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Frederico Moojen : le Brésilo-Canadien errant

Frederico Moojen

Frederico Moojen

Photo : Frederico Moojen/Facebook

Radio-Canada

À 34 ans, Frederico Moojen dispute une 14e saison chez les professionnele. Mardi, il quittera Montréal pour rejoindre son équipe de soccer intérieur à Lakeland en Floride.

Un texte d'Antoine Deshaies

Son maillot du Florida Tropics SC est le 16e à sa collection d’équipes professionnelles.

« Je ne pensais certainement pas avoir ce parcours quand j’ai quitté le Brésil à 20 ans, raconte Moojen. Je ne m’attendais pas à habiter à Montréal et à être citoyen canadien 14 ans plus tard en réalisant mon rêve d’être joueur professionnel. »

Il a déraciné ses crampons du Brésil en 2004 pour aller jouer dans la NCAA aux États-Unis.

Il a disputé deux saisons à l’Université Lincoln Memorial au Tennessee avant d'aller à Clemson en Caroline du Sud.

Entrevue avec Frederico Moojen

Il a ensuite fait le saut avec l’Impact en 2007, après trois étés à jouer pour des formations américaines, les Expos de Cocoa et le Fireball d’Augusta en Georgie. Les deux clubs ont depuis longtemps cessé d’exister.

Il a aussi foulé brièvement les terrains en Pologne, en Thaïlande et même à Oman.

« J’avais plusieurs offres de contrat en Europe et en MLS quand j’ai terminé l’université et l’Impact était la meilleure option, explique Moojen. J’ai plusieurs anciens coéquipiers qui travaillent encore là, dont Mauro Biello et Nick De Santis, mais ce n’est pas dans mes ambitions d’y travailler après ma carrière de joueur. »

Il n’a joué qu’un an avec le Bleu-blanc-noir, mais la ville de Montréal l’a marqué. Il habite ici et migre au sud l’hiver pour la saison intérieure. L’été, il joue pour Mont-Royal Outremont dans la Première Ligue de soccer du Québec, un circuit semi-professionnel.

« Pour moi c’est parfait parce que je peux habiter ici avec ma femme et mon jeune garçon et quand il commence à faire froid, on part au chaud. Ce serait plus simple de jouer pour une seule équipe toute l’année, mais j’aime à la fois le soccer intérieur et extérieur. »

Il parvient encore à gagner sa vie grâce à son sport.

« Le soccer intérieur était pas mal plus payant avant, mais je m’en tire, explique Moojen. Je joue dans la Major Arena Soccer League depuis 2007. Alors, avec mon expérience, j’ai un bon salaire. Je sais que je ne deviendrai pas l’homme plus riche au Canada avec ça, mais ça marche, c’est parfait. »

Le soccer intérieur sur mesure pour lui

À 34 ans, Frederico Moojen est devenu une sorte de Reggie Dunlop du soccer. Il est à la fois joueur et entraîneur adjoint de son club floridien.

Il doit sa longévité sur le terrain à ses talents de marqueur. Il ne court plus aussi vite que ses collègues dans la vingtaine. Plus il est proche du but, plus il excelle. Il est imposant sur le terrain.

« Mon expérience m’aide à marquer des buts, explique-t-il. Je suis l’attaquant de possession et je distribue le ballon à mes coéquipiers pour qu’ils marquent. »

Il en a lui-même marqué 17 en 19 matchs la saison dernière.

 

Il est un modèle de longévité dans une ligue où les franchises naissent et disparaissent rapidement. Il a eu la chance de jouer pour de bons propriétaires, à une exception.

« En 2010, je suis rentré de Pologne pour jouer au Nebraska, raconte-t-il. On était plusieurs joueurs expérimentés, ça allait bien et j’avais un bon salaire. Un jour notre propriétaire mexicain est entré dans le vestiaire en pleine saison pour nous dire que nos chèques de paie seraient déposés avec quelques jours de retard. Personne ne l’a revu. La ligue a dû payer nos salaires et l’équipe a ensuite été dissoute. »

Citoyen canadien et membre de l’équipe nationale

Devenu citoyen canadien, il a même été sélectionné par l’équipe nationale de futsal. Moojen a participé aux qualifications de la Coupe du monde en 2016.

De son œil brésilien, il voit les progrès du sport au pays depuis son arrivée il y a 10 ans.

Il voit de plus en plus de jeunes jouer dans la rue ou au parc, comme dans son pays d’enfance.

« Le soccer progresse, mais il faut continuer de former de bons entraîneurs, explique Moojen. On doit avoir de plus en plus d’entraîneurs certifiés plutôt que des parents bénévoles. »

Lui-même envisage un jour de devenir entraîneur à temps plein. Mais pour l’instant, il entend poursuivre sa garde partagée entre le Québec et les États-Unis encore quatre ou cinq ans.

Peut-être ensuite, il deviendra entraîneur à temps plein.

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