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7 conseils pour écrire une bonne nouvelle

Enfant écrivant au tableau
Enfant écrivant au tableau Photo: iStock

La nouvelle est l'art de dire la vie en un minimum de mots. Vous vous sentez prêts à relever le défi? Mettez toutes les chances de votre côté en suivant les conseils des lectrices et lecteurs qui ont lu les textes soumis au Prix du la nouvelle Radio-Canada l'an passé à la recherche de la perle rare. 

Conseil no 1 : Ne vous contentez pas de dire les choses joliment

« Un texte doit apporter une nouvelle vision et parler à l’autre. C’est un apport culturel. » – Lélia Young

Conseil no 2 : Déstabilisez le lecteur

« Je cherche à être déstabilisé. J'aime les textes surprenants, étranges. Les textes qui s’adressent à l’intelligence du lecteur ou de la lectrice. » – Pierre-Luc Landry

Conseil no 3 : Mettez-y un peu de lumière

« J'ai été tristement étonnée par la quantité de nouvelles tragiques, pessimistes, voire horrifiantes, que les auteurs ont proposées. L'écriture doit aussi servir à exprimer le beau, à le glorifier dans sa simplicité et sa candeur. » – Sara Lazzaroni

 Conseil no 4 : Coupez les fils qui dépassent

« Généralement, je n’aime pas les chutes forcées dans les nouvelles, j’aime encore moins les fils qui dépassent et qu’on voit de loin – causalités narratives, explications trop longues, volonté de tout couvrir dans la narration, absence de rythme ou de recours à l’inventivité langagière. J’ai de la difficulté avec les nouvelles convenues – celles où, par exemple, le protagoniste se réveille à la fin et où l’on apprend que toute l’histoire n’était en fait qu’un rêve. » – Mathieu Blais

Conseil no 5 : Allez droit au but

« Une entrée in medias res est souvent beaucoup plus efficace qu’une longue entrée en matière qui place les choses petit à petit. La nouvelle, c’est un art de l’instantané, du court, de l’immédiat. Il vaut donc la peine de ne pas perdre trop d’espace dans les descriptions lourdes et inutiles d’un univers qui ne tiendra que sur quelques pages. Pour capter l’attention du lecteur, on doit commencer d’emblée avec quelque chose de fort, de punché, d’inédit : un dialogue fort, une description courte et surprenante, une action inattendue, etc. » – Pierre-Luc Landry

Conseil no 6 : Utilisez votre coffre à outils littéraires

« D’une manière générale et dans ma perspective, une nouvelle qui se démarque, ça reste une bonne histoire bien racontée. That’s it. Ça tient avant tout du storytelling, de l’anecdote. Une bonne nouvelle doit cependant utiliser, comme en poésie, toutes les ressources et les possibilités que la littérature offre. Une nouvelle réussie alors, comme en poésie, se remarque par l’efficacité de ses moyens. Dans la retenue et l’économie, mais dans l’inventivité aussi. Si le roman a le luxe de pouvoir approfondir ce qu'il veut approfondir, la nouvelle n’a pas de temps à perdre. Son objectif : capter le plus rapidement possible l’attention du lecteur, et maintenir celle-ci par la suite. En ce sens, la nouvelle n’aura jamais de deuxième chance pour faire une bonne première impression. [...] Mon premier critère a toujours été de retrouver un ton, une voix qui hypnotise, qui capte l’attention. Dès les premiers mots, le premier paragraphe, la première page, le texte devait me surprendre, m’intriguer. Me forcer à continuer ma lecture. Je ne parle pas nécessairement ici d’une intrigue forte, aux rebondissements extraordinaires, mais plutôt d’un texte porté par une langue qui détonne, une langue qui capte le regard – par le choix de ses mots, son rythme, par la texture de l’ensemble. C’est la parole du conteur, celle qui ouvre le cercle, que je recherchais. C’est par cette voix-là, il me semble, que toute littérature, depuis toujours, s’est toujours racontée. Une fois l’attention captée, je m’attendais alors à me laisser absorber par une histoire, par des lieux ou des personnages, par des évocations. Surtout, maintenir la tension, garder vive la curiosité du lecteur. » – Mathieu Blais

