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Les sites d’options binaires interdits au Canada

L'homme aurait volé pour plus de 5000 $ et fraudé pour plus de 5000 $ également.
L'ACVM estime que les Canadiens perdent en moyenne 32 000 $ à cause des firmes d'options binaires. Photo: iStock
Radio-Canada

Les options binaires, vendues comme une manière rapide de faire de l'argent, sont la menace numéro un en matière de fraude au Canada, selon les Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM). L'offre active, la publicité et toute autre opération liée sont dorénavant illégales.

Un texte d'Emma Hautecoeur

Frédéric Turbide, un entrepreneur francophone d’Edmonton, a mis fin à ses jours en décembre 2016 après s'être fait dépouiller de 300 000 $. Sa famille tient une entreprise israélienne d’options binaires pour responsable de son suicide.

L'offre de ce genre d'investissements habituellement faite sur Internet est dorénavant proscrite grâce à un règlement adopté cette semaine par les régulateurs provinciaux des marchés financiers.

Les options binaires sont une forme d’arnaque en ligne comparable à un pari.

L’investisseur mise sur le rendement d’un actif financier, généralement une monnaie ou une action. La particularité des investissements à options binaires est que l’échéance du placement est très courte, quelques heures et même parfois quelques minutes. Lorsque le délai est écoulé, il y a un gain ou une perte du montant déterminé à la mise, d’où l'appellation binaire.

Dans la majorité des cas cependant, aucune opération financière n’est réellement effectuée, et il s’agit d’une manière de soutirer les informations bancaires de la victime.

Frédérick TurbideFrédérick Turbide Photo : Radio-Canada

La fraude sur options binaires est l'un des principaux types de fraudes financières auxquelles sont exposés les Canadiens de nos jours, et elle a des répercussions énormes sur la vie des gens.

Louis Morisset, président des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM)

« C’est un fléau qui est grandissant », dit Frédéric Pérodeau, directeur principal des enquêtes à l’Autorité des marchés financiers. Les régulateurs provinciaux ont remarqué une prolifération des offres d’options binaires sur Internet.

« Le nombre de plaintes qui sont reçues par les régulateurs est en croissance, et on sait aussi que les pertes subies par des Canadiens victimes de stratagèmes d'options binaires sont aussi en très forte hausse », poursuit M. Pérodeau

À l’échelle du pays, les régulateurs provinciaux ont reçu plusieurs centaines de plaintes. Un groupe de travail a été formé en 2016 par les ACVM pour contrer la menace de ces fraudeurs généralement établis à l’étranger, particulièrement en Israël.

Stratégie de perturbation

Aucune des entreprises dont l’offre en ligne vise des Canadiens n’est enregistrée auprès d’un régulateur canadien, ce qui rendait la distribution et la vente de ce produit financier de facto illégales au Canada.

Le Règlement sur l’interdiction visant les options binaires donne simplement un outil supplémentaire aux régulateurs, explique Frédéric Pérodeau. « Dans certains cas, ça va faciliter la mise en application de la loi, mais notre stratégie n’est pas fondée seulement sur les poursuites ou les interdictions. »

Le groupe de travail et les régulateurs canadiens ont adopté une stratégie basée sur la perturbation. Ils collaborent avec les entreprises de carte de crédit, les services de paiement en ligne, les créateurs ou les distributeurs d’applications mobiles et les hébergeurs web pour tenter de court-circuiter l’offre au Canada. « Le règlement va nous simplifier la vie », conclut le directeur des enquêtes.

Alberta

Crimes et délits