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Courtney Dauwalter remporte la course de 383 km de Moab

Courtney Dauwalter
Courtney Dauwalter Photo: Rokis Photo

Courtney Dauwalter a gagné le Moab 200, un ultramarathon mixte de 383 km couru en Utah, aux États-Unis, en 57 h 52 min, dimanche. Pour Patrice Godin, seul Québécois en lice, il s'agit d'une « performance incroyable » de l'Américaine.

Un texte de Julien Lamoureux

« À un certain moment, elle avait une avance de 50 km sur les deux hommes qui la suivaient, s’exclame au téléphone le comédien qu’on a pu voir récemment dans Blue Moon. « Les femmes sont reconnues pour leur endurance : plus la distance est grande, plus elles sont performantes. On en a eu la preuve éclatante. »

La nouvelle championne, enseignante de sciences de profession, a bouclé le parcours plus de 10 heures avant son plus proche poursuivant, Sean Nakamura.

La boucle, qui avait comme point de départ et d’arrivée la ville de Moab, se trouve dans le désert et traverse de nombreux canyons.

Je disais que ça me surprendrait si quelqu’un finissait en bas de 60 heures…

Patrice Godin

Ce n’est pas la première fois qu’une coureuse bat tous ses homologues masculins dans une course du genre, mais c’est certainement une performance qui marquera les esprits, ce que l’aventurière québécoise Hélène Dumais voit d’un très bon œil.

Selon elle, sur de très grandes distances, « on peut oublier le genre ». En matière d’endurance pure et simple, hommes et femmes peuvent tout autant briller. Toutefois, si les hommes gagnent encore la plupart des ultramarathons, c’est à cause du « bagage socioculturel » qui entoure le sport en général.

 

« Il y a plus d’hommes dans le sport à cause de notre histoire […] La technologie, la recherche, un peu tout s’est développé plus en fonction des performances de l’homme », affirme-t-elle.

Dumais, la première femme à avoir terminé l’exigeante Nicaragua Survival Run (Nouvelle fenêtre), croit donc que la victoire de Dauwalter peut servir d’exemple et d’inspiration pour plusieurs femmes qui veulent se lancer dans les courses de longue distance.

La plupart des êtres humains ont besoin d’un modèle pour avancer.

Hélène Dumais

La victoire de l’Américaine est « inattendue et magnifique à la fois », renchérit Patrice Godin. « C’est la beauté de cette discipline : tout peut arriver! »

Patrice Godin pendant le Moab 200Patrice Godin pendant le Moab 200 Photo : Courtoisie / Patrice Godin

Abandon au quart de la course

Le Québécois est très déçu de sa propre performance. Il a abandonné après avoir parcouru environ 90 km.

« J’avais un problème au tendon d’Achille droit, j’ai marché beaucoup dans la première journée, et moralement, ça m’est rentré dedans, explique-t-il. Quand le moral et le mental sont affectés, comme ils l’étaient pour moi, c’est très difficile de se relever. »

À l’issue de ces premières heures difficiles de course, Godin s'est arrêté dans une station de ravitaillement, où il a fait une petite sieste pour essayer de remettre ses idées en place. Cependant, au réveil, il n’était pas en état de repartir, ni mentalement ni physiquement.

Plus de 48 heures après son abandon, il est encore dévasté par la tournure des événements, mais il prend aussi sa contre-performance comme une expérience qui lui permettra soit de prendre sa revanche sur ce même circuit, soit de s’attaquer à un autre de difficulté semblable à l'avenir.

En effet, pour bien réussir dans une compétition du genre, il faut qu’aucun détail ne soit laissé au hasard. En plus de mieux s’entraîner en amont de sa prochaine tentative, le comédien a noté quelques éléments, comme le poids de son sac à dos et la préparation au climat, qu’il pourra ajuster pour mettre toutes les chances de son côté.

[Le paysage] était spectaculaire et intimidant, on n’a pas ça au Québec. Le terrain ne m’a pas fait abandonner, mais je n’y étais pas prêt à 100 %.

Patrice Godin
Les paysages impressionnants du Moab 200Agrandir l’imageLes paysages impressionnants du Moab 200 Photo : Courtoisie / Patrice Godin

Arriver avec un plan

Participer à un ultramarathon n’est certainement pas quelque chose qui se planifie en quelques heures. Hélène Dumais en sait quelque chose.

La grande distance exige non seulement un entraînement spécifique, mais aussi un plan de nutrition et une stratégie par rapport au sommeil et aux moments de repos. Il faut être au courant de la température qu’il fera le jour et la nuit et se donner le temps, après l’épreuve, de récupérer.

« Un bon trois semaines, c’est pertinent pour récupérer toutes ses fonctions. Il faut prendre le temps de se reposer », explique-t-elle.

Un ultramarathon comporte aussi des dangers, puisque le manque de sommeil et la solitude peuvent avoir des effets allant jusqu’aux hallucinations. « L’athlète doit faire ses devoirs », résume-t-elle, puisqu’en cas de problème, les secours peuvent prendre beaucoup de temps à arriver.

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