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Les sacrifices du grand frère de Samuel Girard enfin récompensés

Jérémy, Samuel, et Christopher Girard se tiennent par la taille.

Les frères Girard : Jérémy, Samuel, et Christopher

Photo : Jeremy Girard/Facebook

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Jeudi soir, lorsque Samuel Girard a marqué le premier but de sa carrière dans la LNH, ses deux frères, sa sœur et ses parents ont sauté de joie dans les gradins du Bridgestone Arena, à Nashville. « Tout ce qu'il a vécu, on l'a vécu avec lui », explique son frère Jérémy au lendemain de ce moment marquant.

Un texte de Julien Lamoureux

« C’était magique, il nous a fait vivre bien des émotions. Je ne peux toujours pas expliquer ça ce matin », poursuit-il. De deux ans l’aîné du défenseur des Predators, Jérémy a joué un rôle prépondérant dans la réussite professionnelle de son petit frère, plus prépondérant, du moins, que le frangin moyen.

 

Comme la famille Girard vivait à Roberval, environ à 1 h 30 de Saguenay, où joue l’équipe midget AAA la plus proche, inscrire un jeune à ce niveau élite est très cher. Il faut prévoir une pension et des dépenses de 10 000 $ à 15 000 $ par année.

Au moment où Samuel et Jérémy étaient d’âge midget, leurs parents les ont conviés autour de la table de la cuisine pour une discussion difficile. « Ils nous ont dit qu’il fallait prendre une décision. Il faudrait qu’un seul de nous deux aille jouer [dans le AAA]. »

La famille Girard n’a jamais roulé sur l’or. Les voyages, par exemple, ont été laissés de côté pour permettre l’inscription des enfants au hockey mineur.

« Sam avait du potentiel, on le voyait tous. Il avait fait l’équipe du Québec et les Jeux du Québec. Je me suis dit, je vais laisser mon petit frère y aller, on verra ce qui va se passer par la suite. »

« Aujourd’hui, il est rendu dans la LNH, et je suis très fier. »

C’était le plus beau moment de ma vie.

Jérémy Girard, au sujet du but marqué par Samuel jeudi soir

Si Jérémy a des regrets, il ne le laisse pas paraître. « Chez nous, on est six [quatre enfants et deux parents], et chacun a dû faire des sacrifices. C’est comme une équipe de hockey : s’il y en a un qui n’embarque pas, ça ne va pas marcher. »

« Dans notre famille, tout le monde est embarqué, et aujourd’hui, on est les six à Nashville, avec nos conjoints et nos conjointes, on a vécu que de belles émotions », raconte-t-il au téléphone de l’aéroport avant son départ du Tennessee vers le Québec.

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Samuel Girard tient la rondelle qui a servi à marquer le premier but de sa carrière.

Samuel Girard marque son premier but dans la LNH

Photo : NHLi via Getty Images / John Russell

Une carrière plus modeste

Si les choses s’étaient passées autrement ─ en imaginant, par exemple, que Jérémy n’ait pas eu à choisir entre sa carrière et celle de Samuel ─, le principal intéressé ne sait pas s’il serait aujourd’hui lui aussi dans le meilleur circuit de hockey au monde.

Le sport est un monde très dur, rappelle-t-il, qui demande beaucoup de sacrifices et dont on ne peut prédire l’issue.

Ceci étant dit, le hockey fait toujours partie de sa vie. Il joue cette année avec les Élites de Jonquière AA pour sa dernière saison junior. « Je m’amuse avec mes amis, j’ai une copine, c’est plus tranquille, j’ai une job… », relate-t-il.

Jérémy mentionne avoir reçu un appel d’une équipe française professionnelle au début de l’été. Il ne sait pas où tout cela va le mener, mais il reste ouvert. Il est surtout serein, puisque peu importe ce qui se produit, il peut vivre par procuration une carrière de hockey grâce à son frère.

La famille Girard dans le vestiaire des Predators après le premier match de Samuel dans la LNH, mardiAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La famille Girard dans le vestiaire des Predators après le premier match de Samuel dans la LNH, mardi

Photo : Facebook / Tony Girard

P.K., Ryan et Mattias

Il a d’ailleurs eu la chance de visiter un vestiaire de la LNH en compagnie de sa famille après le premier match de la carrière de Samuel mardi. Un match au cours duquel ce dernier a récolté une passe, pendant que ses parents, ses deux frères et sa sœur pleuraient d’émotion dans l’aréna.

En rencontrant les coéquipiers de la recrue des Predators, Jérémy a découvert des joueurs intéressés au succès de leur coéquipier. « Les meilleurs joueurs de l’équipe, P.K. [Subban], Mattias Ekholm, Ryan Johansen, ils en prennent soin, ils lui donnent des conseils. »

Toute la famille a d’ailleurs apprécié la personnalité de l’ancien défenseur du Canadien. « La première chose que P.K. a dite, vu qu’il savait que ma sœur tripait dessus, c’est : "Elle est où ta sœur? Je vais prendre une photo avec elle!" »

L’enthousiasme de Subban était également en évidence jeudi. Après que le tir à la volée de Samuel eut fait scintiller la lumière rouge derrière Ben Bishop, l’exubérant défenseur n’a pas mis de temps à sauter sur place, puis dans les bras de son jeune coéquipier.

On ne sait pas encore si Girard passera la saison en entier à Nashville. D’ici à la décision de l’entraîneur Peter Laviolette, Jérémy savoure chaque instant.

Et s’il fait la route de Roberval à Montréal, à la mi-février, pour voir son cadet sur la glace du Centre Bell, ce sera tant mieux.

PK Subban et Samuel Girard Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

PK Subban et Samuel Girard

Photo : Getty Images / Frederick Breedon

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