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Les caméras de surveillance autorisées dans les CHSLD

Des aînés en perte d'autonomie dans un CHSLD
Les usagers des CHSLD auront bientôt le droit d'installer des caméras de surveillance dans leur chambre. Photo: Radio-Canada / courtoisie SAMS

Les usagers des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) pourront bientôt installer des caméras de surveillance dans leur chambre, et ce, à l'insu des dirigeants de l'établissement et des employés qui y travaillent.

Un texte d'Annie Hudon-Friceau

Le gouvernement du Québec vient de rendre public son projet de règlement visant à encadrer la pratique. Les usagers et leur famille devront respecter certaines règles :

  • l'installation de caméra devra se faire dans le but d'assurer la sécurité de l'usager ou de s'assurer de la qualité des soins, notamment afin de repérer un cas de maltraitance;
  • l'identité des personnes qui se retrouvent sur ces images devra être protégée, sauf en cas de dénonciation;
  • les enregistrements devront être détruits une fois leur utilisation terminée.

Une victoire pour les usagers

Les comités des usagers applaudissent ce projet de règlement qui respecte l'essentiel de leurs revendications.

« Nous, on demandait que ce soit l'usager lui-même qui décide, le résident qui décide de mettre une caméra dans sa chambre, parce qu'un CHSLD, c'est une résidence de la personne, et chez soi, on peut faire ce qu'on veut », souligne Pierre Blain, le directeur général du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU).

L'autre chose qui est importante : le résident n'aura pas besoin d'identifier que dans sa chambre il y a une caméra. Ça sert à quoi d'avoir une caméra de surveillance si tout le monde sait qu'on les surveille? C'est une grande victoire.

Pierre Blain, directeur général du RPCU

Le règlement prévoit que l'établissement aura la responsabilité de signaler la présence de caméras de surveillance à l'entrée de l'immeuble, sans préciser où elles se trouvent.

Des syndicats inquiets

Bien qu’elle soit mieux accueillie que prévu par le milieu syndical, la mesure suscite tout de même certaines craintes.

Le syndicat qui représente bon nombre de préposés aux bénéficiaires craint notamment que les images soient utilisées à mauvais escient. « Si jamais il y a moyen de s'asseoir avec l'employeur et dire on va s'en servir comme outil pour améliorer les choses, parfait », avance Jeff Begley, le président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Mais si c'est utilisé comme un bâton pour continuer de fesser sur la tête du personnel, ça, ça nous préoccupe.

Jeff Begley, le président de la FSSS-CSN

Le règlement sur les caméras de surveillance devrait entrer en vigueur d'ici la fin de l'année.

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