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Le projet de Pétrolia dans le secteur de la réserve Matane sème l’inquiétude

Sommets enneigés des monts Chic-Chocs dans la réserve faunique de Matane

Sommets enneigés des monts Chic-Chocs dans la réserve faunique de Matane

Photo : courtoisie Louis Fradette

Radio-Canada

Les levés sismiques que Pétrolia compte réaliser autour du 10 novembre inquiètent le député Pascal Bérubé, le comité de protection des monts Chic-Chocs et la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs. Ces opérations se dérouleraient dans un territoire qui pourrait toucher la réserve faunique de Matane.

Un texte de Brigitte Dubé et Michel-Félix Tremblay

Tous ces acteurs déplorent la confusion qui règne quant au lieu exact où sera faite la collecte de données.

Le directeur des affaires publiques et gouvernementales de Pétrolia, Jean-François Belleau, explique que les levés sismiques sont une étape préliminaire. « On va simplement aller compléter les relevés sismiques qu’on avait commencé il y a cinq ou six ans sur le permis Gaspesia. », a-t-il mentionné.

Le permis touche les réserves, mais les travaux ne sont pas dans les réserves. C’est un peu comme une échographie du sous-sol.

Jean-François Belleau, directeur des affaires publiques et gouvernementales de Pétrolia

Toutefois, M. Belleau dit avoir déjà parlé aux gens de la Sépaq et que les travaux débuteront après la saison de la chasse. Il dit aussi avoir commencé à rencontrer les municipalités limitrophes pour les informer.

M. Belleau ajoute que le projet Gaspesia n’est pas la première priorité. « Notre priorité, c’est le projet Bourque », précise-t-il.

Entrevue réalisée par Maude Rivard à l'émission Au coeur du monde

Pétrolia doit être plus précise

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, estime que Pétrolia doit être plus précise sur l'endroit où elle compte effectuer ces levés sismiques. L'entreprise affirme qu'il s'agit d'une zone située à 15 km du parc de la Gaspésie et à proximité des réserves de Matane et de Dunière.

Les levés sismiques seront réalisés sur le site pour lequel le permis d'exploration a été baptisé « Gaspésia », qui chevauche la réserve faunique de Matane.

Les levés sismiques seront réalisées sur le site pour lequel le permis d'exploration a été baptisé «Gaspésia», qui chevauche la réserve faunique de Matane.

Photo : Radio-Canada / Gabriel Rochette-Beriau

Pascal Bérubé craint que d'autres travaux aient lieu dans le territoire des réserves, car le projet Gaspésia, porté par Pétrolia, comprend des permis d'exploration qui couvrent les deux réserves. « Ce projet-là, non seulement il m’inquiète, mais il n’est pas acceptable », estime-t-il.

Actuellement, les activités forestières, minières, pétrolières et gazières sont permises dans la réserve faunique de Matane, en plus de la chasse et de la pêche.

Soit c’est confus, soit on ne veut pas tout nous dire. Alors il nous faut envoyer une position tout de suite comme quoi ce n’est pas acceptable.

Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia
Les monts Chic-Chocs du côté de la réserve faunique de Matane

Les monts Chic-Chocs du côté de la réserve faunique de Matane

Photo : courtoisie Louis Fradette

Projet d’aire protégée en péril?

Louis Fradette, du Comité de protection des monts Chic-Chocs, n’est pas plus rassuré. Il craint lui aussi que les travaux de Pétrolia ne touchent le territoire ciblé par le projet d’aire protégée qui vise la partie sud des Chic-Chocs, située du côté de la réserve faunique de Matane.

Il se dit déçu de l’attitude du gouvernement, qui tarde à se prononcer sur cette demande présentée par les Matanais il y a déjà quatre ans.

Comme l’actionnaire principal de Pétrolia c’est le gouvernement du Québec, je comprends mieux pourquoi il prend tellement de temps à se prononcer sur les aires protégées. Il ne voulait pas se mettre des bâtons dans les roues.

Louis Fradette, comité de protection des monts Chic-Chocs

« Ce qu’on peut voir aussi, c’est que ça affecterait le caribou et la biodiversité, observe-t-il. Pourtant le gouvernement avait émis des recommandations pour l’aire du caribou, et là, ça vient en contradiction. »

Les monts Chic-Chocs

Les monts Chic-Chocs

Photo : courtoisie Louis Fradette

M. Fradette rappelle que la réalisation du projet interdirait l'exploitation forestière, gazière, pétrolière et minière, mais conserverait les activités de chasse, de pêche et de récréotourisme. L’aire protégée couvrirait environ la moitié de la réserve Matane.

Le comité travaille depuis 10 ans sur son projet. « On a fait tous nos devoirs, rappelle-t-il. On a satisfait à toutes les exigences, on a préparé des rapports, un argumentaire, la CRE du Bas-Saint-Laurent l’avait recommandé au gouvernement. »

On a participé à un processus démocratique qui ne mène à rien.

Louis Fradette, comité de protection des monts Chic-Chocs
La réserve faunique de Matane

La réserve faunique de Matane

Photo : courtoisie Louis Fradette

L’occasion de faire un geste pour mieux protéger les réserves fauniques

Le directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Alain Cossette, manifeste aussi une grande crainte. Il croit que Québec pourrait saisir l’occasion de faire un geste pour mieux protéger les réserves fauniques contre l'exploration et l'exploitation des hydrocarbures.

Il déplore le fait que des forages puissent avoir lieu dans les réserves fauniques comme n'importe où ailleurs, alors qu'il s'agit pourtant de moteurs économiques importants, en plus d'être des lieux de conservation de la faune.

On a le statut de réserve faunique, mais pas de protection qui va avec. On a toujours demandé qu’il y ait une protection de catégorie 6.

Alain Cossette, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs

Cette reconnaissance, précise-t-il, permet le prélèvement de bois, la chasse et la pêche, mais avec un encadrement.

« On espère que ça va faire bouger le gouvernement, souligne-t-il. La réserve faunique de Matane, c’est un bien collectif. Tout chasseur rêve d’aller chasser là. On l’appelle la réserve cathédrale. »

Industrie pétrolière

Environnement