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  • Glenn Gould, un prodige singulier

    Glenn Gould semble en extase devant son piano.
    Le pianiste Glenn Gould à L'heure du concert, le 22 octobre 1957. Photo: Radio-Canada / Henri Paul
    Radio-Canada

    Il y a 35 ans, à l'âge de 50 ans, disparaissait l'un des plus grands artistes canadiens, le musicien Glenn Gould. Pianiste surdoué, admiré à travers le monde, on le connaît comme l'un des principaux interprètes de Jean-Sébastien Bach. Retour sur la vie de ce virtuose à la personnalité excentrique.

    Au Téléjournal du 4 octobre 1982, l’animateur Bernard Derome annonce le décès du pianiste. À Toronto, le journaliste Philippe Belisle raconte les grands moments de la carrière de cet « enfant prodige ».

    Dès l’âge de trois ans, le petit Glenn Gould se met à pianoter, assis sur les genoux de sa mère. À cinq ans, il peut jouer des musiques simples. Son apprentissage commence réellement à l’âge de dix ans, lorsqu’il entre au Conservatoire royal de musique à Toronto. Il passera la majeure partie de sa vie dans cette ville.

    Le Téléjournal du 4 octobre 1982

    Un début de carrière fulgurant

    Diplômé du Conservatoire à 12 ans, il devient soliste de l’Orchestre symphonique de Toronto à l’âge de 14 ans. En 1943, il enregistre son premier disque.

    La personnalité de l’artiste fera couler beaucoup d’encre. Il est excentrique, un peu fou même. Il porte des gants à longueur d’année et ne pratique guère plus d’une heure par jour.

    Le journaliste Philippe Belisle

    En 1955, il enregistre le disque qui le rendra célèbre, Variations Goldberg, une interprétation de l’œuvre pour clavecin de Jean-Sébastien Bach. À partir de là, les tournées mondiales se succèdent. Il fera une nouvelle version complètement différente un an avant sa mort, en 1981.

    Glenn Gould entretient un rapport tourmenté avec la scène. En 1964, à l’âge de 31 ans, il choisit de ne plus donner de prestations en public. Il considère le concert comme une expérience de cirque. Pour lui, « le concert est mort ». Cette décision lui laisse le temps de se consacrer à son travail en studio. Il voue alors sa carrière à l’enregistrement de disques et à l’animation à la radio de CBC.

    Glenn Gould développe une relation très particulière avec CBC. Il signe plusieurs radio-documentaires, diffusés entre 1962 et 1979. Outre des portraits de Schoenberg, Casals, Stokowski et Richard Strauss, on lui doit la Trilogie de la solitude.

    Glenn Gould s’éteint en 1982, âgé d’à peine 50 ans, une semaine après avoir subi un accident vasculaire cérébral.

    Glenn Gould, selon François Girard

    La ruée vers l’art, 24 octobre 1993

    Dix ans après sa mort, François Girard réalise en anglais le film Thirty-two short films about Glenn Gould (32 films brefs sur Glenn Gould). Considéré comme une réussite du cinéma canadien, le titre s’inspire des Variations Goldberg.

    À l’émission La ruée vers l’art diffusée le 24 octobre 1993, l’animatrice Marie Plourde s’entretient avec François Girard. Selon lui, Glenn Gould est un personnage trop complexe pour être abordé dans un seul film. L’œuvre est donc construite en 32 séquences. Le réalisateur évite de tomber dans le récit anecdotique et choisit de montrer les idées essentielles dans la carrière du pianiste.

    Glenn Gould a protégé extrêmement bien sa vie privée et je voulais respecter ce désir-là, qu’il a eu tout au long de sa vie.

    Le réalisateur François Girard

    La jeunesse de Glenn Gould

    • Glenn Gould naît à Toronto le 25 septembre 1932. Il est l’enfant unique de Russell Herbert Gould, un commerçant en fourrure, et Florence Greig-Gould.
    • La musique tient une place centrale dans la maison Gould : le père est violoniste amateur tandis que la mère joue du piano et de l’orgue, enseignant le chant à temps partiel.
    • Les parents de Glenn Gould refusent d’en faire un enfant prodige que l’on met au piano pour épater voisins et amis ; son enfance est le contre-exemple de celle de Mozart, qui fut exhibé dès son plus jeune âge. De santé fragile, il va à l’école où il ne tisse pas de liens réels avec ses camarades.
    • Ses parents sont assez à l’aise financièrement pour consacrer quelque 3000 $ par année (en dollars de 1940) à l’éducation musicale de leur fils.
    • Même si Glenn Gould se dit plus tard autodidacte, il étudie pendant près de dix ans avec Alberto Guerrero, pianiste de concert chilien qui enseigne au Conservatoire royal de musique à Toronto. Le rôle de Guerrero dans la formation musicale de Glenn Gould est déterminant.
    • Si le jeune homme ne se contente pas d’imiter son maître, il gardera tout au long de sa carrière les marques de sa formation. Glenn Gould intègre la musique de Guerrero tout en lui donnant son interprétation originale.
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