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Le milieu culturel se méfie de l'entente avec Netflix

La comédienne est en entrevue sur le plateau des Échangistes.

Sophie Prégent

Photo : Radio-Canada / Julie Mainville

Radio-Canada

Plusieurs acteurs du milieu culturel ont réagi après l'annonce d'une entente entre le gouvernement du Canada et Netflix. Le géant américain s'est engagé à investir 500 millions de dollars au Canada en échange d'une exemption de taxes.

La présidente de l’Union des artistes (UDA), Sophie Prégent, est heureuse de la contribution au fonds des médias canadiens, mais elle s'interroge sur la pérennité et le montant de cette mesure. Elle est beaucoup moins satisfaite de l'entente avec le géant américain.

Netflix, c'est moins concret, c'est vague. On parle d'investissement, on ne parle pas d'une taxe ni de redevances. J'ai encore le sentiment qu'on passe par la voie de contournement, qu'on refuse de parler de taxes, alors que c'est normal de payer ses taxes. Les consommateurs payent leurs taxes et les bons citoyens corporatifs payent aussi leurs taxes.

Sophie Prégent

Pour Sophie Prégent, cette entente pourrait avoir le même effet que les productions américaines qui viennent tourner au Québec durant l'été. « Elles font travailler nos artistes et nos artisans. C'est de l'argent neuf, ça fait rouler l'économie culturelle. C'est parfait, mais ça ne fera jamais de ces films-là des films canadiens ou québécois. »

La présidente de l'UDA s'inquiète aussi de la visibilité des produits francophones sur le site Netflix et s'interroge sur l'engagement du géant américain d'appuyer le contenu canadien en français sur sa plateforme en s'engageant dans une stratégie de développement du marché pour le Canada dotée d'une enveloppe de 25 millions de dollars.

Sophie Prégent réagit à l'entente avec Netflix

De son côté, le producteur Roger Frappier condamne l'entente entre Netflix et le gouvernement du Canada. En entrevue avec Alain Gravel, il a déploré que les décisions qui mèneront à la création de ces contenus canadiens seront prises à San Francisco. « Pour moi, c’est l’abdication de la souveraineté culturelle du Canada. »

Denis Villeneuve, réalisateur de Blade Runner 2049, veut que l'industrie cinématographique québécoise soit protégée. En entrevue avec Anne-Marie Dussault pour l'émission 24/60, il pense qu'il est important que la culture ne soit pas nivelée par la culture dominante.

Si on veut préserver la richesse de notre culture, il faut la protéger. Il faut trouver une manière qu'on ne se retrouve pas dans 10 ans à seulement consommer de la culture américaine. C'est un peu paradoxal, car je me retrouve dans l'autre camp, mais je l'assume et je suis solidaire.

Denis Villeneuve

Il sait que son film Blade Runner 2049 pourra être vu facilement dans le monde entier. « Mais il y a de très bons films d'auteur qui sont plus pointus et il est beaucoup plus difficile d'avoir accès à ce cinéma. J'espère que ces nouveaux canaux de distribution vont permettre d'avoir accès à une mosaïque un peu plus variée. »

Les acteurs culturels réagissent

La présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), Hélène Messier, est déconcertée par l'annonce. « On la trouve très décevante pour l'ensemble des artistes et des artisans du Québec. »

Au contraire, le producteur montréalais Darren Curtis a confié en entrevue à l'émission de CBC Daybreak qu'il n'était pas inquiet de la viabilité de l'industrie cinématographique québécoise. « Je crois vraiment en la plateforme Netflix. [...] C'est une belle occasion pour les Canadiens de collaborer avec les programmeurs et les producteurs de contenu de Netflix. »

Netflix dans le monde

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