•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Enquête sur les femmes autochtones : les relations violentes au coeur des témoignages

Marlene Jack, à gauche, embrasse Glady Radek

Marlene Jack, à gauche, embrasse Glady Radek après avoir raconté la disparition de sa soeur, Doreen. Elle était anxieuse avant de témoigner mais se dit maintenant soulagée d'avoir raconté son histoire.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Des familles ont témoigné des relations violentes qui ont mené à des disparitions et contribué à leurs vies difficiles durant le deuxième jour d'audiences de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, à Smithers, en Colombie-Britannique.

En 1989, Doreen Jack et son mari, Ronald, ont disparu de Prince George avec leurs deux enfants. Ils avaient reçu des offres d'emplois pour travailler dans un camp de travail pour hommes de la part d'un homme que Ronald avait rencontré dans un bar. La famille n’a jamais été retrouvée par la suite.

Marlene Jack, la sœur de Doreen, a raconté devant les commissaires qu’à l’époque de la disparition de sa sœur elle a été avertie par la police de ne pas en parler aux médias si elle voulait qu'on la tienne au courant de l’enquête.

J’ai eu peur. C’était leur façon de me contrôler.

Marlene Jack, témoin devant l'Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues ou assassinées

Mercredi matin, Marlene Jack a témoigné non seulement de la disparition de sa sœur, mais aussi de sa vie difficile. Elle a raconté qu’un de ses premiers souvenirs, à l’âge de 3 ans, est celui d’une dispute dans sa maison et qu’elle a ensuite été envoyée dans le pensionnat autochtone de Lejac, dans le village de Fraser Lake.

C’est au pensionnat qu’elle a appris à craindre l’autorité.

Marlene Jack avec un microphone à Smithers le 27 septembreAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Marlene Jack avait peur de raconter publiquement l'histoire de sa soeur craignant ne plus recevoir d'information de la police.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

« Ils nous disaient toujours que nous ne servirions à rien. Pendant sept ans, tous les jours on entendait ça », a dit Marlene Jack. « Je n’ai pas encore surmonté ça… J’ai honte de ma vie. »

Plus tard, Mme Jack a raconté que, parfois, des hommes inconnus se rendaient chez elle, cherchant quelqu’un avec qui ils pouvaient avoir des rapports sexuels. Elle a aussi raconté sa vie dans le Downtown Eastside de Vancouver, où elle dit avoir été violée plusieurs fois par semaine.

Pour Marlene Jack, tous ces mauvais souvenirs remontent à son séjour au pensionnat de Lejac.

On te dit tous les jours que tu ne deviendras rien, ça te reste et tu ne t’aimes pas.

Marlene Jack, témoin devant l'Enquête nationale sur les femmes et filles autochtones disparues et assassinées

Un remède traditionnel

La sœur de Doreen Jack a pleuré à plusieurs reprises durant son témoignage éprouvant.

Les larmes versées lors des audiences publiques de cette enquête nationale sont recueillies et brûlées dans une tente à la fin de la journée. Cette cérémonie fait partie d’un remède traditionnel offert aux membres de familles de victimes qui participent à l’Enquête.

Une tente autochtone avec de la fumée qui s'échappeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

C'est dans cette tente sacrée située à l'extérieur de l'immeuble où ont lieu les audiences que les gardiens du feu brûlent les larmes versées durant l'enquête nationale.

Photo : Radio-Canada

Le manque d’aide

Marlene Jack dit qu’il y a un manque de services et de soutien pour les femmes qui cherchent à quitter des relations marquées par des violences. Selon elle, avec de meilleurs soutiens, ces femmes pourraient éviter de se retrouver dans des situations menant parfois à la mort.

La dernière journée d’audiences à Smithers se déroule jeudi. Les commissaires de l’enquête prévoient de déposer un rapport préliminaire le 1er novembre. Deux sessions d’audiences publiques auront lieu d’ici là : la semaine du 16 octobre, à Winnipeg, et la semaine du 30 octobre, à Halifax.

Fin des audiences à Smithers

 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Colombie-Britannique et Yukon

Autochtones