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Rafle des années 60 : réactions partagées au Manitoba

Des survivants de la «rafle des années soixante» réunie lors d'une manifestation.

Des survivants de la « rafle des années 60 » rassemblés lors d'une manifestation devant le palais de justice de Toronto à l'été 2016.

Photo : La Presse canadienne / Michelle Siu

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un avocat winnipégois spécialisé en recours collectifs applaudit la décision du gouvernement fédéral de verser une indemnité financière aux victimes de la « rafle des années 60 ». Une victime manitobaine estime, en revanche, que cette indemnité ne compensera pas les années qui lui ont été volées.

« Je pense qu'il s'agit d'un jour historique », dit Garth Myers, un associé du cabinet Koskie Minsky. « Je pense que cet accord est un pas dans la bonne direction en ce qui concerne la guérison et la réconciliation entre la communauté autochtone du Canada et le pays. »

L'accord intervient après une bataille juridique de huit ans menée par des survivants ontariens. En février, un juge de la Cour suprême de l'Ontario a estimé que le gouvernement fédéral a été incapable d'éviter que des enfants issus des réserves perdent leur identité après avoir été enlevés de force à leur famille dans ce que l'on connaît aujourd'hui comme la « rafle des années 60 ».

Garth Myers représente un recours collectif formé au Manitoba et présenté en avril 2016.

Le cabinet Koskie Minsky supervise actuellement trois autres recours collectifs au nom de victimes de la rafle en Alberta et en Saskatchewan ainsi qu'un recours national en Ontario. Il existe 18 recours collectifs en cours au pays.

Garth Myers affirme que, comme l'accord fédéral est pancanadien, chaque groupe participant à un recours collectif fera une demande d'approbation de l'accord plutôt que de demander à la cour la certification du recours.

L'avocat Garth Myers, du cabinet Koskie Minsky.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'avocat Garth Myers, du cabinet Koskie Minsky.

Photo : Shelagh Howard

« Nous pensons que cet accord est dans l'intérêt des demandeurs et qu'ils obtiendront des avantages qu'ils n'obtiendraient pas en cour », explique l'avocat.

Cela comprend la somme de 50 millions de dollars réservée à une nouvelle fondation baptisée Indigenous Healing Foundation dont le mandat est de favoriser la réconciliation en permettant l'accès à l'éducation, au bien-être et aux activités commémoratives.

Garth Myers estime que la compensation d'environ 50 000 $ par victime est équitable. Avec un nombre estimé à 20 000 survivants à travers le Canada, l'accord devrait atteindre la somme de 800 millions de dollars.

En comparaison, les indemnités versées aux survivants des pensionnats autochtones s'élevaient à 10 000 $ plus 3000 $ pour chacune des années passées dans ces établissements. Les survivants victimes de violence physiques ou sexuelles ont participé au Processus d’évaluation indépendant (PEI) et reçu la somme de 111 000 $, incluant les frais juridiques.

Certains survivants estiment que l'argent n'est pas au centre des préoccupations.

« Ce n'est pas une question d'argent »

« Comment pouvez-vous recevoir un chèque de 50 000 $ et dire : " D'accord, merci. " Ce n'est pas une question d'argent », dit Philip Paul-Martin qui a été enlevé des bras de sa mère dans un hôpital en 1972 et adopté deux ans plus tard.

« Devrais-je me sentir reconnaissant du fait qu'ils m'ont enlevé et empêché de connaître ma famille et mes cousins, de parler ma langue? », s'interroge-t-il.

Il dit pourtant faire partie de ceux qui ont eu de la chance, car il a été capable de renouer ses liens avec sa famille biologique dans la Première Nation d'Attawapisktat.

Portrait de Philip Paul-Martin jeuneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Philip Paul-Martin a été au bras de sa mère à sa naissance dans un hôpital en 1972.

Photo : Photo fournie par Philip Paul-Martin

« J'apprends doucement, j'ai séjourné trois fois dans ma communauté, j'ai marché sur les routes de la réserve, frappé à la porte de la maison de mon oncle et bu du thé avec lui. On rentre finalement chez nous, on rencontre nos oncles et puis ils meurent tous, les uns après les autres et c'est à ce moment qu'on sent vraiment qu'on nous a volé notre vie » ajoute M. Paul-Martin.

 

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