•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avoir son chien comme coéquipier

En 1979, l'incendie d'un train transportant des produits dangereux a forcé l'évacuation des résidents de Mississauga, en Ontario.

Radio-Canada

On dit souvent que le chien est le meilleur ami de l'homme. Certains poussent la relation avec l'animal assez loin et font même de leur quadrupède un partenaire de compétitions sportives.

Un texte d'Antoine Deshaies

Au Québec, la Fédération des sports canins attelés compte environ 500 membres. Les compétitions de canicross, de bikejoring ou encore de ski-joring se multiplient partout dans la province.

Le 30 septembre dernier, au parc équestre de Bromont, environ 200 athlètes étaient au départ des différentes épreuves du championnat Sirius de sports canins.

Dès 8 h, la directrice de la course, Geneviève Baril, a livré ses dernières consignes et recommandations aux participants. Le parcours en forêt comptait quelques sections techniques.

Baril, elle-même une coureuse émérite, est propriétaire de Sirius Sports Canins, une entreprise qui organise une dizaine de courses chaque année.

« J'adore voir le bonheur et l'excitation des chiens et des participants avant la course, confie-t-elle. J'ai vu beaucoup de gens avec le sourire aujourd'hui, et c'est très valorisant. »

Au menu du jour, des courses de canicross, de bikejoring et de scooter. En canicross, les chiens sont attachés par des harnais et reliés à la taille des coureurs par une corde élastique. En bikejoring, la corde est attachée au cadre du vélo. Selon le même principe, deux chiens tirent une trottinette géante dans l'épreuve du scooter.

La contribution des animaux à la performance humaine est importante.

« En bikejoring, sur une piste assez longue où on monte jusqu'à cinq kilomètres, le chien relance notre cadence lorsqu'on relâche un peu, explique Maude Lapointe, présidente de la Fédération québécoise des sports attelés et athlète qualifiée pour les Championnats du monde. On peut aller chercher cinq minutes de moins avec le chien par rapport à une performance en solo. »

En canicross aussi, le chien peut jouer un rôle considérable.

« Le chien est l'équivalent d'un petit moteur d'appoint, illustre Geneviève Baril. Quand on est dans les airs et qu'on défie la gravité, c'est là qu'on doit être le plus efficace dans notre foulée pour alléger la course du chien [et] profiter au maximum de sa force. »

Geneviève Baril participera aussi aux mondiaux en Pologne à la fin du mois de novembre. À 36 ans, elle est au sommet de son art. La complicité entre elle et son chien lui permet de prolonger sa carrière sportive de haut niveau.

« C'est motivant d'être capable de retrancher des secondes et des minutes à mes temps, confie-t-elle. Ça fait un certain temps que je fais de la course, et mes temps plafonnent depuis un moment. Avec Flare, ça me permet d'atteindre d'autres niveaux, de ressentir un rush d'adrénaline que je n'atteins pas seule. »

Chimie importante entre le maître et l'animal

Les adeptes des sports canins attelés sont formels : la complicité avec l'animal est la clé de la réussite.

Le chien et le coureur les plus rapides ne fermeront pas nécessairement le duo le plus rapide.

« Le lien entre le maître et l'animal fait foi de tout, explique Michaël Roux, athlète d'élite. La confiance mutuelle et la compréhension mutuelle font qu'au final on peut dire : "Wow, c'est un bel athlète qui se fait tirer par un chien" ou "Wow, c'est vraiment une belle équipe de Canicross, bike-joring ou ski-joring". »

Roux a participé à plusieurs mondiaux de canicross, de bikejoring et de ski-joring, où un chien fait équipe avec un fondeur.

Le bikejoring en action

Les chiens sont aujourd'hui au cœur de sa vie et de celle de sa conjointe Marie-Philippe Rodrigue. Enfants, ni l'un ni l'autre n'avait de chien. Aujourd'hui, le couple dans la mi-vingtaine élève six chiens qui font tous de la compétition.

« C'est vraiment un job à temps plein, confie Roux. Ce n'est pas juste de l'entraînement physique. C'est aussi de l'entraînement psychologique. Je travaille de la maison et j'essaie de passer le plus de temps avec mes chiens. »

« J'organise mon horaire de travail en fonction de nos chiens, ajoute Rodrigue, orthophoniste. On a choisi notre maison en fonction des chiens. Notre mode de vie est centré sur les chiens. »

Le couple a même modifié le véhicule familial, une fourgonnette Mercedes blanche, pour l'adapter à sa passion. La fourgonnette, isolée et ventilée, permet aux six chiens et aux deux maîtres de voyager et même de dormir confortablement lors des compétitions.

Et des compétitions, il y en a pratiquement une fin de semaine sur deux. Le couple investit environ 20 000 $ par année par passion pour les sports canins.

« Ils nous apportent tellement, confie Marie-Philippe Rodrigue. Ils nous rappellent les vertus de la simplicité. On arrive à la maison et ils sont toujours heureux. On n'est jamais seuls. »

Un sport pour tous

Toutefois, pas besoin de consacrer sa vie aux sports pour y trouver son compte.

Tous les types de chien peuvent faire équipe avec un athlète. Il suffit de choisir le bon.

Le coureur Zack Héroux, 9 ans, doit emprunter le chien du voisin.

Le sien est trop puissant et trop costaud pour lui. Sa mère Julie St-Cyr, elle-même une coureuse, prendra seulement le départ avec lui, parce que le parcours de Bromont s'élance en descente.

« Mon fils est déjà plus rapide que moi, explique-t-elle. Si ça commençait en montant, je le laisserais partir seul, mais aujourd'hui je vais courir les premiers mètres avec lui. »

Zack et son chien ont aisément franchi la distance de 2 km et ont dépassé plusieurs coureurs adultes.

« En tant qu'organisatrice, je me réjouis de voir le bonheur des chiens et des équipes, confie Geneviève Baril. »

Activités sportives

Sports