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Poisson-lune et tortue luth : deux espèces saisonnières dans le Saint-Laurent? 

Une carcasse de poisson-lune
Une carcasse de poisson-lune échouée sur les berges du fleuve Saint-Laurent à Sainte-Luce Photo: Radio-Canada / Sandra Fillion
Radio-Canada

Il ne se passe pas une semaine sans qu'un poisson-lune soit observé dans le fleuve Saint-Laurent, selon le regroupement de chercheurs Amphibia-Nature. Le poisson tropical serait, avec la tortue luth, un visiteur saisonnier des eaux du fleuve.

Un texte d’Isabelle Damphousse

Le poisson-lune est le plus gros poisson osseux de la planète. L’espèce tropicale vient s’alimenter des méduses rouges de l’Arctique, qui se trouvent en abondance dans le Saint-Laurent pendant les mois d’août, septembre et octobre.

La présence de ce poisson est associée au réchauffement climatique, une hypothèse que souhaite nuancer Martin Ouellet, vétérinaire pour le groupe de recherche Amphibia-Nature. Il reconnaît que les changements climatiques pourraient avoir un rôle à jouer, mais il croit que la hausse du nombre d'observations de l'espèce pourrait être liée à autre chose.

Je suis très sceptique quand même. Je pense que l’augmentation des observations de poissons-lunes coïncide avec les réseaux sociaux.

Martin Ouellet, vétérinaire, groupe de recherche Amphibia-Nature

Martin Ouellet estime que les gens documentent peut-être simplement davantage ce qu'ils observent, ce qui donnerait l'impression qu'il y a plus de poissons-lunes qu'avant dans le fleuve.

Le groupe de recherche Amphibia-Nature a d’ailleurs des photos de poissons-lunes prises par des pêcheurs dans le Saint-Laurent pendant les années 1940.

Niche écologique se rapprochant de celle de la tortue luth

Si le groupe Amphibia-Nature s’intéresse au poisson-lune, c’est parce qu’il occupe une niche écologique se rapprochant de celle de la tortue luth, une espèce en péril.

Une tortue luth sous l'eauLes tortues luths viennent dans les eaux canadiennes pour se nourrir de méduses. Photo : CBC / John Dickinson

Les deux géants des océans se nourrissent principalement de méduses, ce qui veut dire qu’il y a de bonnes chances d’observer des tortues luths là où l’on trouve des poissons-lunes.

Pendant trois ans, j’ai fait des excursions de baleines à Percé et à chaque mois d’août et septembre, j’observais de trois à quatre fois par mois des tortues luths.

Martin Ouellet, vétérinaire, groupe de recherche Amphibia-Nature

Contrairement à la tortue luth, le poisson-lune semble toutefois moins adapté à nos eaux froides. C'est l'une des hypothèses qui pourrait expliquer pourquoi des carcasses se retrouvent sur les rives du Saint-Laurent à l’automne.

Le groupe de recherche Amphibia-Nature demande aux gens de communiquer avec leur organisation lorsqu’ils observent des poissons-lunes ou des tortues luths. Martin Ouellet tient aussi à rappeler au public d’éviter de s’en approcher.

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