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Le revenu et l’éducation liés au taux de suicide chez les hommes gais et bisexuels

Un drapeau flotte dans le vent

Le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, accroché à la mairie de Montréal, en 2014.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les hommes homosexuels et bisexuels ont plus de risques de s'enlever la vie, principalement lorsque leur salaire annuel est inférieur à 30 000 $ et qu'ils ne possèdent pas de diplôme universitaire, selon une étude de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Un texte de Noémie Moukanda

L’étude est tirée d’un sondage en ligne auprès de 8382 répondants gais et bisexuels à travers le Canada. La principale question qu'on leur a posée était s'ils avaient fait si une tentative de suicide au cours de l’année écoulée. L’étude s’est ensuite focalisée sur les 145 participants qui ont répondu oui.

Il faut savoir qu’en général les hommes homosexuels et bisexuels courent quatre fois plus de risques de tenter de mettre fin à leurs jours que les hétérosexuels, souligne Olivier Ferlatte, chercheur à l'UBC et coauteur de l’étude, qui cite d'autres travaux universitaires. Toutefois, c’est la première fois qu’une recherche porte sur les inégalités au sein même de la population gaie et bisexuelle, affirme-t-il.

Trois inégalités en particulier

L’étude met en évidence trois inégalités marquées. La première concerne la classe sociale ou l’éducation, c’est-à-dire les hommes dont le revenu annuel est de moins de 30 000 $ et qui n’ont pas de diplôme universitaire.

Selon Olivier Ferlatte, les raisons poussant au suicide dans cette catégorie sont généralement un passé marqué « par l’homophobie, le rejet par la famille et les amis, ou encore par la violence à l’école ou dans la communauté ». Un manque de moyens financiers ou d’éducation peut par ailleurs générer du stress, explique le chercheur de l'UBC. « Le revenu peut compromettre l’accès à un psychologue qui est souvent peu ou pas couvert par l’assurance publique », dit-il à titre d'exemple.

Par ailleurs, les chercheurs ont trouvé que les hommes gais et bisexuels issus des Premières Nations sont aussi plus nombreux à envisager le suicide que les non-Autochtones, ce qui constitue la deuxième forme d'inégalité. Au Canada, le taux de suicide est plus élevé dans la population autochtone, rappelle le coauteur de l’étude.

Chez les hommes des Premières Nations, il y a un taux deux fois plus élevé [que dans la moyenne générale], ce qui n’est peut-être pas très surprenant.

Olivier Ferlatte, chercheur à l'UBC

La troisième inégalité concerne les hommes bisexuels ayant un partenaire masculin ou bien célibataires. Selon l'étude, ceux-ci sont risquent davantage de se suicider que lorsqu'ils ont une compagne.

Faire tomber les tabous

Le chercheur de l'UBC regrette que le suicide soit un sujet tabou au Canada. Il espère que cette étude « va sensibiliser la population » en parlant du suicide comme d'« une problématique ».

Au Canada, on a très peur de parler du suicide.

Olivier Ferlatte, chercheur à l'UBC

Olivier Ferlatte affirme aussi : « La population gaie, bisexuelle n’est pas un groupe très homogène ». « En fait, il y a une grande diversité, surtout au niveau de la classe [sociale] et du revenu. Donc, quand on regarde les inégalités sociales qui touchent la population bisexuelle, comme le suicide, il faut regarder qui est touché et apporter un peu d’attention à ça, surtout dans les programmes de prévention », dit-il.

De plus, il suggère un meilleur investissement en santé mentale. « Il faut s’assurer de connaître tous les facteurs lorsqu’on développe des campagnes de prévention ou des interventions pour prévenir le suicide », dit-il.

Le sondage, qui a servi à cette étude, a été mené par le centre communautaire de recherche sur la santé gaie, un organisme sans but lucratif de Vancouver.

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