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Procès Tshilumba : l'accusé aurait déliré après le meurtre, avance la poursuite

Les caméras de surveillance  montrent Randy Tshilumba prenant la fuite.
Les caméras de surveillance montrent Randy Tshilumba prenant la fuite. Photo: Capture d’écran des caméras de surveillance de Maxi

Randy Tshilumba savait ce qu'il faisait lorsqu'il a poignardé Clémence Beaulieu-Patry le 10 avril 2016. Ce n'est qu'après, réalisant la gravité de son geste, qu'il s'est mis à délirer, inventant le scénario qu'il avait agi par légitime défense. Telle est l'hypothèse soumise par la poursuite au psychiatre embauché par la défense.

Un texte de Geneviève Garon

« Mon hypothèse n’implique pas que l’accusé ment », affirme d’entrée de jeu la procureure aux poursuites criminelles et pénales, Catherine Perreault.

Elle suggère le scénario suivant lors du contre-interrogatoire du psychiatre Louis Morissette : Peu avant le meurtre du 10 avril 2016, Randy Tshilumba était fragile et ressentait les premiers symptômes d’un trouble délirant. « On m’insulte, on rit de moi, je suis tanné », dit la procureure pour simuler l’état mental de l’accusé.

En colère, Randy Tshilumba se serait donc rendu au Maxi ce soir-là avec l’objectif de « passer » Clémence Beaulieu-Patry.

Il savait ce qu’il faisait, affirme Me Perreault. « Je vous suggère qu’il fait la différence entre le bien et le mal. »

Un mécanisme de défense?

Puis, après le meurtre, ne pouvant accepter qu’il ait tué quelqu’un, le jeune homme aurait commencé « un nouveau délire », avance la procureure.

« Est-ce que par un mécanisme de défense, Randy Tshilumba pourrait s’être convaincu qu’il a agi par légitime défense? Pourrait-il avoir reconstruit l’histoire? » demande Me Perreault.

Le psychiatre Louis Morissette reconnaît que ce n’est pas impossible, mais soutient que ce n’est pas ce qu’il a compris des déclarations de l’accusé et de la preuve soumise.

Par contre, il concède que rien dans la preuve ne démontre que Randy Tshilumba a cru qu’il agissait par légitime défense lorsqu’il a tué Clémence Beaulieu-Patry. Rien, hormis le témoignage de l’accusé lui-même.

Randy Tshilumba, accusé du meurtre d'une employée d'un supermarché Maxi de MontréalRandy Tshilumba Photo : SPVM

Un « cas d’espèce », selon le psychiatre de la défense

Pour enseigner le délire de persécution, Randy Tshilumba est un « cas d’espèce qu’on enregistre et montre aux étudiants », illustre le psychiatre Louis Morissette.

Le cas de l’accusé était « malheureusement relativement facile d’un point de vue de la responsabilité criminelle », selon lui.

Il est catégorique : le jeune homme a eu la « conviction inébranlable » que Clémence Beaulieu-Patry et quatre de ses amies voulaient le tuer.

Lorsqu’il a rencontré la jeune femme de 20 ans sur son lieu de travail le 10 avril 2016, il était persuadé qu’elle allait faire feu sur lui et sur des clients de l’épicerie, et qu’il n’avait d’autre choix que de la tuer.

« À ses yeux, il a fait une bonne action en protégeant les clients et lui », soutient l’expert.

Selon lui, Randy Tshilumba souffrait d’un trouble délirant sous forme de délire de persécution et ne pouvait pas distinguer le bien du mal lors du meurtre.

Il spécifie qu’à leur dernière rencontre à la fin de l’été, l’accusé de 21 ans était encore persuadé que les filles essayaient de venir l’attaquer à l’Institut Philippe-Pinel.

Un meurtre planifié, selon la poursuite

La poursuite tente de démontrer que Randy Tshilumba avait planifié d’assassiner Clémence Beaulieu-Patry au Maxi, parce qu’elle avait refusé ses avances.

Il s’était rendu à l’épicerie à trois reprises dans les jours précédents le meurtre.

Quelques heures avant de la tuer, il a fait des recherches sur Internet au sujet du « Maxi Crémazie Papineau » et de la « personnalité limite ».

Il aurait apporté des vêtements de rechange, puisqu’il prévoyait être taché de sang et se serait caché des policiers pendant plusieurs heures dans les toilettes du Tim Hortons, après son crime.

Le couteau et des vêtements tachés de sang ont été saisis dans le casier de l’accusé au Cégep André-Laurendeau. Il a aussi fait des recherches sur Internet afin de savoir comment se débarrasser d’une arme.

Justice et faits divers