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Rouler avec un vélo électrique modifié, c’est illégal et dangereux

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Gros plan sur les guidons

Un vélo électrique modifié

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un concessionnaire de scooters de Montréal offre de modifier ses vélos électriques pour qu'ils aillent plus vite que les 32 km/h réglementaires. C'est une pratique illégale, qui peut être risquée pour les utilisateurs.

Un texte de Benoît Giasson, de La facture

Les vélos électriques sont de plus en plus présents sur nos routes. Certains ressemblent davantage à de petites motos ou des scooters, comme le modèle Emmo Knight GTS, vendu au Canada.

Ces véhicules entrent dans la catégorie des vélos électriques, puisqu’ils ont des pédales, un guidon, un moteur de 500 W et qu’ils ne peuvent rouler à plus de 32 km/h sur le plat.

L’Emmo Knight GTS, comme d’autres modèles, a cependant la capacité de rouler plus vite si le limiteur de vitesse est désactivé. Ce serait une pratique répandue, même si c’est illégal.

Un concessionnaire de Montréal, Touchette Scooters, offre d’ailleurs cette modification à ses clients, selon ce que nous avons obtenu lors d’un tournage effectué à caméra cachée par un acheteur fictif, membre de l’équipe de La facture. Nous avons demandé au vendeur s’il fallait choisir un autre modèle si on voulait aller plus vite. Voici ce qu’il nous a répondu :

Non, il y a des modèles ici qu'on peut juste déconnecter. L'ordinateur, c'est modifié un peu. Ça prend une heure d'ouvrage et on peut vous le faire. On va faire la modification pour vous.

Kamel Boukdjadja, directeur des ventes chez Touchette Scooters

Un client se dit floué

Le Montréalais Fadi Hajj a acheté son Emmo Knight GTS chez Touchette en avril dernier. Il explique que lors de l’achat, le vendeur lui a offert de désactiver le limiteur de vitesse. Selon lui, c’est le mécanicien de Touchette qui aurait effectué la modification.

Fadi HajjAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Fadi Hajj, propriétaire d'un vélo électrique Emmo Knight GTS

Photo : Radio-Canada

Fadi Hajj croyait ainsi pouvoir faire immatriculer le véhicule dans la catégorie des scooters, qui peuvent aller jusqu’à 70 km/h. Mais la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a refusé parce que ce modèle n’est pas homologué dans cette catégorie.

Dès que j'ai constaté que ce n'était pas légal, j'ai voulu le ramener, mais le concessionnaire ne veut rien savoir.

Fadi Hajj

Fadi Hajj n’a pas voulu utiliser son véhicule de peur d’être intercepté par la police. Son vélo neuf, qu’il a payé 3900 $, ne lui est d’aucune utilité et demeure stationné dans son garage depuis six mois.

Une amende de 100 $ à 200 $

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), le véhicule ainsi modifié devient illégal. « Les bicyclettes assistées doivent respecter la norme du fédéral, en deçà de 32 km/h sur le plat naturellement », explique l’inspecteur Vincent Richer, du SPVM. Le contrevenant s’expose à une amende de 100 $ à 200 $.

Vincent RicherAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'inspecteur Vincent Richer, du SPVM

Photo : Radio-Canada

Pour la SAAQ, le vélo électrique modifié est non seulement illégal, mais peut aussi représenter un risque pour la sécurité routière. « Si c’est fait pour 32 km/h, peut-être que le comportement dynamique du véhicule pourrait être dangereux », craint Gaétan Bergeron, directeur de l’expertise et de la sécurité des véhicules à la SAAQ.

Malgré notre tournage avec caméra cachée, la direction de Touchette Scooters soutient qu’elle ne fait jamais de telles modifications. Elle refuse de rembourser son client Fadi Hajj et l’accuse de nous avoir menti.

De son côté, Fadi Hajj compte intenter prochainement un recours aux petites créances contre le concessionnaire Touchette Scooters.

Le reportage de Benoît Giasson et France Larocque est diffusé le 17 octobre à l’émission La facture sur ICI Radio-Canada Télé.

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