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Une force spéciale créée pour lutter contre la tuberculose chez les Inuits

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, Natan Obed, président de la communauté inuite Tapiriit Kanatami et la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor

La ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott, Natan Obed, président de la communauté inuite Tapiriit Kanatami et la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les Inuits et Ottawa ont lancé une force d'intervention conjointe pour s'attaquer à la crise de la tuberculose qui sévit, particulièrement dans le Nord. En 2015, le taux de tuberculose était 270 fois plus élevé chez les Inuits que celui au sein de l'ensemble de la population canadienne non autochtone.

Le groupe de travail visera à élaborer des stratégies pour s’assurer que les Inuits et Ottawa sont sur la même longueur d’ondes dans la lutte contre cette maladie infectieuse qui touche particulièrement les Inuits au Canada. Une approche inuite en matière d’éradication de la tuberculose devrait être définie en consultation avec les collectivités inuites.

« C’est un grand pas en avant (…) Nous sommes dans un moment historique, parce que le gouvernement fédéral et le leadership au sein du gouvernement fédéral ne se sont jamais engagés à travailler avec nous pour éliminer la tuberculose. »

— Une citation de  Natan Obed, président du regroupement national inuit Tapiriit Kanatami

Les experts, selon le gouvernement canadien, conviennent qu’il faut mettre l’accent sur la rupture du cycle de transmission et mobiliser les Inuits en tant que partenaires à part entière en ce qui concerne tous les aspects de la prévention et du contrôle de la tuberculose.

Le taux de tuberculose au Nunavut est 26 fois plus élevé que la moyenne nationale.
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Le taux de tuberculose au Nunavut est 26 fois plus élevé que la moyenne nationale.

Photo : CBC

La tuberculose est présente dans la population inuite depuis plus de 100 ans, a rappelé la ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott.

« Les gens font face à des barrières linguistiques. Il y a de graves pénuries d’infirmières et d’autres professionnels de la santé dans les secteurs les plus sérieusement touchés. »

— Une citation de  Jane Philpott, ministre des Services aux Autochtones

Ce groupe de travail a été annoncé au cours d’une conférence de trois jours sur la tuberculose à Ottawa la semaine dernière, à laquelle participaient notamment des représentants de Santé Canada, des experts de la tuberculose, des fournisseurs de soins de santé provinciaux et territoriaux, la ministre Jane Philpott et Natan Obed.

La pauvreté et les résidences surpeuplées des communautés de l’Arctique sont souvent montrées du doigt (Nouvelle fenêtre) pour expliquer la crise de la tuberculose. Mais des sociologues ont déjà indiqué que l’un des facteurs qui rendent la maladie si difficile à maîtriser est le souvenir de la façon dont les Inuits ont été traités dans le passé. La ministre Jane Philpott admet d’ailleurs que ces souvenirs ont un impact sur la façon dont les Inuits perçoivent la tuberculose aujourd’hui.

Des histoires qui interpellent Ottawa

En septembre, l’une des figures mondiales en matière de lutte contre le sida, Stephen Lewis, alarmait à nouveau le gouvernement fédéral sur la crise persistante de la tuberculose au Nunavut, après y avoir effectué une mission d’enquête. Selon lui, le gouvernement du territoire n’obtenait pas d’appuis suffisants pour s’attaquer à la maladie.

Matthew Kilabuk et Geela Kooneeliusie devant la tombe de leur fille.
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Matthew Kilabuk et Geela Kooneeliusie devant la tombe de leur fille.

Photo : CBC / Nick Murray


Mais c’est surtout la mort, en janvier 2017, d’une jeune Inuite (Nouvelle fenêtre) atteinte de tuberculose, Ileen Kooneeliusie, qui a remis les projecteurs sur cette crise. Après s’être plainte de maux de tête et d’essoufflement, la jeune fille de 15 ans avait été amenée au centre de santé local à Qikiqtarjuaq, puis transportée à l’hôpital d’Ottawa. Sa mère affirme qu’elle a reçu le diagnostic de tuberculose quelques heures seulement avant son décès, et ce, malgré le taux particulièrement élevé de la maladie au Nunavut.

« Quand vous entendez l’histoire d’une jeune fille de 15 ans qui est morte de la tuberculose dans cette ville en 2017, cela vous éveille aux très graves injustices qui existent encore. »

— Une citation de  Jane Philpott, ministre des Services aux Autochtones


Selon Natan Obed, depuis que l’histoire d’Ileen Kooneeliusie a été rendue publique, le ton d’Ottawa a changé car « son histoire a eu des échos ».

« Les conversations que j’ai eues avec les ministres et d’autres hauts fonctionnaires du gouvernement étaient teintées à la fois d'émotion et d'indignation. De tels faits sont inacceptables dans ce pays. (…) C’est une véritable tragédie, que des gens en viennent à mourir pour que cette situation devienne un sujet de débat national. »

— Une citation de  Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami

Initiative Nanilavut

Dans le dossier de la tuberculose, des travaux sont en cours dans l’initiative Nanilavut (« Retrouvons-les », en inuktitut) qui vise à retrouver les lieux d’inhumation des Inuits qui ont été envoyés loin de leur collectivité pour subir des traitements médicaux durant l’épidémie de tuberculose des années 1940 à 1960, mais qui ne sont jamais revenus.

Après 10 ans de travail, le gouvernement canadien se prépare d’ailleurs à publier une banque de données (Nouvelle fenêtre) renfermant certains détails sur ce qui est arrivé à ces Inuits atteints de tuberculose et amenés de force dans le sud du pays pour y recevoir des soins.

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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