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Il est peu probable qu'Énergie Est voie le jour selon Brian Gallant

Pipeline
Un pipeline (archives)

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a discuté une deuxième fois avec le PDG de TransCanada, depuis que l'entreprise a demandé la suspension de l'examen du projet de pipeline Énergie Est, et en conclut que le projet est pratiquement mort.

En entrevue avec le quotidien Telegraph-Journal de Saint-Jean, il a déclaré qu'il est « réaliste de croire que la demande de TransCanada [concernant l'examen du projet] n'ira pas plus loin ».

TransCanada a demandé à l’Office national de l’énergie (ONE) la suspension temporaire de l’examen de son projet d’oléoduc au début du mois de septembre.

Dès cette annonce, Brian Gallant a admis que c’était une « mauvaise nouvelle ». Son gouvernement misait beaucoup sur Énergie Est pour sa stratégie de développement économique. Il a toutefois déclaré qu’il tenterait de redémarrer le processus.

À la suite d'une conversation avec le président-directeur général de TransCanada, Russ Girling, le premier ministre semble moins convaincu. Selon ce qu’on peut lire dans le Telegraph-Journal, il affirme que les analyses qui ont été faites sur les conditions et les demandes du marché mènent à croire que le projet est mort-né.

L'oléoduc Énergie Est relierait les sables bitumineux de l'Alberta au port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.L'oléoduc Énergie Est relierait les sables bitumineux de l'Alberta au port de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada

« Ce n’est pas une surprise »

Selon l'économiste Pierre-Marcel Desjardins, de l’Université de Moncton, ces déclarations du premier ministre ne sont pas surprenants. Trois développements laissaient deviner, selon lui, que le projet n'irait pas de l'avant.

1. Le prix du baril de pétrole :
« Il y a quelques années, on pensait que ça allait se maintenir constamment au-dessus du 100 dollars américains. Aujourd’hui, on est grosso modo à la moitié de ça. Ce qui fait en sorte que les projets sont beaucoup moins attrayants au niveau financier. »

2. Keystone XL, une porte de sortie pour le pétrole albertain :
« Pour sortir le pétrole albertain, on avait un blocage avec l’administration Obama, qui refusait d’approuver le projet Keystone XL. Maintenant, l’administration Trump donne le feu vert. »

3. La modification des règles de l’ONE pour l'examen du projet :
L’Office national de l’énergie a resserré les règles pour l’analyse des impacts environnementaux du projet Énergie Est au mois de septembre. « On veut maintenant tenir en compte certaines composantes qu’on ne faisait pas par le passé. C’est peut-être la goutte qui a fait déborder le vase. »

La donne est complètement changée. TransCanada n’a plus besoin de ce projet.

Pierre-Marcel Desjardins, économiste

Une stratégie économique « sans moteur »

Pierre-Marcel Desjardins estime que l'abandon d'Énergie Est représenterait une mauvaise nouvelle pour l’économie du Nouveau-Brunswick. C’était « la pierre angulaire » de la stratégie de développement économique de la province. Le gouvernement misait effectivement beaucoup sur ce projet pour la création d’emplois à court et moyen termes, lors de la construction du pipeline. « Le gouvernement se retrouve aujourd’hui avec une stratégie sans moteur. »

Le professeur dans son bureauPierre-Marcel Desjardins, directeur de l’École des hautes études publiques à l’Université de Moncton Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Le gouvernement doit rapidement trouver une stratégie de rechange et celle-ci devrait miser sur les petites et moyennes entreprises de la province plutôt que de dépendre de quelques gros projets, selon Pierre-Marcel Desjardins.

Dans un communiqué, le gouvernement provincial affirme toutefois que Brian Gallant profitera d'une rencontre à Ottawa cette semaine pour discuter du projet d’Énergie Est et des défis auxquels il est confronté.

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