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Un sculpteur déplore la reproduction et l'altération de deux de ses oeuvres par Saint-Tite

La sculpture de Luc Laramée originale à gauche et peinte de couleur or par la Ville de Saint-Tite à droite.
La sculpture de Luc Laramée originale à gauche et peinte de couleur or par la Ville de Saint-Tite à droite. Photo: Facebook Luc Laramée
Radio-Canada

Un sculpteur de Saint-Séverin se désole de voir ses œuvres modifiées et reproduites sans son approbation par le Festival western et la Ville de Saint-Tite.

Luc Laramée a sculpté deux œuvres vers 1990. La première a été installée par la Ville de Saint-Tite dans une fontaine, au cœur du village. La seconde a été mise sur un char allégorique pour le défilé du festival.

L’artiste déplore que la Ville ait peint de couleur or son œuvre dans la fontaine et que le festival ait reproduit la sculpture du char allégorique en demandant à un concurrent d’en mouler quatre identiques.

Les sculptures ont été installées aux quatre coins de la ville par le Festival western, toujours sans le consulter. En plus, le nom du sculpteur ne serait mentionné nul part.

Luc Laramée se désole également au fait que le festival vend une carte postale où on voit les reproductions. Elles se détaillent au coût de 5 $. L’artiste n’en retire aucun droit de reproduction.

« Les choses peuvent-elles être faites correctement selon les lois qui défendent les créateurs », questionne M. Laramée.

L’artiste ne souhaite pas entreprendre de recours judiciaire. Il aimerait toutefois que la peinture or soit retirée et qu’on mentionne qu’il est l’auteur de ses œuvres.

« Celle qui est dans la fontaine, ça frise le vandalisme. J’aurais préféré des graffitis. Je trouve ça aurait apporté un plus. Laissez-les là. C’est correct. Les jeunes se sont exprimés dessus. Mais là, ce n’est pas ça. On change l’esprit de l’oeuvre. Je veux bien croire que ce n’est pas une oeuvre de Rodin, mais quand même, c’est une belle pièce », déplore le sculpteur.

La Ville réagit

Le maire de la ville de Saint-Tite se défend d'avoir dénaturé l'oeuvre. Il estime même l'avoir améliorée.

« On a fait dans le gros bon sens, dans une harmonisation. On l'a acheté cette pièce-là. Elle était vraiment brisée. On a fait le rôle qu'on avait à faire », avance le maire de Saint-Tite, André Léveillé.

Ce que le droit dit

Avoir commandé une oeuvre ne donne pas automatiquement des droits de reproduction sur la dite oeuvre.

« Il me semble, d'après la réaction du sculpteur que ces droits-là n'avaient pas été obtenus ou divulgués dans un contrat. À ce moment-là, la Ville et/ou les personnes qui ont agi sous l'autorité de la Ville sont en violation du droit d'auteur et le sculpteur aurait des recours contre la Ville », affirme l'avocate spécialisée en droit d'auteur, Me Madeleine Lamothe Samson.

Elle indique également que la Ville serait en violation du droit moral de ne pas avoir mentionné le nom du sculpteur. Les changements à son oeuvre pourraient être préjudiciables également.

« Normalement, pour faire des reproductions, ça vient avec une rémunération et une autorisation, ce qui semble-t-il n'a pas été le cas dans le cas des moules et des cartes postales. Ça semble être une situation assez évidente et flagrante », énumère Mme Lamothe Samson.

L'avocate spécialisée en droit d'auteur estime que le Festival et la Ville de Saint-Tite devraient offrir une compensation au sculpteur, s'il n'y a pas eu d'entente préalable pour permettre la reproduction et l'altération des oeuvres.

Selon des informations de Maude Montembeault

Mauricie et Centre du Québec

Arts visuels