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Rafle des années 60 : des victimes albertaines choquées par la compensation proposée par Ottawa

Quatre personnes en cercle dont une qui a un tambour dans les mains devant l'assemblée législative de l'Alberta

Adam North Peigan et les autres victimes albertaines de la rafle des années 60 souhaitent des excuses des gouvernements provincial et fédéral.

Photo : Brandi Morin

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des victimes albertaines de la rafle des années 60 se disent insultées par la compensation proposée par le fédéral.

Selon le président de la Société albertaine des victimes de la rafle des années 60, Adam North Peigan, les 800 millions de dollars qui seront offerts par Ottawa aux 20 000 victimes canadiennes sont largement insuffisants pour apaiser les blessures du passé.

C’est une claque en plein visage.

Une citation de : Adam North Peigan, président de la Société albertaine des victimes de la rafle des années 60

De 1964 à 1985, des milliers d’enfants autochtones dans tout le Canada ont été enlevés à leurs familles pour être placés dans des familles d’accueil non autochtones. Un recours collectif a été lancé par les victimes en 2009 pour les préjudices psychologiques et culturels causés par ce déracinement.

« [Cette compensation] est attendue depuis longtemps, mais pour les atrocités que nous avons endurées, c’est bien en dessous de ce que nous méritons », affirme Adam North Peigan.

Adam North Peigan est né en 1964 sur le territoire autochtone de Blackfoot, dans le sud de l’Alberta. Il a été placé dans de nombreuses familles d’accueil jusqu’à l’âge de 17 ans, où il est retourné dans sa communauté. Il a alors ressenti un véritable choc culturel.

Il dit avoir souffert, comme tant d’autres victimes de la rafle des années 60, d'un fort sentiment d’abandon. Pour oublier les sévices qu'ils ont subis, certains se sont tournés vers l’alcool et la drogue.

« [Beaucoup] ne sont jamais retournés chez eux. Ils se sont enlevé la vie ou ont succombé à l’abus de drogue et d’alcool et ne sont plus avec nous aujourd’hui », souligne M. North Peigan.

Du financement pour des programmes d’aide

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a annoncé que 50 millions de dollars seront investis dans la création d'une fondation pour la guérison des survivants de la rafle. Cette somme est comprise dans le versement de 800 millions de dollars proposé.

Garth Myers, l’avocat de victimes manitobaines, saskatchewanaises et albertaines, est tout de même satisfait de la proposition de règlement du fédéral, surtout en ce qui a trait à la création de programmes d’aide.

Le but est de favoriser le changement et la réconciliation et surtout, de donner aux victimes le bien-être et la guérison [dont elles ont besoin].

Une citation de : Garth Myers, avocat

Des excuses de la province

Adam North Peigan et son groupe travaillent également en collaboration avec le gouvernement albertain afin de formuler des excuses officielles pour les victimes de la rafle des années 60.

Jeudi, le ministre des Relations autochtones, Richard Feehan, a affirmé dans un communiqué que le gouvernement s’engage à écouter les victimes et à discuter avec elles pour aller de l’avant avec la réconciliation.

 

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