•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Northlander : un train essentiel pour la santé des Ontariens, disent d'anciens passagers

La gare de Cochrane
La gare de Cochrane Photo: Radio-Canada / Jean-Loup Doudard
Radio-Canada

Le 28 septembre 2012, le train Northlander, qui assurait la liaison entre Cochrane et Toronto, effectuait son dernier voyage. Des Nord-Ontariens disent aujourd'hui avoir de la difficulté à se rendre à leurs rendez-vous médicaux dans la Ville Reine.

Un texte de Stéphany Laperrière

« Le train manque à tout le monde », affirme Anésie Bélanger, résidente de Cochrane.

Celle qui a travaillé comme infirmière à l'hôpital de la ville durant plus de 40 ans se rappelle que le Northlander était souvent utilisé par des patients qui avaient des rendez-vous médicaux à Toronto.

On pouvait déjeuner dans le train, on n'avait pas besoin de transférer, on n'avait pas à s'inquiéter de rien.

Anésie Bélanger, résidente de Cochrane

Les patients pouvaient s'allonger dans des couchettes, ce qui représentait un avantage considérable, ajoute la dame de 84 ans.

« Dans l'autobus, on ne peut pas se reposer comme on veut », poursuit Anésie Bélanger qui, durant quelques années, s'est elle aussi rendue à Toronto tous les trois mois pour des rendez-vous. « J'y allais pour mes reins et j'avais très mal dans le dos [en prenant l'autobus], je n'aimais pas ça du tout, mais je n'avais pas le choix. »

Le train Northlander et son trajetLe train Northlander et son trajet Photo : Radio-Canada

Accessibilité

La femme de Denis Fortier, Josette, est en fauteuil roulant. Pour se rendre à ses rendez-vous médicaux à Toronto, elle préférait de loin prendre le train, explique son mari.

« Elle pouvait se déplacer, aller prendre un café, se servir d'une toilette qui avait du bon sens, ce qui n'existe pas dans l'autobus », dit-il.

Aujourd'hui, ils se rendent à Toronto en voiture, un trajet qui leur prend deux jours puisqu'ils doivent arrêter se reposer à North Bay.

Josette Fortier ne peut pas prendre l'avion en raison d'une opération au cerveau qu'elle a subie il y a 60 ans, précise son mari.

Denis et Josette Fortier dans leur maison à Cochrane Denis et Josette Fortier dans leur maison à Cochrane Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

De toute façon, l'avion n'est pas vraiment une option, selon Anésie Bélanger, puisqu'il faut se rendre à Timmins, à plus d'une heure de route de Cochrane, et que ce moyen de transport coûte cher.

« C'est pas tout le monde qui peut se permettre d'y aller en avion », ajoute Reynald Brisson, ancien conseiller municipal de Cochrane. « S'il faut que tu t'y rendes à la dernière minute [à Toronto], c'est quand même autour de 800 $ ».

Reynald Brisson, qui a fait partie d'un groupe de travail mis sur pied par l'Association des municipalités du nord-est de l'Ontario (NEOMA) pour sauver le Northlander, accuse le gouvernement de ne pas avoir exploré toutes les options avant de mettre fin à ce service important pour la communauté.

Si c'était un problème d'offrir ce service six jours par semaine, ils auraient dû réduire la fréquence, au lieu de l'enlever totalement, et travailler pour attirer les gens, mais ils n'ont rien fait.

Reynald Brisson, ancien conseiller municipal de Cochrane
Reynald Brisson devant la voie ferréeReynald Brisson Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Le maire de Cochrane, en poste depuis sept ans, abonde dans le même sens.

« La province n'a pas fait de promotion et n'a pas positionné adéquatement le train sur le marché afin qu'il soit davantage utilisé », affirme Peter Politis.

Il est persuadé que les membres de sa communauté seraient beaucoup plus nombreux aujourd'hui à prendre place à bord du Northlander.

Les gens réalisent maintenant à quel point ce train était important et c'est beaucoup mieux que d'être pris à l'aéroport parce que son vol a été annulé, ce qui arrive fréquemment aujourd'hui.

Peter Politis, maire de Cochrane
Le maire de Cochrane, Peter Politis Le maire de Cochrane, Peter Politis Photo : Radio-Canada / Jean-Loup Doudard

Le maire ajoute que les besoins en transport pour des rendez-vous médicaux sont grandissants.

« La province centralise les services médicaux dans des centres qui sont loin de la plupart des communautés », dit-il.

Télémédecine

Le Réseau local d'intégration des services de santé du Nord-Est ne recueille pas d'information sur la façon dont les patients se rendent à leurs rendez-vous médicaux à l'extérieur de leur communauté, selon la porte-parole Lara Bradley.

Elle note toutefois une hausse de l'utilisation du Réseau de télémédecine de l'Ontario (OTN) dans la municipalité de Cochrane, le nombre de rencontres étant passé de 652 à 1057 entre 2012-2013 et 2016-2017.

De son côté, le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario rappelle l'existence du Programme de subventions pour frais de transport à des fins médicales.

Au cours des cinq dernières années, le nombre de subventions offertes dans le cadre de ce programme a augmenté d'environ 10 % dans la province, indique le ministère.

Le train ne reviendra pas

Anésie Bélanger et Denis Fortier espèrent voir un jour le Northlander revenir à la gare de Cochrane.

Mais le ministre du Développement du Nord et des Mines est clair : il n'existe actuellement aucun plan pour rétablir le service de train de passagers entre Cochrane et Toronto.

Les tendances démontrent que les services d'autobus offerts par la Commission de transport Ontario Northland accueillent les passagers additionnels du train Northlander

Michael Gravelle, ministre du Développement du Nord et des Mines

Si l'achalandage des autobus entre Cochrane et Toronto a légèrement augmenté l'année suivant l'arrêt du service ferroviaire, il s'est ensuite stabilisé, selon Ontario Northland.

Sa porte-parole Renée Baker assure que les trajets sont ajustés en fonction de la demande et ajoute que les temps de correspondance entre Toronto et les municipalités du Nord ont été réduits.

En 2012, Ontario Northland offrait un voyage par jour de Cochrane à Toronto, aujourd'hui, il y en a deux, précise-t-elle.

Nord de l'Ontario

Santé physique et mentale