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Trois fois plus d'insécurité alimentaire chez les Autochtones de l'Atlantique

Près du tiers des ménages des communautés autochtones de l'Atlantique vivent une certaine insécurité alimentaire.
Près du tiers des ménages des communautés autochtones de l'Atlantique vivent une certaine insécurité alimentaire. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Une étude rapporte que 31 % des ménages des communautés autochtones de l'Atlantique vivent une insécurité alimentaire grave ou modérée, comparativement à la moyenne nationale de 8 %. L'étude a été réalisée par des chercheurs de l'Université d'Ottawa et de l'Université de Montréal, avec l'Assemblée des Premières Nations.

Un texte de Mathieu Massé

L’étude détaille les habitudes alimentaires, le mode de vie et l’état de santé général de plus de 1000 adultes de 11 communautés autochtones en Atlantique. « Nos résultats permettent de brosser un tableau des liens importants entre un environnement sain et le bien-être des Premières Nations », explique Laurie Chan, chercheur principal et professeur au Département de biologie de l’Université d’Ottawa.

« L’insécurité alimentaire est le principal problème soulevé par les communautés participantes », dit le chercheur. Il espère que les résultats de l’étude aideront à préparer des politiques environnementales et sanitaires pour les années à venir dans les communautés autochtones.

L'importance des aliments traditionnels

La grande majorité des personnes interrogées dans le cadre de l’étude disent avoir consommé des aliments traditionnels au cours de la dernière année. Toutefois, elles affirment également qu’elles aimeraient qu’une plus grande proportion de ces aliments se retrouvent dans leur alimentation.

Plusieurs facteurs font qu’il est difficile pour les Autochtones d’inclure les aliments traditionnels dans leur régime. Parmi ceux-ci : le manque de temps ou de connaissances pour se procurer des aliments traditionnels, l’absence de chasseurs-cueilleurs dans les communautés, le manque d’équipement ou de moyens de transport, le manque de ressources, la réglementation gouvernementale et les répercussions de l’industrialisation.

Pourtant, cet accès aux aliments traditionnels est très important, explique Malek Batal, professeur de nutrition publique à la Faculté de médecine de l'Université de Montréal. Selon lui, ces aliments sont de meilleure qualité que ceux que peuvent trouver les communautés autochtones dans les épiceries, surtout dans les communautés éloignées.

Nous avons un problème de qualité de l’alimentation qui se reflète dans un taux très élevé de l’obésité et de diabète parmi les premières nations.

Malek Batal, professeur de nutrition publique au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal

Autres constatations

L’étude a également constaté que la teneur en plomb dans le gibier comme le chevreuil, la perdrix ou le lièvre est élevée en Atlantique. Les chercheurs mentionnent que ce résultat est probablement dû à l’utilisation de munitions de plomb pour la chasse. Pour contourner ce problème, ils suggèrent aux Autochtones de ne pas consommer la viande autour du point d’entrée des balles ou d'utiliser des munitions en acier.

Il y a également une inquiétude par rapport à la contamination de l'environnement, notamment des changements au niveau de la présence des animaux à cause des changements climatiques.

Malek Batal, professeur de nutrition publique au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l'Université de Montréal

Le taux de tabagisme dans les communautés autochtones de l’Atlantique est par ailleurs 3,5 fois plus élevé que la moyenne canadienne : 52 % des Autochtones adultes fument la cigarette dans les réserves de l’Atlantique, contre 15 % pour l'ensemble des Canadiens.

 

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