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Le CISSS de la Côte-Nord s'inquiète de la commercialisation du Four Loko

Un établissement de Sherbrooke offre du Four Loko.

Plusieurs établissements de la Côte-Nord font eux-même la promotion du Four Loko.

Photo : Radio-Canada / Auteur : Martin Bilodeau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le CISSS de la Côte-Nord met en garde contre la consommation des nouvelles boissons alcoolisées de type Four Loko. Au cours des quatre derniers mois, les centres hospitaliers ont recensé deux cas de jeunes rendus inconscients par ce nouveau format de boisson alcoolisée.

Un texte de Jean-Louis Bordeleau

La boisson Four Loko se vend en canette de 568 ml, coûte environ 3,50 $, et contient 11,9 % d'alcool. La canette vendue au goût de fraise, de cerise ou de limonade contient l'équivalent en alcool de quatre bières ou verres de vin, indique le Dr Richard Fachehoun, médecin-conseil au CISSS de la Côte-Nord, en entrevue à Bonjour la Côte.

Vu que le goût est fruité, on ne sent pas vraiment le goût de l'alcool et ça donne le goût d'en boire davantage.

Une citation de : Dr Richard Fachehoun, médecin-conseil au CISSS de la Côte-Nord

Émilie Dansereau-Trahan, porte-parole de l’Association pour la santé publique du Québec, souligne que les boissons alcoolisées ne sont pas tenues d'indiquer le tableau nutritionnel. Selon elle, une canette contient 660 calories, soit davantage que deux canettes de boisson gazeuse.

« Le but du sucre, ce n'est pas pour le goût, mais pour pouvoir en boire en grande quantité », avance Émilie Dansereau-Trahan.

Des canettes de Four Loko dans un dépanneurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des canettes de Four Loko dans un dépanneur

Photo : Radio-Canada

Dr Fachehoun recommande au gouvernement d'instaurer un prix plancher en fonction du pourcentage d'alcool afin de réduire l'accessibilité. Il conseille aussi aux consommateurs de boire lentement et de ne pas nécessairement boire toute la canette.

Marketing controversé

La méthode de commercialisation du produit préoccupe le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy.

Ça reste à la frange de la légalité. Sans doute que c'est légal, mais disons que sur le plan de l'éthique et de la morale, ce n'est pas vraiment exemplaire.

Une citation de : Hubert Sacy, directeur général d'Éduc'alcool

Sur le plan de la loi, une boisson contenant 11,9 % d'alcool est toujours considérée comme un « mélange de bière avec d’autres boissons alcooliques ». Il s'agit du pourcentage maximum autorisé pour la vente en dépanneur.

L'alcool n'est un produit de consommation comme les autres. [...] Pour les jeunes, les effets sont encore plus importants.

Une citation de : Dr Richard Fachehoun, médecin-conseil au CISSS de la Côte-Nord

Certains produits équivalents contiennent même de la caféine, jouant sur la ligne entre la boisson énergisante et la boisson alcoolisée, selon Émilie Dansereau-Trahan. Elle explique que des produits contournent l'interdiction de l'ajout de caféine dans les boissons alcoolisées en ajoutant du guarana, un aromatisant contenant de la caféine naturelle.

Un panneau publicitaire, en bordure de l'autoroute.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un panneau publicitaire de Four Loko, près de Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

Phusion Projects, l'entreprise de Chicago qui distribue le produit, a répondu à Radio-Canada par voie de communiqué. « Nous utilisons les barèmes d'âge spécifiques de l'industrie pour nous assurer de rejoindre uniquement des adultes qui sont d'âge légal pour consommer de l'alcool », peut-on y lire. De plus, Phusion Projects dit prendre « très au sérieux l'obligation de mettre en marché de façon responsable la boisson Four Loko ainsi que tous [ses] autres produits ».

Législation

Dr Fachehoun estime que les conséquences liées au marketing du produit devraient inciter les gouvernements à revoir la législation en la matière.

L’Association pour la santé publique du Québec tente depuis plus de quatre ans de faire bouger Santé Canada. « On est confronté à un mur, on ne parle pas le même langage », estime sa porte-parole Émilie Dansereau-Trahan. Selon elle, la législation en place favorise l'industrie au détriment des consommateurs.

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