•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Nicolas Gill lance sa biographie L’homme aux mille mouvements

Extrait de la couverture de la biographie de Nicolas Gill, L'homme aux mille mouvements

Extrait de la couverture de la biographie de Nicolas Gill, L'homme aux mille mouvements

Photo : Éditions Marcel Broquet

Radio-Canada

Quand l'auteur Claude Gagnon l'a contacté pour écrire sa biographie, Nicolas Gill se demandait bien qui pouvait avoir de l'intérêt à connaître son histoire. Douze ans après sa retraite, le double médaillé olympique et plus grand judoka de l'histoire canadienne est toujours aussi humble.

Un texte d'Olivier Paradis-Lemieux

« Il jugeait qu’il y avait un sujet à faire avec ma vie, raconte en riant Nicolas Gill. J’avais un peu de doute sur l’intérêt! Mais à force de réfléchir à tout ça, j’ai dit : "Pourquoi pas?" C’est une belle façon de reconnaître les gens qui ont été marquants dans ma carrière. »

Après un premier projet biographique avorté, L’homme aux mille mouvements a été lancé jeudi à Montréal par les éditions Michel Broquet. Cette fois, c’est la bonne. Et Nicolas Gill, qui a supervisé le projet et approuvé le manuscrit final, resplendissait quand on lui a remis un premier exemplaire imprimé à quelques heures du lancement.

Véritable somme du parcours du judoka, le livre puise surtout dans les nombreux articles (collectionnés avec minutie par son père Denis) qui ont rendu compte à travers les années de sa carrière plutôt que de ses souvenirs actuels.

« Les citations [présentes dans le livre], ce n’est pas moi qui me souviens de ma carrière, c’est ce que j’ai dit en 1992… ou en 1995, explique Nicolas Gill. Le temps nous fait souvent changer de perspective et pour moi c’était important que ce soit ce qu’à ce moment-là, le Nicolas Gill de 20 ans disait. Et non, ce que 25 ans plus tard, ce que je pense que j’ai dit! »

Le livre suit de manière chronologique le parcours du judoka, qui a fait ses débuts sur les tatamis d’Ahuntsic à 6 ans, à la suite de son grand frère. Dès les premiers moments, son esprit compétitif qui va le mener à quatre Jeux olympiques se révèle. « Ti-Cul », comme sa mère continuera d’appeler son plus jeune jusqu’à son décès survenu trop tôt à 56 ans, deviendra un colosse déterminé à tout gagner.

« Il y avait un désir de réussir très profond. Un refus de perdre qui était une motivation très forte. J’aimais ça aussi. Ce n’était pas un effort que je faisais. Mais aussi, quand je regarde ça maintenant avec un peu de recul, je suis quelqu’un qui se fixe toujours des objectifs. Et pour réussir, je suis prêt à beaucoup de choses. »

L’homme aux mille mouvements n’est pas qu’une biographie. Dès les premiers chapitres, l’auteur prend le temps d’expliquer, en une vingtaine de pages sur les 150 de l’ouvrage, la philosophie « de l’art de la souplesse » à laquelle adhère le judoka longtemps entraîné par le maître japonais Hiroshi Nakamura.

« C’est une partie qui est moins connue du judo, mais ce sont des principes simples qui ont forgé mon caractère, ma personnalité, qui je suis », remarque Nicolas Gill, qui a régulièrement séjourné au Japon afin de parfaire son art.

« Nous avions un entraîneur japonais qui nous a teintés de la culture japonaise. C’était une belle occasion de faire découvrir le judo, pas juste nécessaire sur le côté compétitif qu’on voit le plus souvent. »

Les compétitions ne sont pas pour autant évacuées de l’ouvrage, particulièrement celles des Jeux olympiques qui font l’objet d’une couverture serrée de l’auteur. Les combats marquants sont décrits avec précision, tel que les a vécus le judoka à l’époque, qu’ils soient exaltants comme ceux de bronze à Barcelone et d’argent à Sydney, ou amers comme à ceux d’Atlanta.

Même si l’or olympique lui aura ultimement échappé, le porte-drapeau canadien à la cérémonie d’ouverture des Jeux d’Athènes est bien en paix avec les moments plus douloureux de sa grande carrière.

« C’est une des choses que je me suis toujours dit dans tout ce parcours-là, c’est que je ne voudrais pas avoir de regrets, dit Nicolas Gill. Si c’était à refaire, je ferais plein d’affaires différemment, mais sans avoir de regrets. Je sais pourquoi j’ai fait les choses, et je sais pourquoi je ne les ai pas faites. Une des raisons pour lesquelles je n’ai pas de regrets, c’est que j’ai toujours voulu faire les choses à ma façon… et tous ceux qui m’ont entraîné peuvent en témoigner! »

Après avoir été jusqu’aux Jeux de Rio entraîneur de l’équipe canadienne, il est aujourd’hui directeur général et de la haute performance de Judo Canada. Reconnu pour son humilité et son intégrité pendant toute sa carrière, il déplore toutefois que l’on doive souligner ces qualités chez un athlète.

« Ce n’est pas un mot qu’on entend souvent ces temps-ci dans les nouvelles du sport. C’est un peu malheureux qu’on note que quelqu’un soit intègre. Ça devrait être la règle et non l’exception. »

La publication de sa biographie lui permet enfin d’ajouter un nouveau chapitre à son travail constant de promotion de son sport depuis 25 ans.

Une responsabilité qu’il n’a jamais fuie depuis ce moment où, à 20 ans, alors qu’on déplorait une autre journée sans médaille pour le Canada, un jeune Nicolas Gill sortait d’un coup de l’anonymat en gagnant le bronze à Barcelone. La salle de presse olympique était vide, elle ne le sera jamais plus.

Judo

Sports