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L'équipe nationale masculine de water-polo s'installe à Montréal

Les joueurs canadiens célèbrent un but contre le Brésil aux Championnats du monde de 2017.
Les joueurs canadiens célèbrent un but contre le Brésil aux Championnats du monde de 2017. Photo: Associated Press / Szilard Koszticsak
Radio-Canada

Water Polo Canada centralise ses opérations. Les membres de l'équipe nationale masculine retrouveront en effet leurs collègues féminines à l'Institut national du sport du Québec (INS Québec) à Montréal.

Un texte de Michel Chabot

Installés à Calgary depuis deux décennies, les hommes déménageront leurs pénates au cœur du Parc olympique dès l’automne 2018.

C’est la qualité des installations de l’INS qui a fait pencher la balance du côté de Montréal.

« Nous allons pouvoir optimiser leur temps à Montréal, affirme Martin Goulet, directeur général de Water Polo Canada. À Calgary, le centre national est spécialisé dans les sports d’hiver. La piscine est dans un centre semi-privé, alors nos athlètes doivent se déplacer à droite et à gauche. Ils doivent aller dans des installations différentes pour la musculation et dans un autre endroit pour les soins médicosportifs. »

C’est sûr que c’est vraiment positif. Ça fait huit ans que je suis parti et revenir c’est vraiment excitant. Énormément de gens de mon entourage ne m’ont jamais vu jouer. Beaucoup seront contents de venir me voir.

Nicolas Constantin-Bicari, capitaine de la formation

Cette décision permettra aussi au Montréalais d'étudier davantage. À 25 ans, il amorce tout juste ses études en administration à l’UQAM. Parti pour l’Alberta à 17 ans, Nicolas Constantin-Bicari a passé ses premières années là-bas à maîtriser la langue de Shakespeare, laissant ses études en veilleuse.

Pour les athlètes anglophones de l’équipe, ce déménagement n'est peut-être pas une aussi bonne nouvelle, même si la métropole québécoise compte deux universités anglophones.

« Certains d’entre eux font face à certains défis, admet Martin Goulet. On l’a annoncé à l’interne il y a six mois. On leur a donné un an et demi pour qu’ils puissent s’occuper des aspects académique, personnel et familial. En général, c’est très bien accueilli. Les gens voient que la décision est basée sur une analyse rigoureuse. »

Un stimulant pour les femmes

Pour les filles, cette décision ne change rien concrètement, mais côtoyer les hommes leur apportera une motivation supplémentaire.

« Il va y avoir plus d’actions dans la piscine et le gym, croit Krystina Alogbo, l’une des meilleures joueuses du pays. Ça augmente le niveau de jeu, de professionnalisme et d’expérience dans l’eau. Ça va nous aider de voir combien d’efforts vont mettre les garçons chaque jour. »

La très jeune équipe féminine du Canada a connu du succès cette année, notamment avec une 4e place lors des mondiaux, en juillet à Budapest. Même l’entraîneur Theocharis Pavlides s’est dit surpris que la jeune équipe, qu’il a prise en charge l’année dernière, ait connu autant de succès en 2017.

« L’entraîneur a raison, c’est peut-être arrivé trop vite, mais c’est à nous de bien réagir, dit Alogbo, membre de l’équipe depuis 2005. C’est à nous les vétéranes de partager ce qui nous est arrivé en 2009 [médaille d’argent aux mondiaux, NDLR] et de rester concentrées. »

Les Canadiennes abordent donc avec optimisme l'avenir et pensent pouvoir se rendre aux Olympiques pour la première fois depuis ceux de 2004. Et comme 10 équipes pourront maintenant se qualifier, deux de plus qu’auparavant, ces espoirs semblent réalistes.

Je me rappelle, moi, le rêve olympique était là depuis que les femmes l’ont fait en 2000 et 2004. C’est sûr que de ramener ce rêve-là, pour le futur du water-polo ce serait l’idéal.

Krystina Alogbo

La verte brigade masculine

Chez les hommes, plusieurs nouveaux visages sont aussi apparus en ce début de cycle olympique. Mais les résultats aux Championnats du monde ont été beaucoup moins satisfaisants que pour leurs consoeurs.

« Nous avons fini 15es, ce qui n’est vraiment pas bon, admet Constatin-Bicari. Mais le travail que nous avons fait pour mettre la première roche du cycle de quatre ans était exceptionnel. Nous avons fait quatre tournois avec de grosses équipes et les jeunes ont absorbé l’expérience et on a vraiment vu un progrès du jour 1 à la fin de l’été. »

Le colosse de 1,93 m (6 pi 4 po) et 108 kg (236 lb) se désole encore que le Canada ait raté les Jeux de Rio en raison d'une défaite de 8-7 aux mains de l’Espagne. Mais il est aujourd’hui encouragé par la philosophie du nouvel entraîneur Giuseppe Porzio.

« C’est un gagnant, il est confiant, il sait ce qu’il fait et il a une expérience incroyable. Le petit deux mois que nous avons passés ensemble m’a donné la piqûre de travailler avec lui. »

Quand, comment et où les qualifications olympiques se dérouleront-elles? Mystère et boule de gomme. On en saura plus à une grande conférence mondiale qui devrait être organisée, possiblement en février, à un endroit encore inconnu.

« C’est un peu difficile présentement en termes de planification pour nos entraîneurs, explique M. Goulet. On peut quand même faire l’hypothèse que le tournoi de qualification olympique aura lieu en mars ou avril 2020. Mais on espère qualifier nos hommes et nos femmes lors des Jeux panaméricains à Lima en 2019. »

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