•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Je les ai tuées parce qu’elles n’étaient pas innocentes » - Basil Borutski

Un homme au cheveux longs et gris est assis dans le box des accusés, les yeux fermés. Il porte également une longue barbe.

Un croquis d'audience de Basil Borutski, le lundi 2 octobre 2017

Photo : Radio-Canada / Lauren Foster-MacLeod

CBC.ca
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Basil Borutski, accusé des meurtres de trois femmes en 2015, a dit les avoir tuées « parce qu'elles n'étaient pas innocentes ». Il a fait cette déclaration lors d'un interrogatoire avec un agent de police en 2015 dont l'enregistrement vidéo a été diffusé à son procès, à Ottawa vendredi.

« Assassiner, c’est tuer quelqu’un d’innocent », avait-il aussi mentionné au sergent-détective de la Police provinciale de l’Ontario Caley O’Neill.

Cet interrogatoire a été effectué le lendemain des meurtres de Carol Culleton, Anastasia Kuzyk et Nathalie Warmderdam, le 22 septembre 2015, à trois différents endroits dans la municipalité de Wilno. Il a été diffusé devant un auditoire silencieux à la Cour supérieure de l’Ontario.

On a pu entendre l’accusé raconter à M. O’Neill sa version de ce qui s’est passé le jour des meurtres. Il sentait que Dieu était à ses côtés et qu’il lui disait où aller.

Il se sentait en danger et avait l’impression de voir à travers une caméra ou de marcher à côté de lui-même, à côté d’un zombie.

« Elles étaient coupables. J’étais innocent. Je n’avais rien fait aux yeux de Dieu. »

— Une citation de  Basil Borutski,

M. Borutski connaissait les trois victimes. Il avait entretenu des relations amoureuses avec Mme Kuzyk et Mme Warmerdam. Il avait été condamné pour des infractions à l'encontre de ces deux femmes en 2012 et en 2014.

Un premier meurtre par étranglement

Tout a commencé au chalet de Mme Culleton, a raconté M. Borutski.

« Je me rappelle avoir pensé que Dieu m’aidait, parce que quand je suis allé chez Carol, Carol est sortie dehors. Je lui ai demandé : "pourquoi tu me détestes? Pourquoi tu me fais ça?" », a-t-il relaté à M. O'Neill en chuchotant, les coudes sur la table et la tête entre les mains.

« Elle a alors fermé la porte. J’étais là, j’ai brisé la fenêtre avec mon coude, j’ai passé mon bras et j’ai déverrouillé la porte. Elle a dit : "ce n’est pas toi, Basil, ce n’est pas toi" », a-t-il poursuivi.

Il aurait ensuite pris une bobine de câble pour télévision, avant laquelle il aurait frappé sa victime avant de l’entourer autour de son cou pour l’étrangler.

Des coups de feu

Après une pause dans l'interrogatoire, M. Borutski a raconté comment il avait tué Mme Kuzyk et Mme Warmderdam.

Il s'est rendu à la maison de Mme Kuzyk, à Wilno, en Ontario, avec la voiture de Mme Culleton.

« J'ai demandé à Anastasia :"pourquoi as-tu menti en cour"? Elle a dit : "je n'ai pas menti". Et puis, le coup de feu est parti, parce que ce ne sont que des mensonges". »

— Une citation de  Basil Borutski

Le sergent O'Neill lui a alors demandé sur quelle partie de son corps il avait tiré.

« Je n'en ai aucune idée, elle est tombée », a-t-il répondu.

« Il y avait une autre fille sur place, elle avait une brosse à dents dans la bouche et elle a dit :"qui es-tu? Je vais te tuer" », a-t-il poursuivi.

Il a ensuite demandé à Dieu ce qu'il devait faire et s'est rendu à la maison de Mme Warmderdam, à Eganville.

« Je l'ai suivie... Boom. C'est tout. »

L'accusé a fourni moins de détails sur le meurtre de sa dernière présumée victime.

« Que s'est-il passé? Je suis arrivé chez elle, je suis entré, elle était assise là, elle est partie de l'autre côté, je l'ai suivie... Boom. C'est tout. Et je suis partie. C'est drôle, c'est comme si ce n'était pas moi qui avais appuyé sur la gâchette. Le fusil est juste parti », a témoigné M. Borutski.

Il a dit n'avoir vu personne d'autre sur place.

Borutski reste silencieux en cour

Le procès doit se poursuivre pour 17 semaines.

L'accusé se représente lui-même, n'ayant pas voulu d'avocat. Il a refusé de plaider coupable ou non coupable et même de parler, ce qui a forcé la cour à considérer qu'il plaidait non coupable.

M. Borutski est resté silencieux et sans expression dans le box des accusés vendredi, regardant l'écran, le mur ou le sol.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.