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Le Monument national de l'Holocauste : pour éviter d'oublier

Un monument en béton gris à l'extérieur
Le Monument national de l'Holocauste a été inauguré le 27 septembre 2017 à Ottawa. Photo: Radio-Canada / Gilles Taillon

La cérémonie d'inauguration du Monument national de l'Holocauste a lieu mercredi après-midi, à Ottawa. C'est une façon, selon le premier ministre Justin Trudeau et des survivants des persécutions des nazis réunis pour l'occasion, d'éviter que ce drame soit nié ou oublié.

« Une des tragédies auxquelles nous faisons encore face est le degré d'ignorance, non seulement de l'histoire, mais en général. Si ce monument suscite une question et rend une personne plus sage chaque semaine, ce sera déjà une bonne chose », a jugé Ruth Gottlieb Katz, qui est née en Allemagne nazie.

Tous les jours, aller à l'école et en revenir était un défi d'évitement ou de survie. J'étais fréquemment attaquée en tant que petite fille juive à Berlin.

Ruth Gottlieb Katz, survivante de l'Holocauste
Une dame âgée devant le Monument national de l'Holocauste à OttawaRuth Gottlieb Katz, survivante de l'Holocauste Photo : Radio-Canada

Justin Trudeau a envoyé un message semblable à celui de Mme Gottlieb Katz. Lors de la cérémonie d'inauguration, il a souligné que l'antisémitisme est encore bien présent de nos jours.

« Nous partageons la responsabilité, en tant que dirigeants, Juifs ou amis de la communauté juive, de veiller à ce que, grâce à l'éducation et la sensibilisation, on n'oublie jamais que cela ne doit plus jamais arriver », a déclaré le premier ministre.

Le premier ministre Justin Trudeau devant des drapeaux canadiens lors de la cérémonieLe premier ministre Justin Trudeau a pris la parole lors de l'inauguration du Monument national de l'Holocauste à Ottawa. Photo : Radio-Canada

Un monument très attendu

Situé à l'intersection des rues Wellington et Booth, le monument a été construit en face du Musée canadien de la guerre. Il commémore le fait que des millions de juifs et d'autres victimes innocentes ont péri lors de la Shoah.

Le Canada était le dernier pays allié à ne pas avoir de monument dédié aux victimes de l'Holocauste.

On aurait dû avoir ce monument il y a 70 ans.

Floralove Katz

La fille de Ruth Gottlieb Katz, Floralove Katz, estime que le Canada a mis trop de temps avant d'ériger ce monument, mais qu'il n'est pas trop tard pour qu'il s'excuse d'avoir refusé des demandeurs d'asile juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

« En 1939, [le Canada] a retourné en Allemagne un bateau plein de juifs », a rappelé Mme Katz.

Le premier ministre Justin Trudeau a d'ailleurs reconnu ce moment sombre de l'histoire.

« Notre refus d'accueillir les gens à bord du Saint-Louis, des Juifs européens à la recherche d'un refuge ici au Canada, a mené à la mort tragique de 254 personnes innocentes durant l'Holocauste », a-t-il souligné.

En forme d’étoile de David

Les résidents ont peut-être déjà aperçu l’ouvrage qui, vu des airs, représente une étoile de David.

« Ce sont de grandes dalles. Les dalles représentent les symboles qui étaient portés par les prisonniers dans les camps de concentration », a expliqué Martin Laberge, professeur d’histoire au Département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais (UQO).

Les gens ne le savent peut-être pas, mais après Israël et New York, c’est au Canada qu’on trouve le plus de survivants.

Martin Laberge, professeur d’histoire au Département des sciences sociales de l’UQO

« À l’avant du monument, vous allez avoir une rampe et un rail de chemin de fer qui font référence au quai où étaient débarquées les victimes des camps de concentration, des camps de la mort », décrit-il.

Sans controverse

Contrairement au futur Monument aux victimes du communisme, qui a soulevé la controverse notamment en raison du choix initial de son emplacement, le Monument national de l’Holocauste a été « assez consensuel », selon l’historien.

Le processus de sélection de l’endroit, la décision menant au choix du projet retenu, s’est déroulé sans anicroche.

Martin Laberge, professeur d’histoire au Département des sciences sociales, UQO

La firme Lord Cultural Resources, de Toronto, a été retenue pour concevoir l'ouvrage dont le coût des travaux a été estimé à environ 8 millions de dollars. Le concept de Lord Cultural Resources a pour thème « Un paysage de deuil, de souvenirs et de survie ».

Société