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La communauté cycliste pleure la mort de Clément Ouimet

Clément Ouimet
Clément Ouimet Photo: Facebook / Clément Ouimet
Radio-Canada

Clément Ouimet avait 18 ans. Mercredi matin, il s'entraînait dans la montée Camilien-Houde à Montréal quand il a été fauché par une voiture qui tentait une manœuvre de demi-tour. Il est mort de ses blessures à la tête en soirée.

Un texte d’Antoine Deshaies

Clément Ouimet courait pour Omnipod The Pack, une équipe qui participe à des courses seniors élites au Québec, au Canada et aux États-Unis. C’est le niveau le plus élevé avant le cyclisme professionnel.

« Le décès d’un cycliste, c’est toujours une tragédie et une mort de trop, confie Louis Barbeau, directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes. Mais le choc est d’autant plus grand quand on se rend compte que c’est un membre de notre fédération, donc de notre grande famille. »

Plusieurs observateurs estiment qu’il avait le potentiel pour devenir cycliste professionnel. C'était d'ailleurs son ambition. Le jeune de 18 ans avait pris le 7e rang du Grand Prix cycliste de Charlevoix en juin dernier, la course la plus difficile de la province. Il avait aussi atteint le 10e échelon du Championnat québécois de course sur route.

« C’était un jeune homme qui faisait du cyclisme sérieusement et qui tirait bien son épingle du jeu, analyse Louis Barbeau. Il avait même participé au Tour de l’Abitibi. »

Clément Ouimet avait délaissé le hockey pour le vélo il y a deux ans. Son entraîneur était Antoine Malo, du club des Espoirs de Laval.

« Je suis en état de choc, a expliqué l'entraîneur. C'est une triste nouvelle pour toute la communauté cycliste. Il était passionné par son sport et toujours très enthousiaste. C'était l'athlète parfait pour un entraîneur. Il était toujours à l'heure et toujours concentré. »

Bruno Labelle est le gérant de l’équipe Omnipod The Pack et aussi coéquipier de Clément Ouimet.

« C’est un choc, je n’arrive pas à croire ce qui arrive et je n’ai pas digéré la nouvelle, admet Labelle. Clément avait une attitude et une énergie remarquables. Il avait une grande puissance et une grande détermination en lui. C’était très motivant de rouler à ses côtés. »

L’accident mortel est survenu dans la descente de la voie Camilien-Houde.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Clément Ouimet se trouvait derrière un véhicule utilitaire sport dans le virage entre le belvédère Camilien-Houde et le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, où des murets de béton séparent les voies de circulation.

À la fin de cette portion avec murets, l’automobiliste de 59 ans a effectué une manœuvre de demi-tour. Le cycliste a frappé le VUS de plein fouet.

« On ne connaît pas encore toutes les circonstances, mais je n’arrive pas encore à comprendre pourquoi un automobiliste a tenté de faire un demi-tour à cet endroit, ajoute Louis Barbeau. C’est interdit et c’est dangereux. Le cycliste n’a eu aucune chance. C’est incompréhensible. »

Changer la vocation de la voie Camilien-Houde?

En milieu de journée jeudi, Denis Coderre a annoncé la mise sur pied d’un groupe de travail pour revoir l’utilisation des routes qui traversent le mont Royal. Sur son compte Twitter, le maire de Montréal a ouvert la porte à ce que la voie Camilien-Houde et le chemin Remembrance ne soient plus des voies de transit.

Plusieurs voix réclament des changements depuis plusieurs années sur la vocation de ce passage souvent décrit comme une autoroute secondaire.

Louis Barbeau ne pourrait pas être plus en accord avec l’idée.

« Il y a tellement peu de circuits dédiés à l’entraînement cycliste à Montréal, explique-t-il. Le circuit Gilles-Villeneuve a été fermé une partie de l’été, et la montée Camilien-Houde représente un défi de choix. Aux yeux des cyclistes, ce passage semble parmi les plus sécuritaires. »

Cet été, la voie Camilien-Houde a été fermée à la circulation trois dimanches, de 6 h à 10 h, pour la tenue d’un Cyclovia. Ce concept, d’abord mis sur pied en Colombie, permet aux cyclistes de rouler sur des rues fermées aux automobiles pendant quelques heures.

« On a fait la demande pour organiser un Cyclovia tous les dimanches, de la mi-mai à la mi-octobre. On a parlé à Denis Coderre, à Valérie Plante et à Marc-André Gadoury, notamment. On prétend que ce serait une belle façon de montrer qu’on accorde une place aux gens qui veulent faire du vélo de façon sportive. »

La montée Camilien-Houde a une importance historique pour le cyclisme au Québec. Elle a été gravie par les cyclistes lors des Championnats du monde de 1974, des Jeux olympiques de 1976, de Coupes du monde féminines et des Grands Prix cyclistes de Montréal.

Les cyclistes des Jeux du Québec de 2016 avaient également emprunté cette voie.

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