Conseil no 7 : N'essayez pas de changer le monde

« J’ai lu beaucoup de nouvelles mettant en scène des réfugiés syriens, par exemple, et plusieurs ont créé un effet malheureux à la lecture. Nous avions affaire à des textes qui voulaient trop sauver la veuve et l’orphelin, dans lesquelles transparaissait un certain complexe de white savior assez désagréable. Je pense que les auteurs et auteures de ces nouvelles ont écrit trop loin d’eux-mêmes, sans réfléchir suffisamment à la portée éthique de leur geste. Prendre la parole à la place de l’autre, c’est souvent une conduite égoïste. Je comprends que ces textes n’étaient animés que par de bonnes intentions, mais le résultat n’était pas celui qui était escompté au moment de les écrire. La littérature peut changer le monde, oui, j’en suis convaincu. Mais je crois que parfois, certains sujets ne nous appartiennent pas, qu’il ne revient pas à nous d’en parler en lieu et place des autres qui pourraient le faire mieux et de manière plus juste. » – Pierre-Luc Landry

Vous écrivez des nouvelles? Vous aimeriez être découvert, reconnu et publié? Envoyez-nous votre texte d'ici le 31 octobre!

Véritables tremplins pour les auteurs canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à tous, amateurs ou professionnels. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits, nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. Le gagnant remporte 6000 $ offerts par le Conseil des arts du Canada ainsi qu'une résidence d'écriture au Centre Banff, en Alberta, et voit son texte publié sur ICI Radio-Canada.ca. Les finalistes reçoivent chacun 1000 $ offerts par le Conseil des arts du Canada, et leur texte est publié sur ICI Radio-Canada.ca.

L'auteure Lélia YoungL'auteure Lélia Young Photo : D.R.

Lélia Young détient en doctorat en linguistique et enseigne à l'université York où elle est professeure agrégée. Elle a publié plusieurs recueils de poèmes et des nouvelles, a créé le Prix Micheline Saint-Cyr (concours de nouvelles du département d’études françaises de l’université York), est l'éditrice de Langage et créativité. Langue et analyse, un journal qui se penche sur la création et les textes de la francophonie, et dirige le C-RICEFM, un cercle-réseau international de chercheur-e-s en littérature francophone.

L'auteur Mathieu BlaisL'auteur Mathieu Blais Photo : D.R.

Mathieu Blais a complété un doctorat en études littéraires et enseigne la littérature au Cégep Édouard-Montpetit. Il est l’auteur de quatre romans (ZIPPO, 2010; L’esprit du temps, 2013; La liberté des détours, 2015, et Sainte-Famille, 2017) et de cinq recueils de poésie (Que le cri détaché de ta colère, 2005; L’Isthme, 2006; Los hermanos mes frères, 2011; Sylvestre au temps des galimatias, 2012, et Notre présomption d’innocence, 2014). Il a été deux fois lauréat du prix Rina-Lasnier (2014, 2016), finaliste du Prix de la nouvelle Radio-Canada 2016, finaliste au prix Jacques-Brossard (2014) et demi-finaliste pour le Prix du Festival de la poésie de Montréal (2013). Il est membre de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) et a collaboré à différentes revues de création littéraire.

L'auteur Pierre-Luc LandryL'auteur Pierre-Luc Landry Photo : Benoit Laflamme

Pierre-Luc Landry est professeur au Département d’études françaises du Collège militaire royal du Canada. Il a été chercheur postdoctoral à la Faculté des arts de l’Université d’Ottawa et détient un doctorat en études littéraires grâce à une thèse de recherche-création qu’il a soutenue à l’Université Laval. Son premier roman, L’équation du temps (Druide, 2013), a été finaliste au Prix des lecteurs de Radio-Canada et a fait partie de la présélection du Prix France-Québec en 2014. Les corps extraterrestres, son deuxième roman, est paru à l’automne 2015 et a remporté le Prix du livre d’Ottawa en 2016. Pierre-Luc Landry est aussi éditeur à La Mèche, le laboratoire de création du Groupe d’édition la courte échelle, à Montréal.

L'auteure Sara LazzaroniL'auteure Sara Lazzaroni Photo : Valérie Arsenault

Sara Lazzaroni est née en Italie en 1994 et a grandi à Québec. Elle étudie la philosophie, voyage et écrit. Avec son premier livre, Patchouli (Leméac, 2014), paru alors qu'elle n'avait que 19 ans, Sara Lazzaroni a su s'imposer comme l'une des voix les plus prometteuses de sa génération. Veiller la braise et Okanagan ont depuis confirmé la singularité de sa plume, la poésie qui l'habite, sa stupéfiante maturité.


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