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Une ex-ministre de la Culture de la France dirigera l'UNESCO

Audrey Azoulay parle aux médias au siège social de l'organisation, à Paris.
Audrey Azoulay, tout juste élue nouvelle directrice générale de l'UNESCO, parle aux médias. Photo: Reuters / Philippe Wojazer
Radio-Canada

La Française Audrey Azoulay a été élue vendredi à la direction générale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), pour un mandat de quatre ans.

Les 58 membres du Conseil exécutif de l’UNESCO ont ainsi préféré cette femme de 45 ans au représentant qatari Hamad Ben Abdelaziz Al-Kaouari, par 30 voix contre 28.

Mme Azoulay succède à la Bulgare Irina Bokova, qui avait été la première femme à diriger l'organisation onusienne, basée à Paris.

Ce choix doit maintenant être validé par la conférence générale des États membres le 10 novembre.

Cette nomination survient à un moment de crise pour l’organisation, qui a perdu deux de ses membres jeudi, les États-Unis et Israël. Les deux pays ont annoncé qu’ils se retiraient de l’organisation à quelques heures d’intervalle, en raison de positions de l’UNESCO qu’ils jugent anti-israéliennes.

Audrey Azoulay devra également tenter de régler les difficultés de financement de l’agence, ainsi que les divisions internes sur la présence de la Palestine à titre d’État membre.

Après l’annonce de sa nomination, Mme Azoulay s’est tout de suite exprimée sur la crise que traverse l’UNESCO, affirmant que les pays membres de l'organisation devaient s’y « impliquer, chercher à la renforcer, et non pas la quitter ».

Elle a répété que la « première chose à laquelle elle s'attacherait » serait « de restaurer la crédibilité » de l'organisation « et la confiance des États membres ».

Audrey Azoulay veut renforcer l'action de l'organisation en faveur de l'éducation, « ferment de développement et d'égalité entre les sexes », et promet de refonder son ambition culturelle et d'en faire un acteur de référence du développement durable.

« Il faut poursuivre les efforts afin qu’elle [l’UNESCO] puisse être plus présente sur le terrain, au plus près des États et des populations », a-t-elle souligné.

« Léon Blum disait que l'UNESCO devait être la « conscience » des Nations unies. C'est bien cela que nous devons retrouver » a aussi déclaré la nouvelle directrice.

Les États-Unis et Israël quittent le navire

Selon la directrice générale sortante de l’UNESCO, Irina Bokova, les États-Unis et Israël ont porté « un coup dur » à l’organisation en annonçant leur départ de celle-ci.

Washington, qui souhaite tout de même y conserver un statut d’observateur permanent, avait déjà averti l’UNESCO en juillet dernier de son intention de revoir ses liens avec elle.

« Cette décision n'a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des États-Unis concernant l'accumulation des arriérés à l'UNESCO, la nécessité d'une réforme en profondeur de l'organisation, et ses partis-pris anti-israéliens persistants », a indiqué le département d’État américain par voie de communiqué jeudi.

Les États-Unis et Israël avaient déjà suspendu leur contribution financière régulière à l’organisation il y a six ans, quand la Palestine y avait été admise, ce qui avait eu pour effet de lui retrancher près du quart de son budget.

Les États-Unis s'étaient aussi déjà retirés de l'UNESCO dans les années 1980 parce que Washington critiquait la gestion de l'agence et estimait qu'elle était utilisée à des fins politiques. Ils avaient réintégré l’institution en 2003.

Le Canada partage certaines inquiétudes américaines

Selon une porte-parole d'Affaires mondiales Canada, le gouvernement canadien « partage également de vives préoccupations des États-Unis en ce qui concerne le fait qu'Israël ait été particulièrement ciblé par les critiques dans le cadre de décisions prises par l'UNESCO ».

Le gouvernement canadien se dit déçu du retrait des États-Unis et d’Israël, mais il affirme qu’il est « hors de question » qu’il suive leur exemple. Il dit croire qu’il « vaut toujours mieux être à la table » des grandes organisations internationales.

Quant à la représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada à l'UNESCO, Julie Miville-Dechêne, elle affirme elle aussi être déçue du départ des Américains et des Israéliens. Elle a cependant refusé de se prononcer sur le préjugé anti-israélien reproché à l'agence des Nations unies.

Qui est Audrey Azouley?

Issue d'une famille juive marocaine, Audrey Azoulay est la fille de l'écrivaine Katia Brami et de l'économiste André Azoulay. Conseiller des souverains marocains Hassan II et Mohammed VI, André Azoulay prône le dialogue interreligieux et milite pour la création d'un État palestinien au côté d'Israël.

Conseillère pour la culture du président français François Hollande entre 2014 et 2016, Mme Azoulay avait été nommée ministre de la Culture et de la Communication entre 2016 et 2017.

Bardée de diplômes, la nouvelle tête de l'UNESCO possède une maîtrise des sciences de la gestion de l'Université Paris-Dauphine et une maîtrise en administration des affaires (MBA) de l'Université de Lancaster, au Royaume-Uni. Elle a de plus étudié à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po), puis à l'École nationale d’administration (ENA).

Ses collaborateurs saluent son énergie sous une apparente discrétion, sa passion érudite du cinéma (elle fut neuf ans au Centre national du cinéma), et son sens de la diplomatie.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, et La Presse canadienne

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