•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa vole au secours de Bombardier

Le premier ministre Justin Trudeau en Chambre

Photo : La Presse canadienne

Radio-Canada

Le premier ministre Justin Trudeau maintient qu'il a l'intention de défendre l'intérêt de la compagnie Bombardier et de ses travailleurs. Il a fait face aux questions de l'opposition, mercredi, lorsque le dossier Bombardier-Boeing a rebondi à la période des questions, à la Chambre des communes.

Mardi soir, le département américain du Commerce a décidé d'imposer des droits compensatoires préliminaires de 220 % sur tout avion de la C Series acheté par des transporteurs américains.

Aux Communes mercredi, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a qualifié cette décision de « véritable douche froide de Washington », qui s’apprête à imposer des « droits ridiculement élevés à Bombardier. »

« Mais ce n’est pas juste Bombardier, » a ajouté le leader néo-démocrate. « Au Canada, il y a des entreprises qui font partie de la chaîne d’approvisionnement et qui ont raison d’avoir peur. »

M. Mulcair a demandé à Justin Trudeau quelles étaient les mesures concrètes de son gouvernement pour « sauver les emplois canadiens. »

Le premier ministre a répondu que « les mesures punitives que nous impose Boeing sont injustes ».

Nous allons continuer de défendre les emplois en aérospatiale à travers le pays. Nous allons continuer de nous tenir debout contre les actions irresponsables de Boeing et des Américains.

Le premier ministre Justin Trudeau

Boeing, un partenaire peu fiable

S'exprimant devant la presse, le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne, a fait référence à la menace du Canada, formulée la semaine dernière par M. Trudeau, de renoncer à l'achat de 18 avions-chasseurs Super Hornet de Boeing pour renflouer la flotte de l’armée canadienne.

« On leur a dit en français, on leur a dit en anglais : ''écoutez le Canada''. Et c’est non seulement le Canada. Vous avez vu aujourd’hui aussi la première ministre britannique qui est sortie en disant : ''je pense que Boeing aurait avantage à écouter le Canada'', et dans ce cas-là, la Grande-Bretagne ».

On envoie un message clair que nous, on peut faire affaire avec des partenaires qui sont fiables. Et dans ce dossier-là, Boeing a démontré ne pas être un partenaire fiable.

Le ministre du Commerce international, François-Philippe Champagne

« Il y aura des conséquences », prévient le ministre Champagne dans une entrevue avec Patrice Roy, sans toutefois vouloir préciser lesquelles.

Entrevue avec le ministre du Commerce international

« C’est une attaque non seulement contre Bombardier, mais contre toute l’industrie de l’aérospatiale au pays. C’est 200 000 travailleurs et travailleuses. C’est 300 PME qui sont principalement au Québec et en Ontario. Vous comprenez aujourd’hui la force avec laquelle on exprime notre désarroi. »

François-Philippe Champagne indique qu’Ottawa étudie présentement ses options. L’important, selon lui, était d’envoyer un message « fort et clair » à Boeing.

« L’industrie aérospatiale au Canada, c’est tellement important qu’on doit tous parler d’une seule voix. C’est ce qu’on fait aujourd’hui. »

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a répondu à des questions sur le dossier Bombardier-Boeing mercredi, en marge des renégociations de l'ALENA à Ottawa.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a répondu à des questions sur le dossier Bombardier-Boeing mercredi, en marge des renégociations de l'ALENA à Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Par ailleurs, la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a pu s’entretenir avec le représentant commercial américain Robert Lighthizer, mercredi, pour faire valoir la position du Canada dans le dossier Bombardier.

M. Lightizer est à Ottawa pour les renégociations de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

La ministre Freeland rappelle que même si le dossier appartient au secrétaire américain du Commerce, Wilbur Ross, elle a voulu saisir l’occasion d'aborder le litige commercial entre Bombardier et Boeing.

« J’ai partagé avec [M. Lighthizer] l’importance absolue de cette question pour notre pays. J’ai aussi rappelé l’importance de la question pour nos alliés, le Royaume-Uni. »

Mme Freeland indique qu’elle a déjà eu plusieurs entretiens avec Wilbur Ross au sujet de Bombardier, et lui parlera à nouveau « très bientôt ».

C’est une priorité pour le gouvernement du Canada et nous allons continuer de nous battre.

La ministre Chrystia Freeland

« Nous travaillons étroitement avec le gouvernement de Grande-Bretagne sur cet enjeu. Nous travaillons aussi étroitement avec la province de Québec, la compagnie et les syndicats », souligne la ministre.

Composer avec le protectionnisme américain

Questionnée à savoir si l’attitude des Américains envers Bombardier allait altérer la confiance entre le Canada et ses voisins du sud lorsque vient le temps de parler d'autres enjeux, la ministre Freeland a pris quelques secondes pour réfléchir et a répondu avec prudence.

Je pense que nous tous savons que c’est une administration qui est ouvertement protectionniste. C’est une administration qui parle ouvertement d’une politique du America First. C’est la réalité avec laquelle le Canada doit travailler. Et c’est ce que nous faisons. Nous allons continuer de travailler directement sur chaque enjeu. C’est la seule possibilité. C’est vrai que c’est une administration protectionniste et ce n’est pas un secret.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

Politique fédérale

Politique