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Hydro-Québec veut miser sur les exportations et les achats d'actifs

Le PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel

Le président-directeur général d'Hydro-Québec, Éric Martel

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

L'heure est au développement international pour Hydro-Québec. La société d'État envisage de faire des affaires avec l'Europe et l'Amérique du Sud, tout en continuant à participer à des appels d'offres aux États-Unis.

Développer, oui, mais développer au-delà du voisin américain. Selon le PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel, la proximité des États-Unis et les besoins importants en énergie des États de la Nouvelle-Angleterre demeurent des occasions particulièrement intéressantes pour la société d'État, mais il est important de ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier.

En entrevue sur les ondes d'ICI Première, M. Martel admet que les négociations en cours pour renouveler l'ALENA forcent Hydro-Québec à demeurer vigilante. Mais cette volonté révisionniste de l'administration du président Donald Trump n'inquiète pas le PDG.

« Dès les élections, l'an dernier, on avait des équipes sur le terrain pour s'assurer de conserver les contrats [d'exportation d'électricité] pour que les marchés demeurent prospères pour nous », a-t-il déclaré, avant de préciser que les exportations d'énergie n'étaient pas soumises aux règles de l'Accord de libre-échange nord-américain.

Hydro-Québec continue ainsi de participer à des appels d'offres pour des projets d'envergure en Nouvelle-Angleterre, en plus d'accumuler les records de vente d'électricité dans cette région des États-Unis.

M. Martel reconnaît qu'il existe parfois certaines réticences face aux plans de construction. Il assure tout de même que les projets actuellement en développement, qui verraient Hydro-Québec conclure des contrats formels pour la vente d'énergie plutôt que de s'appuyer sur les variations journalières de l'offre et de la demande, « sont un grand avantage pour eux, et un grand avantage » pour la société d'État.

« Cela cristallise un peu nos rapports financiers, et nous connaissons le prix auquel nous allons vendre [l'électricité], et eux aussi », ajoute M. Martel, en parlant des possibles clients américains.

Nous sommes extrêmement prudents dans notre approche.

Éric Martel, PDG d'Hydro-Québec

Acheter à l'international

« Il y a des sous dans les coffres d'Hydro-Québec », poursuit Éric Martel, en affirmant que la société d'État est « reconnue à l'international pour ses talents en hydroélectricité, mais aussi en transmission à haute tension ».

Le temps serait donc venu, selon lui, de « retourner à l'international » pour procéder à des acquisitions à l'étranger, histoire de « faire fructifier l'argent qui appartient aux Québécois ».

Outre l'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest et l'Amérique du Sud seraient ainsi des marchés « naturels ». C'est sans compter la Chine, où Hydro-Québec, dans le cadre d'un partenariat, vend des moteurs électriques qui sont installés dans des autobus.

L'an dernier, 4300 exemplaires de ce moteur TM4 conçu au Québec ont ainsi trouvé preneur en Chine.

La fin des barrages?

Éric Martel se montre par ailleurs d'accord avec le premier ministre du Québec Philippe Couillard, qui affirmait à la fin septembre que l'« ère des barrages » était terminée dans la province.

« C'est sûr que nous avons fait beaucoup de construction depuis le début des années 1960 [...] et même dans les 15 dernières années », indique le PDG. Ces barrages ont, à leur tour, permis de dégager d'importants surplus énergétiques qui ont été vendus à l'étranger.

« En ce moment, il n'y aurait aucune raison pour laquelle on devrait rajouter de la production au Québec. Ce qu'il nous faut, c'est de la capacité de transport [pour exporter] l'énergie produite », ajoute M. Martel.

Le paysage énergétique poursuit également sa transformation, avec des parts de marché toujours plus importantes pour l'éolien et le solaire.

« L'hydroélectricité demeure une possibilité, parce qu'elle fournit de la puissance quand nous en avons besoin », précise le président d'Hydro-Québec, qui mentionne vouloir « protéger l'expertise » développée au sein de la société d'État. D'où cette volonté de développer davantage les activités à l'international.

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