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Privatisation en santé au Nouveau-Brunswick : « On est en train de se faire plumer »

Radio-Canada

Un autre autre groupe s'oppose farouchement à la privatisation de la gestion du programme de soins extramural et de télésoins au Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement a annoncé au début de septembre sa décision de regrouper le programme extramural et de télésoins avec les services d'Ambulance Nouveau-Brunswick dans un nouvel organisme géré par l'entreprise Medavie.

La Société des enseignantes et enseignants retraités francophones du Nouveau-Brunswick y voit un recul pour la communauté francophone en matière de gestion de ses soins de santé.

« Toute la question de la gestion de la santé en français au Nouveau-Brunswick à l’heure actuelle est en train de s’effriter. Ç’a commencé avec les buanderies. Là, ç’a été au niveau des entretiens, des repas. Là, c’est rendu dans l’extramural. À l’heure actuelle, nous sommes en train, en tant que francophone, de perdre cette gestion-là. On est en train de se faire plumer, une plume à la fois, avec les décisions qui sont prises présentement par le gouvernement », lance Roger Doiron, directeur général de la Société des enseignantes et enseignants retraités francophones du Nouveau-Brunswick.

Le programme extramural marchait déjà très bien sous le Réseau de santé Vitalité, et il n'y a aucune bonne raison de transférer sa gestion au privé, selon Roger Doiron. Il demande au gouvernement de revenir sur sa décision.

On demande littéralement de faire marche arrière et de s’assurer que l’on offre à la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick la gestion de son système de santé.

Roger Doiron, directeur général de la Société des enseignantes et enseignants retraités francophones du Nouveau-Brunswick

Des changements bénéfiques pour les patients, selon le ministre

Le ministre de la Santé Benoît Bourque continue d’affirmer que la privatisation de la gestion de l'extramural va améliorer les soins à domicile pour les patients. Il estime notamment que les patients auront accès à des services inexistants aujourd'hui grâce à une meilleure coordination des soins à domicile.

« Anciennement, ils travaillaient en silos. Là, ils pourront travailler ensemble. Ils pourront, et j’aime donner l’exemple d’un patient de l’extramural qui téléphone à télésoins. Si, quand il parle à l’infirmière qu’ils ne sont pas tout à fait capables d’avoir l’évaluation, l’infirmière pourra communiquer avec un travailleur paramédical. S’il n’est pas dans un appel d’urgence, il sera en mesure de se rendre au domicile et compléter l’évaluation et potentiellement un diagnostic. Ce sont des choses absolument impossibles de faire dans le système actuel », explique Benoît Bourque.

Le gouvernement lancera la semaine prochaine des séances d'information pour répondre aux questions des gens sur les changements à venir.

Inquiétude chez les personnes âgées

Les changements annoncés préoccupent plusieurs intervenants rassemblés la semaine dernière à Campbellton pour une activité axée sur le mieux-être.

« Nos membres s'inquiètent de la question de la privatisation parce que quand on parle de privatisation, on s'inquiète du niveau de service qu'on va recevoir. Est-ce qu'on va avoir le service en français? », explique Samia Awad, présidente du Club des aînés de Notre-Dame-des-Neiges.

Les personnes âgées souhaitent vivre dans leur domicile le plus longtemps possible. Quand la maladie frappe, le personnel de l'extramural apporte un soutien fort apprécié.

« Je trouve que ce qui fonctionne bien, il ne faut pas le déranger. Puis, on aimerait bien le garder comme que c'est. L'inconnu est là parce qu'on ne sait pas comment ça va être quand ça va être privatisé », affirme Lisette Laviolette.

Lisette Laviolette a bénéficié de cette aide avant le décès de son époux, il y a quelques années. « Une différence qu'on a pu le garder à la maison. Autrement, il aurait été obligé d'être hospitalisé », souligne-t-elle.

Des aînés du Nouveau-Brunswick ne sont pas convaincus de la privatisation du programme de soins extramural

Norma LeBlanc a aussi bien aimé l'aide de l'extramural lorsqu'elle souffrait d'une fracture à un bras il y a cinq ans. Elle comprend mal ce qui a motivé la décision du gouvernement. Elle a surtout peur pour la qualité des soins.

« Peut-être qu'ils auront moins de bons employés qu'on a maintenant aussi parce qu’ils vont peut-être éliminer des choses que le gouvernement nous donne et qu'eux autres ne le donneraient pas parce qu'ils diraient que ça coûte trop cher », affirme Norma LeBlanc.

« Ça ne coûtera pas moins cher, ça va coûter plus cher. Donc, où est la logique », ajoute Samia Awad.

Avec des informations de Catherine Dumas et de Serge Bouchard

Nouveau-Brunswick

Société