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Police de Thunder Bay : des Autochtones se vident le coeur

Plus de 200 personnes ont participé à l'assemblée publique.
Plus de 200 personnes ont participé à l'assemblée publique. Photo: Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Plus de 200 personnes ont rempli une salle communautaire de Thunder Bay lundi soir pour participer à des consultations sur les allégations de racisme de la part de la police à l'endroit des Autochtones.

Un texte de Mathieu Grégoire et Pascale Bréniel

Le Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police (BDIEP), qui organisait cette assemblée publique, a ouvert une enquête en novembre à la suite d’allégations de discrimination généralisée à l'endroit des Autochtones.

L’examen fait suite à des enquêtes policières sur des disparitions et des morts de personnes autochtones qui n’ont abouti à rien de concluant. Des proches de victimes estiment que les enquêtes n’ont pas été menées de façon rigoureuse.

Des participants ont rappelé que les Autochtones sont aussi des contribuables et qu'ils devraient être traités avec le même respect que les autres citoyens.

Mike McKay, dont le petit-fils a été retrouvé mort dans la rivière McIntyre, croit que les responsables de la Ville et du Service de police doivent commencer par reconnaître qu’il y a de la discrimination envers les Autochtones à Thunder Bay.

Tant que l’on niera qu’il y a un problème et que ça continuera, il n’y aura pas de progrès. [...] Je viens d’un village qui est entouré d’eau et on n’a jamais repêché de jeune [mort] dans les cours d’eau.

Mike McKay, grand-père de Josiah Begg
Une voiture de possible et un petit attroupement de personnes sur la berge de la rivière.Les berges de la rivière McIntyre lors des recherches pour retrouver Josiah Begg Photo : Radio-Canada / Martine Laberge

Une approche plus humaine

Le diacre catholique Michael Robinson, qui est Autochtone, presse les policiers de faire preuve de compassion et de communiquer de façon régulière avec les familles de personnes disparues ou assassinées, même s’il y a peu de progrès dans l’enquête.

Prendre 30 minutes avec une famille dans le besoin alors qu’elle vit une crise, au moment où elle a besoin d’appui, je pense que ces 30 minutes avec la famille peuvent probablement changer de direction, casser cette discrimination qui a cours depuis 30 ans.

Michael Robinson, diacre catholique et Autochtone

Le besoin de plus de sensibilisation à la culture autochtone pour les policiers a aussi été évoqué. L’anglais est une langue seconde pour beaucoup de membres des Premières Nations, ce qui peut expliquer pourquoi certains échanges avec les policiers sont plus laborieux.

Le directeur indépendant de l’examen de la police, Gerry McNeilly, s'adresse à l'assemblée.Le directeur indépendant de l’examen de la police, Gerry McNeilly, s'adresse à l'assemblée. Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Une participante fait valoir que les sans-abri ne vont pas aux assemblées publiques, mais qu’ils ont sûrement des informations pertinentes à partager avec le directeur indépendant de l’examen de la police.

Je ne pense pas pouvoir rencontrer tout le monde dans la rue, mais je suis prêt à me rendre dans un refuge, pour y rencontrer les gens et leur parler. Je pense que c’est important de les entendre.

Gerry McNeilly, directeur indépendant de l’examen de la police

M. McNeilly et des membres de son équipe se sont rendus plus de 20 fois à Thunder Bay dans le cadre de cet examen. Le directeur a été surpris du nombre de personnes qui ont répondu à l’invitation lundi soir et pourrait organiser une autre assemblée de consultation, parce qu’il reconnaît qu’il est difficile de faire le tour de la question au cours d’une réunion de deux heures.

Le directeur indépendant de l’examen de la police espère publier son rapport d’ici au printemps.

 

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