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Mort par sudation : les organisateurs du séminaire font appel

Les trois suspects ont été arrêtés menottes aux poings.
Les trois personnes reconnues coupables d'homicide involontaire portent la condamnation et les peines en appel. Photo: Radio-Canada

Trois personnes reconnues coupables d'homicide involontaire après la mort d'une femme au terme d'une séance de sudation dans un séminaire de croissance personnelle portaient leur cause devant la Cour d'appel mardi à Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

Le 29 juillet 2011, Chantal Lavigne, 35 ans, est morte à Durham-Sud, dans le Centre-du-Québec.

Gabrielle Fréchette, Gérald Fontaine et Ginette Duclos étaient les organisateurs du séminaire Mourir en conscience, au cours duquel les participants recevaient des traitements et des soins énergétiques, dans un établissement baptisé Reine-de-la-Paix.

L'une des activités consistait à s'enduire de boue, à s'envelopper d'une pellicule de plastique et à se recouvrir la tête d'une boîte de carton. Cette activité de sudation avait pour but d'éliminer les toxines du corps.

C'est lors de ce traitement que Chantal Lavigne a trouvé la mort et qu'une autre femme, Julie Théberge, a subi un malaise.

Pour cette dernière, le trio était accusé de négligence criminelle causant des lésions.

Chantal LavigneLa victime, Chantal Lavigne, décédée le 29 juillet 2011. Photo : Radio-Canada

Lorsqu'ils ont été reconnus coupables en 2014, la juge Hélène Fabi a déclaré que l'expérience de sudation avait été réalisée dans des conditions extrêmement dangereuses. Elle a également qualifié les trois accusés d'« insouciants ».

Dans son mémoire déposé à la Cour d'appel, l'avocat de Gabrielle Fréchette soutient que les victimes auraient pu mettre fin au traitement à tout moment.

« Il est clair que l'appelante ne tenait pas concrètement la vie ou la sécurité des victimes entre ses mains. Elles avaient un contrôle continu sur elles-mêmes, écrit Me Richard Dubé. De plus, elles n'ont jamais été seules, de sorte que si elles éprouvaient une quelconque difficulté, quelqu'un était présent pour les assister ».

Le procureur aux poursuites criminelles et pénales réfute cet argument et soutient que le consentement des victimes n'était pas valide.

« Ce consentement n'était pas éclairé et donc vicié puisqu'elles n'avaient pas été informées des modalités de la séance de sudation avant d'y participer et que ces modalités n'avaient jamais été expérimentées par les victimes auparavant » , soutient Me Marc-André Dagenais, dans son mémoire d'appel.

Gabrielle Fréchette a écopé de trois ans de prison alors que Gérald Fontaine et Ginette Duclos ont reçu des peines d'emprisonnement de deux ans.

Les trois individus portent la condamnation et les peines en appel.

Les juges de la Cour d'appel ont pris la cause en délibéré après les plaidoiries des avocats.

Justice et faits divers