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En ce vendredi 13, souffrez-vous de paraskevidékatriaphobie?

Un homme est couché dans un lit, les yeux grands ouverts.

Certaines personnes n'osent même pas sortir de la maison un vendredi 13

Photo : iStock / chameleonseye

Radio-Canada
Mis à jour le 

Certaines personnes craignent le vendredi 13 et l'associent à la malchance. Ça va même parfois jusqu'à se transformer en paraskevidékatriaphobie, une phobie maladive.

Un texte d'Ève Christian

Ce grand mot qui vaudrait cher au scrabble vient des mots grecs « vendredi », « 13 » et « peur ».

Associer la malchance au vendredi 13 est un bel exemple de superstition ou de la prédisposition qu’ont certains de croire que des mots, des pensées ou des actions vont produire un résultat qui défie les lois normales de cause à effet.

Selon Philips Stevens Jr, anthropologue à l’Université de Buffalo qui étudie les cultures et les religions, cette superstition ou, comme il préfère le formuler, cette « pensée magique », remonte au Moyen-Âge et fait référence au dernier repas de Jésus.

Le Nouveau Testament décrit qu’à cette occasion, Judas, l'un des 12 apôtres, livra Jésus au gouverneur romain Ponce Pilate, qui ordonna sa crucifixion le lendemain, un vendredi… Notons qu’ils étaient 13 à dîner; c’est d’ailleurs de là que viendrait la superstition qui veut qu’être 13 à table porterait malheur.

Cette superstition aurait commencé avec le christianisme, mais elle s’est ensuite répandue aux cultures occidentales, sans égard aux religions. On pense par exemple au 13e étage, qui est absent de certains édifices et hôpitaux, tout comme la porte 13 des aéroports ou la 13e rangée des avions.

Mais à part la Bible, il y a d’autres sources qui expliqueraient la phobie du vendredi 13.

Frigga, à l’origine de cette phobie

Dans la mythologie nordique, on évoque Frigga, l’épouse d’Odin, dieu des guerriers. Cette déesse de l’amour et de la fertilité était célébrée le vendredi (le mot anglais Friday viendrait de cette célébration).

Mais pour la religion chrétienne, à laquelle se sont convertis les pays du Nord aux 10e et 11e siècles, Frigga est une sorcière et est donc bannie. À cette époque, les gens croyaient que pour se venger de cette peine, elle invitait le Diable et 11 sorcières, à jeter, tous les 13 ensemble, de mauvais sorts aux hommes... le vendredi particulièrement.

Chez les Romains et chez les Grecs, le 13 est considéré comme synonyme de malheur, puisqu’ayant une unité de plus, il détruit l’harmonie du 12 qui est, pour ces civilisations, un chiffre parfait : 12 mois, 12 constellations et signes du zodiaque, 12 travaux d’Hercule, 12 apôtres, 12 dieux de l’Olympe, 12 heures le jour et 12 la nuit.

Quant au vendredi, c’est un jour malheureux, car c’est celui de l'exécution des condamnés à mort dans la Rome antique.

Mais quittons la mythologie pour revenir à la vraie vie.

Un calendrier avec une punaise piquée dans la case du vendredi 13Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs personnes ont une phobie du vendredi 13

Photo : iStock

Vendredi 13, mathématiquement parlant

Plusieurs mathématiciens se sont amusés à faire des calculs concernant ces jours « maudits », depuis l’adoption du calendrier grégorien en 1582. Grâce à eux, on apprend que le 13 du mois tombe un peu plus souvent sur le vendredi que sur toute autre journée.

Et qu’il y a au moins un vendredi 13 par année, souvent 2 et plus rarement, 3. L’an dernier, il n’y en a eu qu’un seul, mais en 2015, il y en avait eu 3.

On constate que l’écart entre chaque vendredi 13 varie selon des intervalles précis de 27, 90, 181, 244, 272, 335 ou 426 jours. D’ailleurs, le plus récent écart de 27 jours s’est produit en 1998 : février et mars ont chacun eu leur vendredi 13.

L’intervalle de 426 jours, le plus long entre deux vendredis 13, s’est produit la dernière fois entre le 13 août 1999 et le 13 octobre 2000. Deux années chanceuses!

Combien de vendredis 13 annuellement?

Une année qui n’est pas bissextile et qui commence le dimanche (comme en 2017) aura toujours deux vendredis 13, en janvier et en octobre.

Par contre, si une année normale débute un jeudi, il y aura alors trois vendredis 13; en février, mars et novembre. La prochaine fois sera en 2026. En fait, pour les amateurs de pensée magique, il y aura, au cours du siècle actuel, 11 années avec un triplé de ces journées supposément malheureuses.

Et tiens, un spécial pour les férus de chiffres :

  • le premier vendredi 13 de 2017 (en janvier dernier) s’est produit exactement 39 semaines avant celui d’aujourd’hui (donc 3 X 13 semaines);
  • le premier vendredi 13 de 2018 (en avril) se produira 26 semaines (2 X 13 semaines) après celui d’aujourd’hui;
  • le suivant, en juillet 2018, arrivera exactement 13 semaines après.

Mais n’y voyons pas d’autre présage que le jeu des mathématiques.

Pour en revenir à la paraskevidékatriaphobie, ceux qui en souffrent sont sérieux : ils ne travaillent pas, ne voyagent pas, et à la limite, ne sortent pas de chez eux les vendredis 13.

Les événements malheureux des vendredis 13

Voici quelques-uns des évènements qui ont eu lieu un vendredi 13 :

  • l’attentat de Paris, le vendredi 13 novembre 2015;
  • le naufrage du Costa Concordia en Méditerranée le 13 janvier 2012;
  • l’écrasement du vol 571 de la Force aérienne uruguayenne dans la cordillère des Andes, le 13 octobre 1972.

Si on remonte plus loin dans l’histoire, le vendredi 13 octobre 1307 est notoire : le roi de France fait arrêter les chevaliers du Temple et les condamne au bûcher.

Ah oui : il semblerait aussi qu’Adam et Ève auraient croqué dans la pomme un vendredi… Ça devait être un 13...

Ève Christian 

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