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Aide médicale à mourir : des patients pris au dépourvu en Ontario

Malade alité

Plus de 700 Ontariens ont reçu l’aide médicale à mourir.

Photo : iStock / signature

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Plus d'un an après la décriminalisation de l'aide médicale à mourir, des patients peinent à savoir où ce service est offert en Ontario, selon des groupes de défense des droits de la personne.

Un texte de Stéphany Laperrière

En Ontario, contrairement au Québec, les hôpitaux peuvent choisir de ne pas offrir l’aide médicale à mourir.

Puisque ces établissements ne sont pas forcés d'afficher leur position à ce sujet, des patients sont souvent pris au dépourvu, affirme la directrice générale de Mourir dans la dignité Canada, Shanaaz Gokool.

« C'est choquant pour les gens lorsqu'un de leur proche est dans le système de réaliser qu'ils ne sont pas au bon endroit et qu'ils doivent aller ailleurs », dit-elle.

Ces transferts sont souvent pénibles pour des patients en fin de vie, indique le médecin Paul Preston.

Ce sont des gens vulnérables qui ont des douleurs, des fractures, de les sortir de leur lit, c'est cruel et inhumain

Une citation de : Dr Paul Preston, médecin à North Bay et vice-président des services cliniques pour le Réseau local d'intégration des services de santé du Nord-Est

Où vont les patients pour obtenir l'aide médicale à mourir?

  • Plus de 700 personnes ont eu recours à l'aide médicale à mourir, depuis juin 2016
  • Plus de 60 % de ces décès ont eu lieu à l'hôpital
  • Environ 55 % des hôpitaux en Ontario ont déjà offert l'aide médicale à mourir

Le ministère de la Santé ignore où ce service est offert

Le ministère de la Santé et des Soins de longue durée ne sait pas quels hôpitaux offrent ou non l'aide médicale à mourir ni quels établissements ont adopté des directives pour encadrer cette pratique, indique son porte-parole, David Jensen, par courriel.

Ça soulève des questions à savoir si la province prend les mesures qui s'imposent pour s'assurer que l'aide médicale à mourir est accessible de manière égale dans l'ensemble du système de santé

Une citation de : Cory Ruf, responsable des communications pour Mourir dans la dignité

Près d'un hôpital sur cinq dans la province pourrait s'opposer à l'aide médicale à mourir en raison de sa dénomination religieuse ou idéologique, selon une note interne du ministère obtenue par Mourir dans la dignité en août dernier.

Parmi ces établissements, sept sont situés dans une ville où il n'y a pas d'autre hôpital à moins de 100 kilomètres, précise la note, sans toutefois indiquer lesquels.

Eric Hoskins affirme toutefois que son ministère travaille assidûment pour s'assurer que l'aide médicale à mourir est accessible partout, en particulier dans les régions éloignées.

« Les informations recueillies jusqu'à présent sur cet enjeu démontrent que c'est le cas », dit le ministre de la Santé.

Il précise que tous les décès assistés médicalement sont répertoriés et revus, notamment par le bureau du Coroner.

Accès à l'information impossible

L'Association des libertés civiles de l'Ontario déplore qu'il soit impossible pour les organismes de surveillance des droits de la personne de vérifier si tous les Ontariens ont bel et bien accès à l'aide médicale à mourir.

« Si on voulait répondre à cette question, on aurait beaucoup de mal », dit le chercheur pour l'Association, Denis Rancourt.

Il rappelle que le gouvernement ontarien a modifié en mai dernier la Loi sur l'accès à l'information et à la protection de la vie privée de manière à rendre impossible l'obtention des directives de chaque hôpital sur l'aide médicale à mourir à travers une demande d'accès à l'information.

Radio-Canada a tenté d'obtenir ces directives auprès d'hôpitaux aux quatre coins de la province; les résultats de cette démarche seront dévoilés dans un deuxième volet de ce dossier, qui sera publié mardi.

Avec la collaboration de Mathieu Grégoire et de Philippe de Montigny

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