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L’obésité gagne du terrain chez les enfants canadiens

Il y a 10 fois plus d'enfants et d'adolescents obèses sur la planète aujourd'hui qu'il y a 40 ans.

Il y a 10 fois plus d'enfants et d'adolescents obèses sur la planète aujourd'hui qu'il y a 40 ans.

Photo : getty images/istockphoto / kwanchaichaiudom

Radio-Canada

Selon une étude (Nouvelle fenêtre)de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a 10 fois plus d'enfants obèses sur la planète aujourd'hui qu'il y a 40 ans. Une situation où le Canada ne fait pas bonne figure avec un taux d'obésité infantile plus élevé que la moyenne mondiale. Pendant ce temps, le Nouveau-Brunswick affiche un des taux d'obésité les plus élevés du pays.

Un texte de Anaïs Brasier

En 1975, le taux d’obésité des enfants canadiens était déjà plus élevé que la moyenne mondiale, mais l’écart se creuse avec les années.

En 2016, la moyenne mondiale est de 7,79 % chez les garçons. Au Canada, c’est presque le double : 14,73 % des garçons sont obèses.

Du côté des filles, 9,92 % des jeunes Canadiennes sont obèses. La moyenne mondiale est de 5,64 %.

 

Une situation accrue au Nouveau-Brunswick

« Dans le contexte canadien, le Nouveau-Brunswick a un taux d’obésité plus élevé », lance d’emblée Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick est la quatrième province avec le plus haut taux d’obésité au Canada (26,4 %).

 

Si cette proportion ne comprend que les adultes, Stéphane Robichaud assure que la situation est aussi très inquiétante auprès des enfants de la province. « On remarque que les enfants développent des problèmes d’embonpoint de plus en plus jeunes. »

Pauvreté et sédentarité

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le haut taux d’obésité du Nouveau-Brunswick. Sonia Blaney, professeur de l’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton, donne l’exemple de la pauvreté.

« Veut veut pas, la pauvreté est souvent associée à un plus grand risque de surpoids et d’obésité. » Le Nouveau-Brunswick fait partie des provinces avec une des plus grandes proportions d'enfants pauvres au pays, selon l’organisme Canada sans pauvreté.

Stéphane Robichaud le confirme : « La malbouffe se présente souvent comme une alimentation moins coûteuse qu’une alimentation saine ».

Les collations malsaines sont souvent plus nombreuses dans les cantines des arénas que les options santé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les collations malsaines sont souvent plus nombreuses dans les cantines des arénas que les options santé.

Photo : Radio-Canada

De façon plus générale, les deux experts soulignent les dangers d’un mode de vie de plus en plus sédentaire. C’est un problème dont on parle depuis plusieurs années, mais qui continue d’empirer. « On passe plus de temps devant nos écrans, explique Stéphane Robichaud. Quand on combine les habitudes alimentaires à ça, pas de doute que c’est une recette qui mène à de mauvais résultats. »

Mieux vaut prévenir que guérir

L’obésité est précurseur de nombreux problèmes de santé, dont l’hypertension, les maladies cardiaques, certains cancers et le diabète, explique Stéphane Robichaud.

Avec l’obésité infantile en croissance, ces maladies apparaissent de plus en plus tôt chez les Néo-Brunswickois.

On remarque de plus en plus que la prévalence du diabète va se manifester à un jeune âge. Avant on ne voyait pas ça chez les enfants.

Sonia Blaney, professeur de l’École des sciences des aliments, de nutrition et d’études familiales de l’Université de Moncton

Par ailleurs, une fois adulte, il devient de plus en plus difficile de perdre du poids, selon Stéphane Robichaud. « Ce qu’on a constaté dans les dernières années, c’est que pour les personnes obèses, le corps humain s’adapte à ce poids-là et le voit comme la norme. Ça devient excessivement difficile, voire impossible, de revenir à un poids santé, peu importe les régimes et l’exercice. »

C’est comme les maladies chroniques : mieux vaut les prévenir, mais une fois qu’elles sont là, il faut apprendre à vivre avec. Il faut donc renverser l’obésité chez les jeunes le plus tôt possible.

Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick

La prévention est donc essentielle, mais ne semble pas être une priorité, selon Sonia Blaney. « On a beaucoup de papiers, de documents, de politiques et de stratégies, comme la fameuse politique 711 (Nouvelle fenêtre) au Nouveau-Brunswick sur la nutrition et l’alimentation en milieu scolaire. Mais le système de suivi pour vérifier si ces plans sont appliqués ou s’ils ont un impact est plus ou moins efficace ».

« Les budgets en prévention sont limités, ajoute-t-elle. Le plus gros des budgets va dans le curatif. »

Nouveau-Brunswick

Obésité