•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Secteur ferroviaire : Siemens choisira Alstom plutôt que Bombardier

Chargement de l’image

Une usine de Bombardier à Crespin, dans le nord de la France

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Reuters
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Alstom et Siemens réuniront mardi leurs conseils et le conglomérat allemand devrait choisir de fusionner ses activités ferroviaires avec son concurrent français plutôt qu'avec le canadien Bombardier, a appris lundi Reuters de plusieurs sources proches du dossier.

Une annonce pourrait intervenir dès mardi soir ou alors mercredi, indique-t-on en fonction des sources interrogées.

Alstom, Siemens et Bombardier, les trois spécialistes du rail présents en Europe, cherchent à rapprocher leurs activités pour mieux faire face à la concurrence du champion chinois CRRC qui s'est lancé dans une offensive mondiale pour rafler des parts de marché.

Alstom et Siemens avaient confirmé vendredi soir être en discussions. Une fusion d'Alstom avec la division ferroviaire de Siemens (Siemens Mobility) permettrait de donner naissance à un poids lourd franco-allemand de 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires, à peu près la moitié des revenus affichés par CRRC.

Selon deux sources, le conseil de surveillance de Siemens prendra sa décision mardi sur l'avenir de Mobility, et Alstom tient la corde.

« Je pense que c'est Alstom qui l'emportera. »

— Une citation de  Une des sources proches du dossier

Siemens, Alstom et Bombardier se sont refusés à tout commentaire.

Conseil de Bouygues mardi matin

Un conseil d'administration du groupe Bouygues est en outre prévu mardi matin, selon une autre source au fait du dossier.

Bouygues détient 8,3 % du capital d'Alstom et est propriétaire de 20 % supplémentaires prêtés à l'État français en 2014 pour faciliter la cession à General Electric des activités d'Alstom dans l'énergie.

Selon deux sources au fait du dossier, l'État n'exercera pas son option d'achat sur ces 20 % au prix courant, qui expire le 17 octobre.

« Ça n’aurait pas un grand intérêt économique pour l'État de confirmer l’option », a commenté la source française, en notant qu'acheter ces titres Bouygues ne permettrait pas à la France d'avoir une minorité de blocage dans l'éventuelle entité franco-allemande.

« Si jamais les garanties que les autorités françaises demandent n’étaient pas respectées, l’État pourrait toujours remonter au capital », ajoute cette source.

Un accord sur l'emploi pour 4 ans

Siemens, selon les sources interrogées par Reuters, devrait détenir juste un peu plus de 50 % de la future entité, dont le directeur général serait Henri Poupart-Lafarge, l'actuel PDG du groupe français.

« C'est important pour les autorités françaises que les choses soient équilibrées, le PDG en fait partie », a-t-on déclaré de source française.

Selon une des sources, la future entité aura un président non exécutif désigné par Siemens.

Au-delà des questions de gouvernance, des situations de position dominante - dans les trains régionaux et à grande vitesse - et la réaction des syndicats français constituent les principaux risques d'exécution d'un rapprochement ferroviaire franco-allemand.

« Il y aura peut-être des ajustements techniques à prévoir, mais les autorités françaises ne sont pas inquiètes structurellement » pour ce qui est du feu vert de la Commission européenne, a-t-on assuré de source française. « Les analyses montrent que ça ne serait pas bloquant. »

Paris est attentif aux questions d'emploi, de sites, de gouvernance, de recherche et développement et de savoir-faire, a-t-on ajouté de source française, et a demandé des « garanties » dans le cadre de cet éventuel rapprochement.

Selon une des sources, il y aura un accord sur le maintien de l’emploi pour une durée de quatre ans dans le cadre du rapprochement entre Alstom et Siemens.

Dans l'anticipation d'un accord, l'action Alstom s'est adjugée 1,27 % lundi à la Bourse de Paris, après avoir bondi de plus de 4 % vendredi. Bouygues a aussi profité (+0,72 %) de l'effet relutif d'un possible accord pour clôturer parmi les plus fortes hausses de l'indice CAC 40.

À Francfort, l'action Siemens, en baisse vendredi, a grappillé 0,09 %.

En revanche, Bombardier, pour lequel un rapprochement entre le constructeur du TGV et Siemens Mobility serait un coup dur, a touché lundi son plus bas en plus de quatre mois à Toronto.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !