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70 % des victimes d'actes pédophiles ayant été filmées ont peur d'être reconnues

Des jambes d'enfants.

En tout, 85 % des survivantes et des survivants d'agressions sexuelles pensent avoir besoin d’aller en thérapie ou de se faire suivre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Près de 70 % des victimes d'actes pédophiles ayant été enregistrés ou diffusés sur Internet craignent d'être reconnues par une personne qui aurait vu les images des abus sexuels qu'ils ont subis, selon une étude du Centre canadien de protection de l'enfance.

Un texte de Thibault Jourdan

L'Enquête internationale auprès des survivantes et survivants indique que 30 répondants, aujourd'hui adultes, ont affirmé avoir été reconnus par quelqu’un qui avait vu les images de leur agression. Par ailleurs, 58 % des personnes ayant pris part à l’étude ont déclaré avoir été exploitées sexuellement par quelques personnes.

L'étude, qui a été menée notamment aux États-Unis, au Canada, en Allemagne, aux Pays-Bas et dans d’autres pays d’Europe, révèle que 82 % des agresseurs impliqués dans de tels cas étaient des parents de l'enfant ou des membres de sa famille élargie. Cette donnée « très déstabilisante » n’est cependant pas nouvelle, selon le porte-parole du Centre canadien de protection de l'enfance, René Morin : « On savait déjà que, dans la plupart des cas d’abus sexuel d’enfant, l’enfant connaissait déjà son agresseur. »

Des violences qui commencent avant l’âge de 4 ans

Plus de la moitié des victimes survivantes (56 %) interrogées ont indiqué que les abus avaient commencé avant qu'elles aient l’âge de 4 ans, et 87 %, moins de 11 ans. La période sur laquelle s’étalent les agressions peut aussi être longue : 42 % des répondants disent avoir été victimes d’abus pendant plus de 10 ans.

« Dans tous les cas d’abus pédosexuels, l’agresseur va s’y prendre par tous les moyens pour obtenir le silence de sa victime. Pour un enfant qui se fait abuser par son propre père ou un membre de la famille immédiate, imaginez à quel point ça peut être difficile de dévoiler les faits », explique René Morin.

Il ajoute qu’il y a un important travail d'information et de sensibilisation à faire auprès de l'enfant à propos des comportements qui peuvent être inappropriés. « À 4 ans, les enfants ne savent pas ce qui est correct et pas correct, ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas », dit-il.

Dans l’éducation qu’on fait avec les enfants, on doit commencer à intégrer cette réalité-là pour qu’ils puissent faire la différence et, armés de ces connaissances, savoir à qui s’adresser et quand.

René Morin, porte-parole du Centre canadien de protection de l'enfance

Il reste que ces agressions marquent les victimes à vie, puisque 85 % des survivantes et survivants pensent avoir besoin d’aller en thérapie ou de se faire suivre.

Recommandations

Le rapport fournit plusieurs recommandations pour tenter d’améliorer la situation, comme celle de réduire la disponibilité des photos et des vidéos d'abus pédosexuels sur Internet. Le Centre canadien de protection de l’enfance a d’ailleurs conçu un outil informatique pour cela, baptisé Arachnide. « Ça fonctionne un peu comme Google, explique René Morin. À partir d’une base de données d’empreintes d’images connues, il part sur Internet à la recherche d’images correspondantes. Une fois les images localisées sur des serveurs, un message est envoyé à l’hébergeur, et celui-ci se voit contraint de retirer les images. »

Outre l’utilisation d’outils informatiques pour retirer des images de violences sexuelles sur mineurs d'Internet, le rapport préconise aussi, pêle-mêle, d’améliorer la sensibilisation et la formation des professionnels pour qu’ils soient en mesure de déceler les situations d’abus sexuels et de réagir, de renforcer la coordination et la communication entre tous les systèmes et entités qui interviennent auprès des enfants victimes d’abus sexuels et d’exploitation en ligne, et d’élaborer des solutions globales pour reconnaître adéquatement les droits et les besoins particuliers des victimes d’abus avec prise d’images.

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