighthizer a dit être « surpris et déçu par la résistance au changement de la part des négociateurs partenaires » des États-Unis.

Il affirme que le Canada et le Mexique n’arrivent pas à accepter la réalité que les États-Unis veulent rééquilibrer leurs accords commerciaux.

« Nous n’avons aucune indication que nos partenaires sont prêts à réaliser des changements qui entraîneraient un rééquilibrage », a dit M. Lighthizer.

Les propositions américaines au cours des dernières semaines

Au cours des dernières semaines, les États-Unis ont présenté plusieurs demandes en ce qui concerne l’ALENA.

Les négociateurs américains ont déposé, mercredi soir dernier, une clause de résiliation qui viendrait mettre fin à l'accord au bout de cinq ans si les trois pays ne le renouvelaient pas.

Vendredi dernier, l'administration Trump a annoncé qu’elle voulait augmenter la quantité de pièces d'automobiles fabriquées aux États-Unis dans les véhicules qui peuvent être vendus sans tarif en vertu de l’ALENA.

Lundi, les États-Unis ont demandé l’abolition du système de gestion de l’offre pour le lait, les œufs et la volaille. L’administration Trump réclame la fin des tarifs et des quotas d’ici 10 ans.

Le président américain a aussi évoqué la possibilité d'une entente bilatérale entre le Canada et les États-Unis pour remplacer l'ALENA.

Le premier ministre Justin Trudeau a rappelé à maintes reprises qu’il n’avait pas l’intention de quitter la table des négociations.

Les pourparlers se poursuivront

Malgré leurs divergences, les trois partenaires de l’ALENA se sont entendus pour poursuivre les négociations au mois de novembre.

Le Mexique va accueillir une cinquième séance du 17 au 21 novembre. D’autres rencontres de négociations sont prévues jusqu’à la fin du premier trimestre de 2018.

Entrevue avec Raymond Bachand, négociateur en chef du Québec pour l’ALENA

Si les négociateurs disent avoir fait des progrès dans certains domaines, de nouvelles propositions ont rendu le processus de négociation difficile.

Selon un communiqué émis mardi après-midi par Affaires mondiales Canada, les ministres « ont discuté des écarts conceptuels importants entre les parties » et ont demandé à tous les négociateurs « d’envisager des façons créatives de combler ces écarts. »

La ministre Chrystia Freeland a aussi rappelé les objectifs que le Canada s’était donnés au début des négociations, il y a de cela huit semaines.

« Nous souhaitions moderniser et actualiser entièrement l’ALENA, car après 23 ans, il était vraiment temps de le faire […] », a-t-elle dit.

Nous l’avions dit dès le début, que nous défendrions et maintiendrions les éléments de l’ALENA que les Canadiens considèrent comme essentiels à l’intérêt national, tels qu’un processus pour faire en sorte que les droits antidumping et les droits compensateurs soient appliqués équitablement, et l’exception de l’Accord pour préserver la culture canadienne et le système canadien de gestion de l’offre. Ces objectifs du Canada demeurent.

Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères

Les trois parties s’accordent donc un mois pour réfléchir et évaluer les propositions qui ont été présentées, avant d’entamer une autre session de négociations.

Les drapeaux mexicain, canadien et américain

Les relations commerciales des trois pays de l'Amérique du Nord au cœur d'une renégociation.

Photo : Associated Press / Judi Bottoni

Les progrès de l’ALENA

Par ailleurs, le Canada, les États-Unis et le Mexique disent avoir terminé « en grande partie » les discussions sur le chapitre de la concurrence.

Les négociateurs des trois pays estiment aussi avoir fait des progrès, notamment au chapitre du régime douanier, du commerce numérique et des bonnes pratiques en manière de réglementation.

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