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Metro achète Jean Coutu pour 4,5 milliards $

Jean Coutu, Éric La Flèche et Francois Coutu se tiennent par la main.

Jean Coutu, Éric La Flèche, président de Metro, et François Coutu, réunis lors de l'annonce de l'achat de Jean Coutu par Metro.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

Le géant québécois de l'alimentation Metro confirme l'achat des 420 pharmacies du Groupe Jean Coutu pour la somme de 4,5 milliards de dollars. La nouvelle entité commerciale, qui espère voir le jour le printemps prochain, avec l'accord des actionnaires de Jean Coutu et des autorités réglementaires, générera un chiffre d'affaires estimé à plus de 16 milliards de dollars.

En conférence de presse lundi matin, le président et chef de la direction de Metro, Éric R. La Flèche, a expliqué que la nouvelle organisation pourra ainsi « renforcer sa position de chef de file » dans les domaines de l'alimentation, de la pharmacie et des produits de soins de santé et de beauté, tout en étant « mieux positionnée pour poursuivre son développement et sa croissance. »

La transaction permettra à Metro de bénéficier d'un réseau de distribution d'une « portée accrue », ainsi que d'un « formidable portefeuille de marques, d'un bassin de clientèle élargi et [...] d'une plus grande efficacité opérationnelle », a-t-il dit. Des économies de 75 millions de dollars sont attendues sur trois ans, en raison notamment de la fermeture des centres de distribution de produits pharmaceutiques de Metro.

La taille de l’entreprise est importante. En s’alliant à Jean Coutu, nos revenus vont monter d’environ 3 milliards de dollars de ventes. Alors, c’est important pour nous d’avoir cette taille-là pour avoir les économies d’échelle, l’efficacité pour pouvoir se battre avec les grands géants.

Éric R. La Flèche, président et chef de la direction de Metro

M. La Flèche n'a pas caché que des compressions seront inévitables, mais il a cherché à en minimiser la portée. « On parle de plus de 85 000 emplois directs et indirects [au sein des deux entreprises]. Il va y avoir certaines réductions à court terme. Dans l’ensemble, ce n’est pas majeur, mais on comprend que c’est très majeur pour les familles affectées », a-t-il dit.

« Mais il faut se concentrer sur le futur et la plateforme de croissance qu’on crée aujourd’hui pour créer plus d’emplois à long terme. C’est ce qu’on compte faire », a-t-il ajouté, en laissant notamment planer la possibilité que Metro cherche à prendre de l'expansion ailleurs au Canada.

Une fois la transaction approuvée, les actions du Groupe Jean Coutu seront acquises par Metro au prix de 24,50 $ l’unité; 75 % de la somme sera versée en argent comptant, 25 % en actions. Le Groupe Jean Coutu, qui compte 420 pharmacies au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Ontario, deviendra alors une division autonome au sein de Metro.

Les activités de la nouvelle division pharmaceutique de Metro continueront d'être pilotées par le président et chef de la direction de Jean Coutu, François Coutu, depuis le siège social de Varennes. Cette nouvelle structure inclura les 300 pharmacies Brunet que possède déjà Metro. Le centre de distribution de Jean Coutu prendra la relève de la division McMahon de Metro, qui s'occupait de cette tâche pour l'épicier jusqu'ici.

Metro s'est avéré « le partenaire idéal » pour connaître « une croissance soutenue dans un marché de plus en plus concurrentiel », a pour sa part commenté François Coutu. Les deux entreprises possèdent une « communauté de vues remarquable sur les plans stratégiques et commerciaux », a-t-il dit, et leurs réseaux de ventes « sont complémentaires et constituent un actif des plus précieux. »

C’est une journée très importante dans l’histoire du Groupe Jean Coutu, car elle marque l’aboutissement d’une longue réflexion, au terme de laquelle nous avons conclu que pour continuer de faire grandir la marque Jean Coutu, il nous fallait trouver un partenaire qui partage nos valeurs, notre vision, et qui puisse amener notre marque vers de nouveaux sommets.

Jean Coutu, fondateur et président du conseil d'administration du Groupe Jean Coutu

Jean Coutu a aussi insisté sur le fait que la transaction permettra d'assurer « la pérennité et la marque de la bannière Jean Coutu », qu'il a fondée il y a 50 ans. « Vous pouvez être assurés que cette union de deux grandes sociétés sera au profit de la clientèle, de nos employés et de nos actionnaires », a-t-il lancé.

Le pharmacien le plus connu du Québec a par ailleurs profité de l'occasion pour nier formellement que les politiques du ministre québécois de la Santé Gaétan Barrette ont pu jouer un rôle dans sa décision d'accepter l'offre de Metro.

« Pas du tout. Je profite de l’occasion pour féliciter le Dr Barrette, parce qu’il a mis quelque chose sur la table qui est excessivement important », a-t-il dit. « La santé doit se déplacer vers quelques centres hospitaliers. Et je pense qu’il a compris […] que, dans la santé, il faut être présent, non pas quand on veut que les gens viennent chez nous, mais quand les gens ont besoin de nous. »

« Son initiative de […] rendre la santé, le diagnostic et le curatif plus près de la clientèle, je ne peux pas faire autrement que de le féliciter. S’il a besoin d’un partenaire, nous serons là », a-t-il conclu à ce sujet.

Une fois effectué, l’achat de Jean Coutu par Metro créera un réseau de plus de 1300 épiceries et pharmacies au Canada qui emploieront plus de 85 000 personnes, soit 65 000 employés chez Metro et 20 000 chez Jean Coutu.

Cette transaction est attrayante tant d'un point de vue financier que commercial. Il s'agit d'une occasion unique de regrouper l'expertise de chacune des entreprises afin de pouvoir répondre encore mieux à la demande des consommateurs à la recherche de meilleurs choix pour la santé, de valeur et de plus grande commodité.

Éric R. La Flèche, président et chef de la direction de Metro
François J. Coutu et son père Jean Coutu devant une affiche d'un magasin

François J. Coutu, PDG du Groupe Jean Coutu en compagnie de son père, Jean Coutu, président du conseil d'administration du Groupe Jean Coutu.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

Le secteur canadien de la pharmacie est touché par un vent de consolidation depuis quelques années : Loblaw a mis la main sur Pharmaprix en 2013, tandis que McKesson Canada, filiale du géant californien du même nom, a acheté le groupe Uniprix et ses 330 pharmacies en avril dernier.

Ces détaillants doivent faire face à la concurrence toujours croissante de grandes chaînes américaines comme Walmart et Costco – qui ont déjà des pharmacies dans leurs magasins – et du géant Amazon, qui a récemment décidé de se lancer dans l'alimentation avec l'achat de Whole Foods.

Économie